Cette troisième nuit de course
ne ressemble en rien aux deux premières. Au large, à la latitude de l’estuaire
de la Gironde, la flotte groupée a bien profité de ce véritable cadeau qu’est
une nuit de glisse au portant, sous spi. Le vent faiblit désormais dans le
golfe de Gascogne et bascule au nord-nord-est, pour un peu moins de 8 nœuds
moyens. La flotte vient d'avoir droit à un lever de soleil magique sur
l'horizon, avec des rayons très marqués qui transpercent en diagonale le
manteau nuageux et incendient la mer. Avec l'arrivée d'un peu d'est dans le
nord, la mer - qui n'était déjà pas bien méchante - s'aplatit complètement.*
L’info du matin est que la
bataille des empannages est déclenchée. On tricote de nouveau après ce long
tout droit sous spi, engagé hier matin après la pointe du Raz. Les solitaires
cherchent de l’angle, donc de la vitesse, tout en préparant la négociation de
cette fameuse dorsale anticyclonique sans vent qui leur remue les méninges. La
grosse molle est prévue cet après-midi, avec des vents potentiellement
inférieurs à 5 nœuds...*
En raison de vents un peu plus
forts que prévus (3 à 4 nœuds de plus) en approche de la dorsale la nuit de
jeudi à vendredi, les concurrents ont
réussi à maintenir de bonnes vitesses sur les 12 dernières heures.
En effet, ils progressaient vers le sud
à 8 nœuds de moyenne jeudi soir et
malgré le ralentissement les vitesses évoluent encore autour de 6 nœuds vendredi matin en entrée de dorsale. Le minimum de vent pour les premiers est
attendu pour la mi-journée avec 5 à 7 nœuds
de Nord-Est alors que les derniers seront soumis à la zone de vent les plus faibles entre 1 et 4 nœuds ce
soir. L'enjeu pour tous est de gagner
vers le sud le plus possible pour éviter d'être rattrapé par cette zone de
vents très faibles qui arrive rapidement par l'ouest.
* Source La Solitaire du Figaro