C’en est fini de la
42ème Solitaire du Figaro ! Ce mercredi à Dieppe, à 13h34mn45s,
Jeanne Grégoire sur le Figaro Banque Populaire franchissait la ligne d’arrivée
de cette 4ème étape en 29ème position à 35mn de Jérémie
Beyou , décidément impérial, qui remporte ce dernier volet côtier entre Les Sables
d’Olonne et le port Haut-Normand. Un dernier acte à suspense puisque pas moins
de 40 Figaro Bénéteau terminaient en tout juste une heure après 3 jours de
course. Tout simplement incroyable ! Au terme de 1647 milles d’un parcours
ultra complet, Jeanne Grégoire prend la 17ème place au classement général.
Impitoyable Solitaire !
Jusqu’au bout, la grande classique du circuit Figaro
Bénéteau aura donné du fil à retordre aux 46 concurrents. Après 437 milles
depuis les côtes vendéennes, le skipper de Banque Populaire franchit la ligne d’arrivée
sous spi à plus de 7 nœuds et prend la 29ème place. Un final
éprouvant nerveusement et physiquement en baie de Seine à enchaîner les
manœuvres pour grappiller toujours quelques longueurs car c’est bien de cela
qu’il s’agissait ! Une vraie régate au contact, plus digne d’un parcours
banane que d’une étape de cette ampleur. Forcément déçue du résultat, la
navigatrice avait à cœur de réussir cette manche de « rase-cailloux »
mais le scenario sur l’eau s’est joué tout autrement : « je prends un départ moyen mais je me refais
rapidement puisque je repasse 10ème
à l’île de Yeu où nous avons fait un bon coup. Je me maintiens ensuite
dans le top ten jusqu’à Belle-Ile. Mais tout s’est compliqué au Raz de
Sein : je fais de l’ouest avec Nicolas Lunven et Gildas Morvan, qui sont
plutôt de bons clients, et bien, ce n’était pas une bonne idée ! Parfois,
tu vas du mauvais côté et il y a une petite sanction mais là cela a été sans
appel ! »
Quand la technique joue les trouble-fêtes !
Déterminée à revenir sur le peloton de tête malgré cette
petite option malheureuse, Jeanne n’a décidément rien lâché sur cette dernière
étape où vigilance et concentration étaient plus que jamais de mise. Et ce,
malgré les quelques 1200 milles déjà parcourus tout au long de ces trois
semaines de course, « c’était
crevant ! Je crois que je n’ai jamais aussi peu dormi sur une étape mais
on était tous dans le même cas. » Ajoutez à cela quelques ennuis
techniques et voilà l’objectif d’une année pourtant extrêmement bien commencée*
mis à mal : « juste après le
départ, ma pompe de ballast a cassé, il a fallu que je pompe à la main durant
toute l’étape. Je me suis pas mal débrouillée mais quand nous sommes tombés
dans la pétole, il fallait ballaster et déballaster sans cesse et donc au lieu
d’appuyer sur un bouton et de faire autre chose comme régler le bateau, moi
je pompais… Et pour couronner le
tout, hier soir tandis que nous naviguions dans des conditions sollicitantes en
baie de Seine, l’aérien a commencé à faire des siennes. Je suis partie au tas,
la centrale était en vrac, j’ai donc décidé de tout déconnecter. J’ai passé la
nuit sans informations sur le vent, et sans pouvoir utiliser le pilote
automatique, les siestes se sont donc réduites
à 5mn et je me suis vite réveillée avec un cocotier** dans le spi… Ensuite je
n’ai plus lâché la barre », raconte Jeanne Grégoire.
L’envie, encore et toujours…
A chaque fin de Solitaire, du côté des pontons, les
sentiments sont toujours les mêmes : partagés entre la joie d’un mois
intense de navigation qui s’achève et celui, déjà, de revenir disputer l’une
des plus difficiles, des plus intenses courses en solitaire. « Elle est envoutante cette course, jusqu’au
bout vraiment j’y ai cru ! A 5 milles de la ligne d’arrivée, tu te dis que
les écarts sont faibles et que tout ce que tu as donné, tout ce que tu es allé chercher au fond de toi même va payer…
J’ai tenté des coups jusqu’à la fin… Je suis déçue car le résultat n’est
pas à la hauteur de mon niveau mais je ne peux pas me reprocher de ne pas
m’être battue. 17ème au classement général, ce n’est vraiment pas
terrible : maintenant, j’ai une très bonne raison de revenir l’année
prochaine ! », conclut le skipper de Banque Populaire, émue,
frustrée, fatiguée de cette Solitaire du Figaro qui n’aura pas été sienne…
*4ème de la Transat Bénodet-Martinique et 4ème
de La Transmanche de l’Aber Wrac’h, 5ème de La Solo Les Sables
** Quand le spi s’enroule sur lui-même
Cliquez ici pour visionner la nouvelle vidéo de Jeanne : résumé des 3 premières étapes
Cliquez ici pour voir la vidéo du départ de Jeanne à la première étape
Cliquez ici pour voir la vidéo de Jeanne avant le départ de la première étape
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