Il y avait les algues, le raz Blanchard, le jeu de
passe-passe entre les îles anglo-normandes, les courants, une dorsale menaçant
de piéger la flotte dans ses lenteurs et la fatigue... Rien ne manquait à
l'affiche de ce premier volet de la Solitaire du Figaro au départ du Havre
mardi dernier. Pour un retour sur La Solitaire après une année d'absence,
Jeanne Grégoire aura donc profité d'un tableau parfait, savant mélange de
pleins et de déliés, de bonheurs et de difficultés. A l'arrivée sur les pontons
espagnols la nuit dernière, la navigatrice de Banque Populaire était pour toutes
ces raisons et plus encore une jeune femme comblée et heureuse : "C'était génial ! Il y a une superbe
ambiance entre les concurrents. C'est exceptionnel. Il m'a fallu un peu de
temps pour me remettre dans le match, mais une fois dedans ça a été le bonheur.
Cette première étape était passionnante techniquement, tactiquement. La
redistribution des cartes a été quasi permanente et tout le monde a eu son
heure de gloire. Même moi j'ai été en tête à l'île de Batz. Par contre
physiquement ça a été super dur. Il était prévu qu'on fasse toute la Manche au
reaching et en fait on a tiré des bords tout du long".
Eprouvante avec ses plus de 83 heures de course, cette
première étape a toutefois fourni l'adrénaline nécessaire aux marins pour
affronter un parcours si mal pavé sur le début qu'il aura rendu le repos quasi
inexistant , comme le confirme Jeanne : "Au raz de Sein, je me suis dit que j'étais mal placée mais que le
jeu était tellement distribué qu'il y aurait des choses à faire jusqu'au bout
et qu'il ne fallait surtout pas baisser les bras. Je me suis aussi dit que ça
allait mollir à l'arrivée et qu'il fallait rester fraîche pour la fin... et en
fait, il n'y a pas eu ce ralentissement. J'ai peut-être un peu mal géré ma
fatigue sur ce point précis, mais en dehors de ça le fait d'avoir sans doute
dormi plus que les autres m'a permis de ne pas me mettre dans le rouge. Et même
si ça ne paie pas maintenant, ça paiera sur la longueur de savoir gérer le
sommeil".
De sommeil et de
repos, il va justement en être question dans les prochaines heures pour Jeanne
Grégoire. La navigatrice va ainsi pouvoir profiter d'une parenthèse nécessaire
dans le port des Asturies avant un retour au large mardi 3 août prochain, pour
une deuxième étape à destination de Brest.