4.70 HOMMES
NICOLAS CHARBONNIER, 27 ans (Barreur) et OLIVIER BAUSSET, 26 ans
Cela faisait un moment que le duo sudiste n’avait pas pointé ses étraves sur les plans d’eau en 470. Nicolas, 27 ans s’était offert une escapade à la barre d’un class America alors qu’olivier, 26 ans, bouclait ses études de pharmacie. Si leur parcours diverge, se croise, ils se retrouvent en 2007 pour décrocher une seconde place aux Championnats d’Europe, histoire de montrer aux ténors de la série qu’il ne faudrait pas compter sans eux. Car jamais, ces deux là n’oublient cette formidable cohésion et coordination qui les unissent sur le dériveur. Leur entraîneur Baptiste Meyer va plus loin : « c’est un tandem très complémentaire. Nicolas s’enflamme facilement sous la pression de l’enjeu, Olivier le tempère, c’est ça leur force dans les moments les plus tendus et notamment lors des phases finales ». Les coups durs, l’équipage en a connus de sérieux sur le chemin du très haut niveau. Ces deux amis à la vie comme à la mer vont vivre cet été en Chine une nouvelle aventure ensemble. Toujours fidèle à son esprit combatif, Nicolas annonce clairement son objectif : « Ne pas aller en Chine pour vivre un événement simplement exceptionnel, mais pour rapporter une médaille »
4.70 FEMMES
INGRID PETITJEAN, 27 ans (Barreuse) et NADEGE DOUROUX, 27 ans
Depuis dix ans, Ingrid, 27 ans, ne compte plus le nombre de podiums acquis sur cette série particulièrement exigeante. Le titre de vice-championne du Monde avec Nadège Douroux l’an dernier marque aujourd’hui l’apogée de l’équipage. Le duo a encore quelques semaines pour affiner sa préparation sur un plan d’eau chinois très technique, peu venté, comportant du courant et ouvert à la houle. Ingrid a travaillé dur depuis octobre dernier pour affronter les petits airs locaux. L’expérience acquise et la détermination ne seront pas de trop pour tirer son épingle d’un jeu compliqué. 19 nations naviguent dans cette série et comme le souligne Ingrid, pas moins de 8-9 équipages sont aujourd’hui capables de décrocher une médaille.
LASER
JEAN-BAPTISTE BERNAZ, 21 ans
Licencié au Club de Hyères, Jean-Baptiste, 21 ans, est le benjamin de l'Equipe de France voile. Résolument solitaire, il abandonne le basket pour débuter le Laser en 2002. Il se forge en peu de temps un palmarès copieux avec un titre de champion du Monde jeune en Laser Standard , deux places de vice Champion du Monde. La sélection pour la Chine fut un long marathon depuis les championnats du Monde et d'Europe en 2007 jusqu'à la semaine de Palma en janvier dernier. En août prochain, Jean-baptiste embarque pour une première dans le giron de du team France. Il a confié sa préparation mentale individuelle à Olivier Guidire, alors Nathalie Belucci gère la partie physique. "En Chine, le plan d’eau est complexe je peux tirer mon épingle du jeu grâce à ma bonne polyvalence, c'est un immense challenge, car je n’ai rien à perdre" résume le varois qui aujourd’hui ne doute pas de monter sur le podium en août prochain.
LASER RADIAL
SARAH STEYAERT, 21 ans
Chevelure de lionne et sourire d’ange, Sarah arpente les pontons depuis l’enfance avec l’assurance des vieux loups de mer. Pour cette Rochelaise de 21 ans, la mer est depuis toujours un terrain de jeu puisqu’elle a vécu en famille sur un bateau après cinq années passées au Sénégal. De retour en France, Sarah touche au volley puis se remet à l’eau sur Optimist « un sport de haut niveau plus accessible » selon sa formule. Du jeu d’équipe, elle passera ainsi au solitaire sur Moth Europe puis en Laser en 2004. La rencontre va être explosive, Sarah décroche un titre de championne du Monde junior ISAF. Elle n’a que 18 ans. Depuis elle s’ingénie à gravir les marches méthodiquement une à une vers le sommet en inondant toute l’Equipe de France de sa fraîcheur et de sa fougue. En Chine, la guerrière ira au combat pour la gagne sachant aussi que cette épreuve n’est probablement qu’une étape de plus à franchir en attendant le grand rendez-vous de Londres en 2012, date où elle estime être au zénith de son art. Patiente, Sarah assume aujourd’hui son rang de favorite en Chine même si elle regrette un peu de ne pas jouer un rôle d’outsider plus confortable.
