Très concentrée à l’intérieur de son bateau Banque Populaire
ce matin pour préparer sa navigation, Jeanne a quitté les pontons peu après en
arborant un large sourire et saluant le public Havrais venu pour l’occasion.
Mais derrière ce sourire plutôt serein, se cache une navigatrice pressée d’en
découdre, le couteau déjà entre les dents.
La bataille va être difficile car 44
concurrents sont aussi pressés qu’elle de prendre le « TGV » de
la mer qui les emmènera le plus rapidement possible à Gijon, arrivée de cette
première étape. Cela ne sera donc pas de tout repos. La grande difficulté de
cette course, en dehors du sport et de la stratégie reste la gestion du sommeil
comme le rappelait Jeanne ce matin à terre « Je regrette déjà mon petit lit
douillet. En me levant, je me suis dit : hum, j’en ai pour au moins trois jours
et je ne risque pas de redormir avant demain matin ! Je me dis qu’il faudra que
j’arrive à faire des pauses mais pas que je panique si je ne fais pas de sieste
avant la sortie des iles anglo-normandes. Ce sera ça la logique… En tout cas les
conditions sont de rêve pour cette première étape ».
En dépit d’un vent très faible sur la zone de départ ce
matin, les 45 Figaros Bénéteau ont coupé la ligne de départ. Ils ont effectué un parcours en baie avec la bouée Radio France que Jeanne a passée en 17e position. Ils se dirigent maintenant au prés vers la pointe du Cotentin, loin des yeux de ceux restés à terre...