Pour
l’accompagner au fil des courses, Jeanne Grégoire a trouvé l’homme de la
situation : son préparateur, Antoine Chartiez. C’est en binôme que ces deux là
fonctionnent toute l’année, lui dans son camion, elle sur son Figaro Bénéteau Banque Populaire. En ce
début de mois de septembre, Antoine est plus que jamais sur le qui-vive pour
que Jeanne puisse repartir dans les meilleures conditions sur la Wow Cap Istanbul. Le début de semaine a été marqué par la sortie de
l’eau, le démâtage et l'embarquement sur le camion qui a emmené le monocoque par la route
jusqu’à Hyères pour arriver aujourd'hui... une semaine bien chargée !
Une fois n'est pas coutume, à l’occasion de la Cap Istanbul, les données vont quelques peu varier
puisque c’est en mer qu’Antoine va suivre le skipper de Banque Populaire, « le parcours de l’épreuve est tel qu’il est
impossible de suivre en camion, les organisateurs ont donc décidé de nous faire
suivre la course par la mer. Nous serons en tout 13 « prépas » sur un
ou deux bateaux, c’est en cours de décision. D’une certaine manière, nous
serons en course également et cela nécessite une préparation différente, nous
allons mettre en commun tout le technique, accastillage, etc… Et nous aurons
chacun les affaires personnelles de nos skippers avec évidemment un poids
maximum autorisé, ce sera une toute autre logistique. Nous devrons faire chacun
nos quarts en mer et être opérationnels aux arrivées et aux départs. C’est
encore une nouvelle expérience ! Quand elle est en compétition, je le suis aussi ! Pour nous, il y a une autre course dans la course »
C’est
sur lui qu’elle pose son dernier regard avant de quitter les pontons, c’est lui
qui encaisse les premières réactions à l’arrivée des étapes. Il est aussi
sensible qu’elle peut être intransigeante, aussi féminin qu’elle peut être
masculine… Ce duo là fonctionne pour le meilleur toujours, et pour le pire finalement
très rarement. Et au jeu des questions/réponses, ils sont bien sur la même
longueur d’onde :
La première rencontre ?
Jeanne : « Dans ma cuisine ! Il
nous a aidés pendant les travaux de la maison, plutôt efficace ! Il était
en fin de contrat, je me suis dit « tiens il se pourrait bien que soit
l’homme de la situation »
Antoine : « On en a discuté l’année
dernière, cela a toujours bien fonctionné entre nous. J’avais de mon côté
quelques projets mais elle a su me convaincre ! Je me suis décidé un peu
avant le Salon Nautique, ce qui m’a permis de commencer dès le mois de janvier
pour le chantier d’hiver et la nouvelle décoration du bateau.»
La clé d’une équipe qui fonctionne ?
Jeanne : « Il y a une vraie complicité
entre nous car humainement cela fonctionne. On sait se concentrer sur le bateau
mais en dehors on n’est capable de parler d’autre chose, presque comme deux
copines (rires). Il me comprend tout de suite, sait quand ça va ou pas !
C’est important car quand tu prends une « bâche », tu n’as pas envie
d’avoir quelqu’un qui te le reproche à l’arrivée. Il me pousse tout de suite
vers autre chose pour ne pas ressasser et aller de l’avant. »
Antoine : « Une relation simple et
sincère ! Il n’y a pas de rapport patron/employé. On construit le projet
ensemble avec Banque Populaire, j’ai eu la chance de faire du handball à haut-niveau,
donc le travail d’équipe cela me connaît. Je pense que c’est notre force
d’échanger, et de se pousser l’un et l’autre vers le haut. Entre deux étapes,
on va courir ensemble, ça lui permet de se dépasser autrement qu’en navigation
et qu’elle se rende compte qu’elle est capable de le faire… »
Combien de milles en mer pour Jeanne et de kilomètres à terre pour Antoine parcourus cette année ?
Jeanne : « Pas loin des 6500
milles pour le moment et ce n’est pas fini ! »
Antoine : « Je ne dois pas être loin des
7000 km cette année, sans compter l’aller-retour à Saint Barthélemy qui était
nettement plus confortable que dans mon camion… »
Comment vous répartissez-vous les tâches techniques sur le Figaro ?
Jeanne : « Au début, je préparais des « joblists »,
au moins pour définir les priorités. Désormais, il connaît le bateau aussi bien
que moi ! Sur les phases de transition, comme cette semaine, on reprend
les choses à zéro, on refait un point global car après tout s’enchaîne très vite. »
Antoine : « Banque Populaire est un
bateau abouti, Jeanne court sa 5ème saison dessus, il est donc quasi
sur-mesure. Au quotidien, je suis assez libre, je gère l’entretien comme je
l’entends mais nous échangeons beaucoup car je navigue très peu sur le bateau,
Jeanne a un vrai boulot de validation et moi j’optimise derrière. Le fait
d’avoir préparé beaucoup de bateaux me donne des idées nouvelles, applicables
ou non à Banque Populaire d’ailleurs… du coup, on discute pas mal. Enfin, Jeanne
n’est pas la championne du monde de l’informatique, donc là-dessus, elle me
laisse gérer. »