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novembre 2011 à mars 2012
1. Trophée Jules Verne 2011-2012
21 760 milles à parcourir autour du monde par les trois caps… Le Trophée Jules Verne reste le graal absolu des dévoreurs de records. Née d’une discussion entre une poignée de grands marins, cette idée de faire le tour du globe, en équipage, contre le temps, est aujourd’hui devenu un leitmotiv au sein de l’ensemble des projets de la classe des géants.
2. Un peu d'histoire
Un record, c’est bien souvent la quête d’une utopie repoussée toujours plus loin… Deux principes sous-tendent toute l’histoire des records : le premier est qu’à priori les frontières du temps sont difficiles, voire impossibles, à abolir. Le deuxième, c’est que des hommes pensent qu’il faut tenter de briser ces barrières… et qu’ils y parviennent. Histoire d’un record mythique et de ceux qui ont fait sa légende.
2.1 Jules Verne et le Tour du monde en quatre-vingts jours
Naissance : 8 février 1828 à Nantes
Décès : 24 mars 1905 (77 ans) Amiens
Le Tour du monde en quatre-vingts jours est un roman d'aventures, écrit en 1872 par Jules Verne et publié en 1873 par Pierre-Jules Hetzel à Paris.
Le roman raconte la course autour du monde d'un gentleman anglais, Phileas Fogg, qui a fait le pari d'y parvenir en 80 jours. Il est accompagné par Jean Passepartout, son serviteur français.
L'ensemble du roman est un habile mélange entre récit de voyage (traditionnel pour Jules Verne) et données scientifiques. Ce voyage extraordinaire est rendu possible grâce à la révolution des transports qui marque le XIXe siècle et les débuts de la révolution industrielle. L'apparition de nouveaux modes de transport (chemin de fer, marine à vapeur) et l'ouverture du canal de Suez en 1869 raccourcissent les distances, ou du moins le temps nécessaire pour les parcourir.
2.2 Philéas Fogg débordé
C’est parfois autour d’un repas que naissent les meilleures idées. Ils sont quelques navigateurs réunis un soir autour d’une table de bistrot. La soirée passant, tous évoquent leurs rêves d’aventure, de tour du monde, de Cap Horn. Le tour du monde reste encore un Everest dans la mémoire collective, à juste titre. Ainsi donc, nos navigateurs rêvent d’un nouveau record autour de la planète mer et décident de créer un trophée pour qui arrivera à battre un temps évalué de 80 jours. L’inaccessible rêve prendra donc le nom de Trophée Jules Verne.
Quatre-vingts jours : la prédiction n’était pas si folle puisqu’en 1993, Bruno Peyron, avec à son bord un équipage de cinq personnes, s’impose en 79 jours 6 heures 15 minutes et 56 secondes. L’équipage a subi une tempête terrifiante au large des côtes chiliennes et a dû lutter pour sa survie. Mais pour la première fois un catamaran de course a vaincu le Cap Horn. Derrière Bruno Peyron, détenteur du trophée, d’autres navigateurs vont s’engouffrer dans la brèche. Des marins aussi célèbres que Steve Fossett l’aventurier, Peter Blake ou bien Olivier de Kersauson vont s’attaquer au record avant que Bruno Peyron ne vienne reprendre son trophée en 50 jours 16 heures 20 minutes et 4 secondes. Le tour du monde de Philéas Fogg avait duré quatre-vingts jours. Ses successeurs sont visiblement plus pressés.
3. Historique du record
1993 : Bruno Peyron sur Commodore explorer - Catamaran - 79j 6h 15min 56s
1994 : Peter Blake sur Enza - Catamaran - 74j 22h 17min 22s
1997 : Olivier de Kersauson sur Sport Elec - Trimaran - 71j 14h 22min 8s
2002 : Bruno Peyron sur Orange - Catamaran - 64j 8h 37min 24s
2004 : Olivier de Kersauson sur Geronimo - Trimaran - 63j 14h 59min 46s
2005 : Bruno Peyron sur Orange 2 - Catamaran - 50j 16h 20min 4s
2010 : Franck Cammas sur Groupama 3 - Trimaran - 48j 7h 44min 52s2012: Loïck Peyron sur le Maxi Banque Populaire V - Trimaran - 45j 13h 42min 53s
Temps à battre : 45 jours 13 heures 42 minutes et 53 secondes
4. Le parcours du Trophée Jules Verne
La ligne de départ et d’arrivée se situe entre le phare de Créac'h sur l'Île d'Ouessant et le phare du Cap Lizard. Tour du monde via les 3 caps – Bonne Espérance, Lewin et Horn.
