- Sommaire
novembre 2010 à février 2011
1. Trophée Jules Verne 2010-2011
21 760 milles à parcourir autour
du monde par les trois caps… Le Trophée Jules Verne reste le graal absolu des
dévoreurs de records. Née d’une discussion entre une poignée de grands marins,
cette idée de faire le tour du globe, en équipage, contre le temps, est
aujourd’hui devenu un leitmotiv au sein de l’ensemble des projets de la classe
des géants.
2. Un peu d'histoire...
Un record, c’est bien souvent
la quête d’une utopie repoussée toujours plus loin… Deux principes sous-tendent
toute l’histoire des records : le premier est qu’à priori les frontières du
temps sont difficiles, voire impossibles, à abolir. Le deuxième, c’est que des
hommes pensent qu’il faut tenter de briser ces barrières… et qu’ils y
parviennent. Histoire d’un record mythique et de ceux qui ont fait sa légende.
2.1 Jules Verne et le Tour du monde en quatre-vingts jours
Naissance : 8 février 1828 à Nantes
Décès : 24 mars 1905 (77 ans)
Amiens
Le Tour du monde en quatre-vingts jours est un roman
d'aventures, écrit en 1872 par Jules Verne et publié en 1873 par Pierre-Jules
Hetzel à Paris.
Le roman raconte la course autour du monde d'un gentleman
anglais, Phileas Fogg, qui a fait le pari d'y parvenir en 80 jours. Il est
accompagné par Jean Passepartout, son serviteur français.
L'ensemble du roman est un habile mélange entre récit de voyage
(traditionnel pour Jules Verne) et données scientifiques. Ce voyage
extraordinaire est rendu possible grâce à la révolution des transports qui
marque le XIXe siècle
et les débuts de la révolution industrielle. L'apparition de nouveaux modes de
transport (chemin de fer, marine à vapeur) et l'ouverture du canal de Suez en
1869 raccourcissent les distances, ou du moins le temps nécessaire pour les
parcourir.
2.2 Philéas Fogg débordé
C’est parfois autour d’un repas
que naissent les meilleures idées. Ils sont quelques navigateurs réunis un soir
autour d’une table de bistrot. La soirée passant, tous évoquent leurs rêves d’aventure,
de tour du monde, de Cap Horn. Le tour du monde reste encore un Everest dans la
mémoire collective, à juste titre. Ainsi donc, nos navigateurs rêvent d’un
nouveau record autour de la planète mer et décident de créer un trophée pour
qui arrivera à battre un temps évalué de 80 jours. L’inaccessible rêve prendra
donc le nom de Trophée Jules Verne.
Quatre-vingts jours : la prédiction n’était
pas si folle puisqu’en 1993, Bruno Peyron, avec à son bord un équipage de cinq
personnes, s’impose en 79 jours 6 heures 15 minutes et 56 secondes. L’équipage
a subi une tempête terrifiante au large des côtes chiliennes et a dû lutter
pour sa survie. Mais pour la première fois un catamaran de course a vaincu le
Cap Horn. Derrière Bruno Peyron, détenteur du trophée, d’autres navigateurs
vont s’engouffrer dans la
brèche. Des marins aussi célèbres que Steve Fossett
l’aventurier, Peter Blake ou bien Olivier de Kersauson vont s’attaquer au
record avant que Bruno Peyron ne vienne reprendre son trophée en 50 jours 16
heures 20 minutes et 4 secondes. Le tour du monde de Philéas Fogg avait duré
quatre-vingts jours. Ses successeurs sont visiblement plus pressés.
3. Historique du record
1993 : Bruno Peyron sur Commodore explorer - Catamaran - 79j 6h 15min 56s
1994 : Peter Blake sur Enza - Catamaran - 74j 22h 17min 22s
1997 : Olivier de Kersauson sur Sport Elec - Trimaran
- 71j 14h 22min 8s
2002 : Bruno Peyron sur Orange - Catamaran - 64j 8h 37min 24s
2004 : Olivier de Kersauson sur Geronimo - Trimaran - 63j 14h 59min 46s
2005 : Bruno Peyron sur Orange 2 - Catamaran - 50j 16h 20min 4s
2010 : Franck Cammas sur Groupama 3 - Trimaran - 48j 7h 44min 52s
Temps à battre : 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes
4. Le parcours du Trophée Jules Verne
La ligne de départ et d’arrivée se situe entre le phare de Créac'h sur
l'Île d'Ouessant et le phare du Cap Lizard. Tour du monde via les 3
caps – Bonne Espérance, Lewin et Horn.
Le parcours vu par Juan Vila, navigateur, et Marcel Van Triest, navigateur et météorologue du Maxi trimaran Banque Populaire V :
4.1 Zone Ouessant – Archipel du Cap Vert
"Pour
que le feu passe au vert pour le Maxi Banque Populaire V, il faudra
trouver des conditions de reaching ou portant avec un Anticyclone des
Açores bien présent pour attraper le wagon des alizés jusqu’à
l’archipel du Cap Vert".
