Beaucoup
l’annonçaient avant le départ : cette édition du Vendée Globe sera exceptionnelle.
Trente skippers dont treize étrangers et beaucoup de grands noms de la course
au large sont en effet présents. Parmi eux, deux anciens vainqueurs : Vincent
Riou et Michel Desjoyeaux. Dès les premières heures, l’épreuve tient toutes ses
promesses et les navigateurs engagés entrent dans le vif du sujet car le
mauvais temps sévit dans le Golfe de Gascogne. La flotte souffre et les avaries
se multiplient : Alex Thomson, Kito de Pavant et Yannick Bestaven sont
contraints à l’abandon dès le deuxième jour de course. Marc Thiercelin démâte
le lendemain. Un début de Vendée Globe sélectif, donc. D’autant que cinq autres
marins retournent à la case départ pour effectuer des réparations. Parmi eux,
Michel Desjoyeaux, qui reprend la mer avec un handicap de 41 heures. Son
incroyable remontée débute alors ...
Loïck
Peyron confirme quant à lui son statut de favori en coupant l’Equateur en tête.
Derrière lui et dans cette zone redoutée qu'est le Pot au Noir, Sébastien
Josse, Jean-Pierre Dick, Armel Le Cléac’h, Vincent Riou et Yann Eliès occupent
les premières places. . Les marins et leurs montures ne connaissant aucun répit.
Vents forts, mer cassante : dans le Grand Sud, les conditions sont une nouvelle
fois difficiles. Peyron et Josse creusent légèrement l’écart et ce dernier
vire en tête dans l’Océan Indien. Michel Desjoyeaux est alors sixième, revenu
déjà à seulement 100 milles du leader.
Le
mois de décembre est terrible. Les solitaires encore en course font face à des
conditions dantesques dans l’océan Indien. Les abandons se succèdent : Loïck
Peyron et Mike Golding démâtent, Bernard Stamm échoue son bateau sur le récif
des Kerguelen, Dominique Wavre est victime d’un problème de quille... Le 18
décembre, la course vire au drame : Yann Eliès, alors aux avant-postes, se
brise le fémur, à 800 milles au Sud de l’Australie. Marc Guillemot se déroute
en attendant que des sauveteurs australiens ne viennent évacuer le skipper de
Generali, après 48 heures de souffrance. Dans
le même temps, Michel Desjoyeaux prend les commandes de la course, qu’il ne
quittera plus jusqu’à l’arrivée. 16 skippers sont encore en course et seuls Roland Jourdain
et Jean Le Cam s’accrochent au leader. Le 31 décembre, Jean-Pierre Dick percute
un growler (morceau de glace immergé détache d'un Iceberg) et abandonne à son
tour. Après 56 jours en mer, Desjoyeaux passe le Cap Horn, suivi par Roland
Jourdain quelques heures plus tard. Le duel entre les deux hommes bat son plein
alors qu’intervient un énième rebondissement : Jean Le Cam, troisième, chavire
à 200 milles du Horn. Vincent Riou arrive sur zone et retrouve la coque de VM
Matériaux retournée. Il parvient à secourir Jean mais endommage son bateau. Et
malgré une réparation de fortune, il démâte la nuit suivante. Riou sera
finalement reclassé 3e ex-æquo.
Desjoyeaux
tient bon et résiste aux assauts de Roland Jourdain, qui heurte une baleine
mais continue la course. Au 81e jour de course, nouveau coup de théâtre :
Jourdain perd le bulbe de la quille de son bateau et doit renoncer à poursuivre
sa route. Michel Desjoyeaux file alors vers la victoire et franchit la ligne
après 84 jours, 03 heures, 09 minutes et 08 secondes de course.
Armel
Le Cléac’h, régulier aux avant-postes, termine à une belle deuxième place. Marc
Guillemot complète le podium.