Le parcours vu par Juan Vila (navigateur embarqué), et Marcel van Triest (routeur à terre) du Maxi Banque Populaire V :
4.1 Zone Ouessant – Archipel du Cap Vert
Pour que le feu passe au vert pour le Maxi Banque Populaire V, il faudra trouver des conditions de reaching ou portant avec un Anticyclone des Açores bien présent pour attraper le wagon des alizés jusqu’à l’archipel du Cap Vert.
4.2 Le Pot au Noir
Cette Zone de Convergence Intertropicale est générée par l’opposition des vents venant de l’hémisphère Nord et ceux de l’hémisphère Sud. Situé entre le 8° et le 4° Nord, le Pot au Noir provoque des vents capricieux, extrêmement faibles et des grains violents. Difficile à caractériser, il est un premier piège sur la route du Trophée Jules Verne.
4.3 L’Anticyclone de Sainte-Hélène
L’Anticyclone de Sainte-Hélène a la fâcheuse habitude de se trouver sur la route directe. Il faut donc en faire le tour. S’il n’est pas sur notre route, ce sera un vrai gain de temps pour la descente.
4.4 L’océan Indien
ll y a quatre zones de cyclogenèse* dans le Sud. La plus importante est un front froid permanent qui vient de l’Amérique du Sud. La plupart des dépressions viennent de ce continent et sont relativement jeunes dans le Sud, donc assez violentes et ne laissant pas de moyen d’y échapper. Il faut également se méfier des dépressions qui peuvent être engendrées au niveau de Madagascar. Enfin, nous pourrons encore rencontrer ces phénomènes dans l’Est de la Nouvelle- Zélande puis au milieu du Pacifique. Il nous faudra en attraper une qui ne soit ni trop faible (20 nœuds), ni trop forte (40 nœuds et plus).* Naissance des dépressions
4.5 L’océan Pacifique
De l’Australie au Cap Horn, le train des dépressions est continu. Entre chaque phénomène dépressionnaire se présente la négociation d’une dorsale et d’une zone de calmes qui voit les vents chuter de 10 à 15 nœuds. La houle s’allonge et le froid règne. Mais c’est souvent sur cette portion du parcours que se joue le record. Dernier col à franchir, et non des moindres, le Cap Horn est à la fois attendu et redouté tant les vents peuvent être violents et la mer impitoyable.
4.6 La remontée de l’Atlantique
Une fois passé le Pot au Noir avec l’Alizé d’Est Nord Est, il faudra choisir d’aller chercher une dépression atlantique et s’il n’y en a pas, opter pour une route directe au près avec une incertitude sur ce qu’il y aura derrière. C’est seulement à Équateur que nous aurons une vision claire sur l’arrivée en France.
5. L'équipage
5.1 Hors quart
Juan Vila
Navigateur, Responsable électronique et informatique
5.2 Quart n°1
Yvan Ravussin
Chef de quart, responsable composite
Brian Thompson
Barreur/ Régleur
Pierre Yves Moreau
Régleur, Responsable mécanique et hydraulique
Thierry Chabagny
N°1/ Barreur/ Régleur, Responsable accastillage et voiles
5.3 Quart n°2
Frédéric Le Peutrec
Chef de quart
Emmanuel Le Borgne
Barreur/ Régleur, Responsable médical
Thierry Duprey Du Vorsent
Barreur/ Régleur, Responsable mécanique
Ronan Lucas
N°1/ Régleur, Responsable sécurité
5.4 Quart n°3
Jean-Baptiste Le Vaillant
Chef de Quart, responsable voile
Kevin Escoffier
Barreur/ Régleur, Responsable vidéo et structure
Xavier Revil
Barreur/ Régleur, Responsable avitaillement à bord
Florent Chastel
N°1/ Régleur, Responasble médical
Marcel Van Triest
Routeur à terre