4.2 Le Pot au Noir
"Cette
Zone de Convergence Intertropicale est générée par l’opposition des
vents venant de l’hémisphère Nord et ceux de l’hémisphère Sud. Situé
entre le 8° et le 4° Nord, le Pot au Noir provoque des vents
capricieux, extrêmement faibles et des grains violents. Difficile à
caractériser, il est un premier piège sur la route du Trophée Jules
Verne".
4.3 L’Anticyclone de Sainte-Hélène
"L’Anticyclone
de Sainte-Hélène a la fâcheuse habitude de se trouver sur la route
directe. Il faut donc en faire le tour. S’il n’est pas sur notre route,
ce sera un vrai gain de temps pour la descente".
4.4 L’océan Indien
"ll
y a quatre zones de cyclogenèse* dans le Sud. La plus importante est un
front froid permanent qui vient de l’Amérique du Sud. La plupart des
dépressions viennent de ce continent et sont relativement jeunes dans
le Sud, donc assez violentes et ne laissant pas de moyen d’y échapper.
Il faut également se méfier des dépressions qui peuvent être engendrées
au niveau de Madagascar. Enfin, nous pourrons encore rencontrer ces
phénomènes dans l’Est de la Nouvelle- Zélande puis au milieu du
Pacifique. Il nous faudra en attraper une qui ne soit ni trop faible
(20 nœuds), ni trop forte (40 nœuds et plus)".
* Naissance des dépressions
4.5 L’océan Pacifique
"De
l’Australie au Cap Horn, le train des dépressions est continu. Entre
chaque phénomène dépressionnaire se présente la négociation d’une
dorsale et d’une zone de calmes qui voit les vents chuter de 10 à 15
nœuds. La houle s’allonge et le froid règne. Mais c’est souvent sur
cette portion du parcours que se joue le record. Dernier col à
franchir, et non des moindres, le Cap Horn est à la fois attendu et
redouté tant les vents peuvent être violents et la mer impitoyable".
4.6 La remontée de l’Atlantique
"Une
fois passé le Pot au Noir avec l’Alizé d’Est Nord Est, il faudra
choisir d’aller chercher une dépression atlantique et s’il n’y en a
pas, opter pour une route directe au près avec une incertitude sur ce
qu’il y aura derrière. C’est seulement à Équateur que nous aurons une
vision claire sur l’arrivée en France".
5. Le maxi Banque Populaire V sur les traces de Jules Verne
Contrairement aux deux records du
début de campagne,
la Route de la Découverte et
la traversée de l’Atlantique
Nord, il n’est bien évidemment pas possible d’anticiper les évolutions météo à
l’échelle de 50 jours. L’une des difficultés majeures du parcours reste la
négociation du Grand Sud, celle-ci se faisant à l’été austral, période qui
offre aux marins les journées les plus longues.
A partir de la première
quinzaine de novembre 2010, Pascal Bidégorry et ses hommes se tiendront donc
prêts pour le grand départ. Le maxi Banque Populaire V se mettra alors en
attente d’une fenêtre lui permettant de descendre au plus vite vers l’équateur
afin d’attraper le train des alizés. Quand le feu passera au vert, Pascal et
son équipage couperont la ligne de départ fictive située entre le phare de
Créac’h à Ouessant et le phare du Cap Lizard en Angleterre. Ils entameront
alors le tour du monde en laissant chacun des trois caps à bâbord – Cap de Bonne
Espérance, Cap Lewin et Cap Horn – et devront franchir la ligne d’arrivée,
identique à celle du départ, moins de 48 jours 7 heures et 44 minutes plus
tard pour inscrire leurs noms au palmarès du mythique Trophée Jules Verne.
6. L'équipage du Maxi pour le Trophée Jules Verne
6.1 Hors quart
Pascal Bidégorry, skipper
6.2 Quart n°1
Yvan
Ravussin
Chef de quart, responsable vidéo et composite
Brian
Thompson
barreur-régleur
Thierry
Chabagny
barreur-régleur
Pierre-Yves
Moreau
Numéro un, responsable accastillage et composite
6.3 Quart n°2
Fred
Le Peutrec
Chef de quart
Emmanuel
Le Borgne
barreur-régleur, responsable médical
Erwan
Tabarly
barreur-régleur, responsable électronique
Ronan
Lucas
Numéro un, responsable sécurité
6.4 Quart n°3
Jérémie
Beyou
Chef de quart
Kevin
Escoffier
barreur-régleur, responsable vidéo
Xavier
Revil
barreur-régleur, responsable avitaillement à bord
Florent
Chastel
Numéro un, responsable médical et gréement
7. Résumé vidéo de la première tentative de record du Trophée Jules Verne