Décidément, la météo hivernale mène la vie dure aux records océaniques. En stand-by depuis la fin du mois de janvier et amarré dans le port espagnol de Cadix-Puerto Sherry depuis le 17 février, le Maxi Banque Populaire V attend toujours une hypothétique fenêtre qui lui permettrait de partir à l'assaut du temps de référence de la Route de la Découverte. Faute de créneau météorologique exploitable ces dernières semaines, Pascal Bidégorry et ses hommes ont décidé de prolonger leur attente et de se laisser jusqu'à la fin du mois de mars pour saisir toute opportunité qui pourrait se présenter. En attendant, le Team Banque Populaire garde sa ligne studieuse pour avancer dans la mise au point du maxi trimaran.
Chacun sait que dans un record, la phase de stand-by porte toujours son lot d’espoirs, de déceptions et parfois de frustrations. Pour le premier acte de sa campagne océanique, il semble que le Team Banque Populaire soit entrain de subir un bizutage en règle. Après un mois et demi d’attente et d’étude minutieuse des prévisions météorologiques, Pascal Bidégorry et Marcel Van Triest n’ont absolument rien vu s’ouvrir ou même s’entrouvrir devant les étraves du Maxi Banque Populaire V.
Si les caprices des systèmes météorologiques mettent les nerfs des marins à l’épreuve, c’est avec philosophie et patience que le skipper basque goûte aux aléas de son premier stand-by : « Nous attendons une fenêtre tout ce qu’il y a de plus classique avec un anticyclone des Açores qui nous offrirait un régime d’alizés établi de bout en bout. Si nous décidons aujourd’hui de prolonger le stand-by, c’est qu’à aucun moment nous n’avons eu de situation météorologique satisfaisante qui aurait pu nous permettre d’envisager une tentative de record sur la Route de la Découverte. Nous ne jouons pas les difficiles, mais nous ne pouvons raisonnablement pas partir à l’assaut d’un temps de référence alors que les prévisions nous annoncent un régime d’alizés établi sur la moitié du parcours et des vents contraires ou absents sur la fin. Nous allons donc attendre encore un peu ! ».
Pendant l’attente, le travail continue !
Mais qu’on ne s’y
méprenne pas, cette période de stand-by n’a rien d’une plage d’attente
pure, teintée d’une certaine inactivité. Au contraire ! Depuis le
lancement de la campagne de records, si le Maxi Banque Populaire V est
parfaitement prêt pour son premier rendez-vous, la mise au point et la
fiabilisation de cette belle monture ne cessent pour autant jamais. A
Lorient ou à Cadix-Puerto Sherry, les techniciens et les navigants du
Team Banque Populaire s’affairent en effet à cet objectif commun et
profitent des caprices météorologiques pour jouer un coup d’avance.
En
chef d’équipe avisé, Pascal Bidégorry donne le ton : « Cette période
est certes un peu difficile à vivre parce qu’il faut s’armer de
patience, mais chacun au sein du Team Banque Populaire a pleinement
conscience du fait qu’il faut mettre cette attente à profit. L’équipe
technique est à pied d’œuvre et travaille quotidiennement au
perfectionnement d’un bateau qui nous donne déjà de grands motifs de
satisfaction. Aucune fenêtre ne semblant vouloir s’ouvrir sur un
parcours entre Cadix et San Salvador la semaine prochaine, nous nous
préparons toutefois à prendre le large pour emmagasiner des jours de
navigation. Cela nous permettra de valider quelques petites évolutions
techniques relatives aux appendices ou à l’énergie du bord, mais aussi
de renforcer le côté sportif en insistant notamment sur la
manoeuvrabilité ».
Les hivers se suivent et ne se ressemblent
pas forcément dans l’hémisphère nord, ne rendant pas la route ouverte
par Christophe Colomb toujours très praticable. Mais loin de se
démobiliser, Pascal Bidégorry et ses hommes entendent bien défier le
chronomètre… si Eole le permet. Le navigateur basque se dit aujourd’hui
plus que jamais « prêt à saisir la plus petite opportunité » et reste
en attendant focalisé sur le chemin à parcourir avant le coup d’envoi
du Trophée Jules Verne… l’échéance humaine, sportive et technique
majeure du Maxi Banque Populaire V pour 2009.