FINN
GUILLAUME FLORENT, 34 ans
Discret et posé, le " chti " de L’Equipe de France cache bien son jeu. Car cet ingénieur spécialisé dans les technologies les plus avancées a fait du succès le leitmotiv de sa vie sportive et professionnelle. A 34 ans, le dunkerquois taillé comme une armoire normande, n’a rien raté de ce que ces dernières années pouvaient lui offrir. Il passe du Laser d’Atlanta pour en découdre avec le Finn et ne décolle plus du peloton de tête depuis dix ans. Saturé de régates, il quittera pourtant sa coque de noix pour embarquer sur le Défi chinois lors de la dernière Coupe de l’América où il opère comme navigateur et gère toute l’électronique embarquée. Cette expérience fut une révélation, aujourd’hui, Florent rêve de mener vers la gloire un bateau français. En attendant la bonne risée du destin, il revient au sein l’Equipe de France avec une nouvelle envie de naviguer, « j’arrive avec une certaine fraîcheur » ajoute-t-il avec toujours un zest humour. Alors quand on lui parle de podium en Chine, il évoque cette éventualité et répond avec une pointe d’auto-dérision : « Si tout s’enchaîne bien, si je suis dans un bon jour, si j’ai bien dormi… »
TORNADO
XAVIER REVIL, 37 ans (Barreur) et CHRISTOPHE ESPAGNON, 32 ans
Les similitudes entre ces deux garçons sont troublantes. Les parents ont fait carrière dans l’éducation nationale et manifesté la même fibre voyageuse. Alors que les Revil coulent des jours heureux en coopération à Dakar, Les Espagnon enseignent sous le soleil des Antilles. Il a fallu quelques stages d’Optimist et un bon coup du destin pour que Xavier, 37 ans, et Christophe, 32 ans, se rencontrent. Marins d’eau douce à leurs débuts, l’un sur le Lac d’Annecy, l’autre sur le plan d’eau de St Quentin-en-Yvelines, ils deviennent concurrents sur Tornado avant de faire équipe en 2005. La fusion s’avère totale, le duo décroche une troisième au Championnat du Monde. Plus âgé de 5 ans, ans que son équipier Xavier réalise à peine qu’il accumule déjà cette année sa troisième préparation olympique sur ce bateau qu’il connaît depuis son intégration au bataillon de Joinville. Une fois encore Xavier disputera « la régate suprême avec la fierté de représenter son pays ». Paradoxe notoire puisque c’est Christophe qui travaille vraiment pour la France en tant qu’engagé dans la Marine Nationale ! Le marin Espagnon se définit « force tranquille au bouillonnement intérieur » et place le plaisir de naviguer comme une priorité absolue. En Chine, ils devront conjuguer leur esprit de stratège sur des régates où s’aligneront seulement 16 bateaux contre 55 habituellement en championnat. Info ou intox, leur bête noire, l’autrichien Roman Hagara, champion olympique estime que l’équipage français est le seul à pouvoir le battre dans le petit temps !
49 ER
EMMANUEL DYEN, 29 ans (Barreur) et YANN ROCHERIEUX, 25 ans
Le barreur et son équipier assument sans complexe un passé commun de « marin d’intérieur ». Il n’est pas si lointain le temps où Manu et Yann sillonnaient le lac Léman ou le plan d’eau de Piriac. De cette époque, ils ont gardé la science et la patience de naviguer dans des vents légers et perturbés par les reliefs. Aujourd’hui, cette expérience pourrait devenir un avantage important dans les petits airs de ce plan d’eau chinois bordés à la fois d’immeubles et de montagnes frôlant les 1100 m. Incontestablement, le 49er est taillé pour ce type de navigation. Manu et Yann partage cette passion pour cet engin surpuissant réplique de grand frère le 18 pieds Australien. « Un genre de bateau où l’on ne s’ennuie jamais » affirme Manu. Il suffit de les regarder régater pour s’en convaincre. En 49er, les deux équilibres accrochés au harnais planent plus qu’ils ne voguent. Avec la vitesse, les courses sont très courtes et la moindre faute technique ou tactique s’avère fatale. Régulièrement classés aux avant-postes, Yann et Manu comptent bien disputer en Chine cette fameuse Medal Race, une manche réservée aux dix meilleurs du classement. Bien calés en embuscade, les deux garçons discrets, rigoureux et efficaces saisiront « cette chance unique » de rapporter une médaille au CNV d’Aix les Bains et au CN de Sciez leur port d’attache.
PLANCHE RS-X Homme
JULIEN BONTEMPS, (29 ans)
Après la grande désillusion lors de la PO pour Athènes, due à une disqualification stupide, « Jules » s’est forgé un moral en acier inox. Auréolé d’un titre de Champion du Monde en 2004, le professeur de sport a aujourd’hui gagné le privilège de revenir en deuxième semaine en Chine. Plus solide mais toujours aussi fluide sur l’eau, Julien ne se pose que les questions essentielles, à savoir comment tirer le maximum de ce nouveau flotteur qui a remplacé la Mistral One Design juste après Athènes. Le Nantais s’y prend plutôt bien, puisqu’il a remporté la Semaine olympique de Medemblick aux Pays-bas. A terre, l’athlète décontracté affiche toujours ce même sourire et partage son fourgon FFVoile avec ses copains d’entraînement, de véritables complices. L’esprit « planche » joue pour beaucoup dans l’équilibre du sélectionné. Avec eux, il a appris à gérer ses efforts sur cette compétition très longue comme il l’explique : « Après 10 régates, il reste à disputer la Medal Race du dernier jour. Alors il faut en garder un peu sous la pédale. La différence se fera dans le mental et dans les tripes ». En effet la nouvelle RSX , planche très large avec dérive et un gréement de près de 10 m2 n’a pas encore livré la totalité de son mode d’emploi par tous les types de temps. Résultat, la hiérarchie n’a jamais été aussi mouvante même si une poignée de coureurs, dont il fait partie, se détache du lot dans cette série où plus de 50 nations tentent leur chance.
