Carte Postale
Après les planchistes en août pour leur championnat du monde, c’est donc
au tour de l’ensemble de l’équipe de France de découvrir le site des épreuves
de voile des JO 2012.
Situation grand angle : Weymouth, dans la région du Dorset, est situé à 80 km à l’ouest de
Southampton et 190 de Londres, quasiment en face de la pointe du Cotentin. Les
falaises de craie dominent le littoral mais le plan d’eau des J.O tranche avec
les hauteurs environnantes. Il s’adosse en effet à un cordon littoral étroit et
bas qui relie le continent à la presqu’ile de Portland, un « rocher » de craie
de 6 km
de long et 2,4 km
de large qui culmine à plus de 100 mètres de hauteur et dessine une sorte
d’Amérique latine en miniature. En assurant la continuité entre la rade de
Weymouth, à son nord, et, à son sud, l’île de Portland, ce tombolo,
composé de galet et protégé de l’érosion par une digue, forme ainsi une
grande baie en demi-cercle. Quelque chose d’un site idéal pour la voile
que l’île et le cordon littoral protègent de la houle d’ouest. Seul le
vent de nord-est – qui souffle ici depuis le début de ces Sail for gold regatta
– peut vraiment agiter la
baie. Mais là encore, le site des JO offre un atout
supplémentaire car, similaire à la grande rade de Cherbourg, une grande digue
protège un plan d’eau secondaire qui abrite également la marina et les
infrastructures construites en vue des Jeux Olympiques.
Mercredi quand le vent
soufflait trop fort pour envoyer les bateaux sur les zones de régate situées au
large, c’est dans cette vaste zone doublement abritée que les comités ont quand
même pu lancer des manches de planches à voile et de 49er. Ce sera aussi à
l’intérieur de ces digues que seront disputées les Medal race.
Après
quatre journée de brise – le vent de nord-est a soufflé à plus de 25 nœuds – ce
jeudi a vu les conditions largement s’atténuer. L’épreuve qui s’achève samedi
par les Medal Race voit les français bien placés dans plusieurs séries. Nombre
d’entre eux pointent ce soir dans les Top Ten provisoire : Thomas Lebreton,
4ème en Finn, Sarah Steyaert, 2ème, et Sophie de Turckheim, 4ème, en Laser
Radial, Alexandre Rossignol et David Boudgourd, 7èmes, et Nicolas Charbonnier
et Baptiste Meyer Dieu, 9èmes, en 470 hommes, Emmanuelle Rol et Hélène de
France, 8èmes, et Ingrid Petitjean et Nadège Douroux, 9èmes, en 470 filles,
Julien Bontemps, 3ème, et Alexandre Guyader, 5ème, en RS :X hommes, Charline
Picon, 4ème et Pauline
Perrin, 9ème, chez les filles et Manu Dyen et Stéphane
Christidis, 3èmes en 49er.
Ajoutons
qu'en match racing, l’équipage de Claire Leroy mène la danse dans son groupe à
l'issue des round Robin avec 6 victoires de manche sur sept disputées.
Dans les séries paralympiques, également présentes cette semaine, Damien Séguin
est en tête en 2.4 et l’équipage barré par Bruno Jourdren, 3ème en Sonar. On
reviendra demain plus en détail sur les performances tricolores dans cette
épreuve. Mais la venue en force de l’équipe de France dans le Dorset a aussi
pour objectif de découvrir et de commencer à se familiariser avec le site des
JO. Et la première impression est plutôt bonne, voir très bonne…
Interview
Alain Champy, responsable logistique de l’équipe de France, est sans
doute celui de la délégation française qui a visité le plus de sites
olympiques, en tant qu’espoir (emmené à ceux de Montréal 1976 pour découvrir
les JO), remplaçant puis entraîneur. Un œil avisé pour comparer Weymouth avec
les sites des JO des 30 dernières années.
Comment trouves-tu ce site par rapport à ceux que tu
as connu ?
« C’est un super plan d’eau ! Il offre des conditions météorologiques
très variées puisqu’en août, au moment des JO, on peut vraiment avoir tout type
de vent. Mais en plus il est protégé des vagues du large ce qui permet de
naviguer presque tout le temps. Il offre même un plan d’eau « intérieur » grâce
aux digues construites au large du cordon littoral qui relie Portland au
continent. Pour les Medal race ce sera parfait. Esthétiquement il est aussi
superbe avec un bel environnement et seul Sydney était de ce point de vue aussi
joli. Je trouve que c’est vraiment l’un des meilleurs sites pour les épreuves
nautiques des JO que j’ai connu. »
Pour préparer les JO ?
«
Un autre avantage c’est que pour nous, français, il n’est pas loin. Nous allons
donc pouvoir venir à plusieurs reprises ce qui est nécessaire car il va falloir
naviguer souvent pour rencontrer tous les types de condition. En France nous
allons également rechercher des sites approchant mais j’en vois peu qui
présente autant de caractéristiques approchantes. Peut-être la baie de Douarnenez,
celle du Pouliguen, la baie de Quiberon… La rade de Brest pourrait s’approcher
mais ici il y a beaucoup moins de courant. »
Comment allez-vous vous organiser sur place ?
«
Le site abrite la « sailing académy » qui est un peu comparable à l’ENV (Ecole Nationale de Voile) mais
privée. C’est là que l’équipe anglaise va s’entraîner. Les prix proposés étant
trop élevés, nous recherchons un club de voile qui peut nous offrir des
infrastructures (grue, cale de mise à l’eau…). Deux paraissent pour le moment
correspondre : un à l'entrée de Weymouth, l’autre à Portland. Jusqu’aux JO nous
n’aurons pas de problème d’hébergement avec des hôtels situés sur l’île. Pour
les JO ce sera une autre affaire : il se dit que le Village olympique
trouverait place dans un paquebot mais il faut assurer aussi la présence de
tous ceux qui ne sont pas accrédités.»
Source : FFVoile/Effets Mer