Jeanne Grégoire est arrivée cette nuit à Gijon

Jeanne Grégoire est arrivée cette nuit à Gijon

samedi 31 juillet 2010 - 12h03

C'est dans la nuit espagnole, à 2 heures 29 minutes et 22 secondes ce samedi matin que Jeanne Grégoire en a terminé avec la première étape de la Solitaire du Figaro 2010. Accrochant la 11ème place à Gijon, 1 heure 14 minutes et 50 secondes derrière le vainqueur Armel Le Cléac'h, la navigatrice de Banque Populaire réalise une belle entrée en matière sur un premier acte qui restera longtemps comme celui d'un suspense ménagé jusqu'au bout.

Il y avait les algues, le raz Blanchard, le jeu de passe-passe entre les îles anglo-normandes, les courants, une dorsale menaçant de piéger la flotte dans ses lenteurs et la fatigue... Rien ne manquait à l'affiche de ce premier volet de la Solitaire du Figaro au départ du Havre mardi dernier. Pour un retour sur La Solitaire après une année d'absence, Jeanne Grégoire aura donc profité d'un tableau parfait, savant mélange de pleins et de déliés, de bonheurs et de difficultés. A l'arrivée sur les pontons espagnols la nuit dernière, la navigatrice de Banque Populaire était pour toutes ces raisons et plus encore une jeune femme comblée et heureuse : "C'était génial ! Il y a une superbe ambiance entre les concurrents. C'est exceptionnel. Il m'a fallu un peu de temps pour me remettre dans le match, mais une fois dedans ça a été le bonheur. Cette première étape était passionnante techniquement, tactiquement. La redistribution des cartes a été quasi permanente et tout le monde a eu son heure de gloire. Même moi j'ai été en tête à l'île de Batz. Par contre physiquement ça a été super dur. Il était prévu qu'on fasse toute la Manche au reaching et en fait on a tiré des bords tout du long".

Gérer le sommeil pour tenir la distance

Eprouvante avec ses plus de 83 heures de course, cette première étape a toutefois fourni l'adrénaline nécessaire aux marins pour affronter un parcours si mal pavé sur le début qu'il aura rendu le repos quasi inexistant , comme le confirme Jeanne : "Au raz de Sein, je me suis dit que j'étais mal placée mais que le jeu était tellement distribué qu'il y aurait des choses à faire jusqu'au bout et qu'il ne fallait surtout pas baisser les bras. Je me suis aussi dit que ça allait mollir à l'arrivée et qu'il fallait rester fraîche pour la fin... et en fait, il n'y a pas eu ce ralentissement. J'ai peut-être un peu mal géré ma fatigue sur ce point précis, mais en dehors de ça le fait d'avoir sans doute dormi plus que les autres m'a permis de ne pas me mettre dans le rouge. Et même si ça ne paie pas maintenant, ça paiera sur la longueur de savoir gérer le sommeil".

De sommeil et de repos, il va justement en être question dans les prochaines heures pour Jeanne Grégoire. La navigatrice va ainsi pouvoir profiter d'une parenthèse nécessaire dans le port des Asturies avant un retour au large mardi 3 août prochain, pour une deuxième étape à destination de Brest.