PLANCHE RSX- Femme
FAUSTINE MERRET, 30 ans
Surdouée et sur-motivée, la Brestoise des Crocos de l’Elorn conjugue avec brio les études et sa passion pour l’effort. La triathlète poids plume a gravi les sommets de la gloire avec une rare ténacité. Faustine, médaille d’or au J.O d’Athènes a appris sa sélection en octobre dernier alors qu’elle venait tout juste d’obtenir en parallèle son diplôme de professeur de sport. Eloignée des plans d’eau durant de nombreux mois, la championne était repartie à zéro à 30 ans sur la nouvelle planche de la série, la RSX, avec pour objectif de revenir au plus haut niveau et remettre sa médaille en jeu en Chine. Pari gagné, le comité a misé sur son exceptionnelle combativité, sa technique et sa solide expérience. Faustine a retrouvé les stars de la série toujours très affûtées. D’abord les anciennes qu’elle connaît bien, des filles pour qui elle est devenue « celle que l’on ne veut plus voir devant ». Et puis la nouvelle génération comme l’Espagnole Marina Alabau qui se permet de gagner le Championnat d’Europe de Brest RSX et de remporter deux semaines plus tard la Semaine Olympique de Medemblik. La Brestoise, revenue à son meilleur niveau affine ses réglages et peaufine sa technique. En Chine, la pression médiatique poussée à son paroxysme, un climat tropical infernal, des vents capricieux vont soumettre les planchistes à rude épreuve. Le mental de la Française pourrait ici faire la différence.
STAR
XAVIER ROHART, 40 ans (Barreur) et PASCAL RAMBEAU, 36 ans
Voici les « locomotives » de l’Equipe de France, deux gaillards taillés comme des rugbymen, doux comme des agneaux à terre, véritables terreur en mer. Une médaille à Athènes, deux titres mondiaux et trois podiums au compteur Xavier et « Rambo » maîtrisent leur sujet et surtout ce quillard long de 7 m. Cette rencontre improbable entre les deux ex-solitaires de la voile n’aurait jamais eu lieu sans le coup d’œil de Daniel Dahon, leur entraîneur. Il a construit cet équipage hors du commun en conjuguant les compétences, en estompant les antagonismes. Sur cette machine à gagner, les duettistes ne se manifestent pas d’affection réciproque exubérante, ils sont amis « pas plus que cela », seul compte la réussite d’un projet quasi professionnel. A la barre Xavier se fie à son instinct et assume une spontanéité débordante. A l’avant, Pascal lui rappel le respect des fondamentaux de la régate dont il connaît tous les pièges et toutes les règles. Carburation maximum garantie. Les « Stars » connaissent la musique du très haut niveau et partent en Chine sans excès de stress ni de pression. Plus que jamais, ils sont fin prêts à décrocher cette médaille d’or qui les nargue depuis un bon moment.
YNGLING
ANNE LE HELLEY, 37 ans, (Barreuse), CATHERINE LE PESANT, 36 ans et JULIE GERECHT, 26 ans, (Equipières)
Dans le genre équipage recomposé, difficile de faire mieux et plus vite. En juillet 2007, les trois filles ne naviguaient pas ensemble. Blessures et autres coups durs avaient dispersé les équipages français de la série. Alors Anne Le Helley a reconstruit un trio le plus combatif avec Catherine Le Pesant, une regatière hors paire et en persuadant Julie, membre de l’Equipe de France militaire de les rejoindre dans cette galère. Bertrand Dumortier, entraîneur expérimenté a pris les affaires en main pour faire progresser et coordonner les trois filles rapidement. L’équipage part pour la Chine en position d’outsider en espérant jouer leur atout dans le petit temps annoncé. Et si la brise se lève ? Il faudra « faire avec » et comme elles aiment à le répéter histoire de s’en convaincre : « on va sur l’eau, s’il y a tel ou tel vent, on se dit que ça tombe bien car c’est notre temps ! » Méthode Coué, une dose d’humour et de fatalisme (et beaucoup de travail), le trio n’a rien à perdre et compte bien se faire d’abord plaisir lors de cette prestigieuse bataille navale de l’Empire du Milieu.