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Kara Technology : Le premier bateau de plaisance intégralement connecté et « intelligent »

Le « Coup de Cœur #PassionVoile », c'est quoi ? Chaque mois, la Banque de la Voile met à l'honneur une belle initiative en lien avec l'univers maritime. Elle vous fait découvrir des associations, des événements, des faits marquants ou des personnalités, en allant à la rencontre de celles et ceux qui partagent leur passion de la mer et de la voile.

Start-up basée à Angers, Kara Technology a imaginé le premier bateau entièrement connecté, baptisé EVA (Équipement de Voyages Automatisés). Truffé de capteurs, de caméras et d’écrans tactiles, ce prototype simplifie la vie à bord et il pourrait bien amener un nouveau public vers la plaisance. D’autant que des versions encore plus abouties sont à l’étude… Présentation de la technologie et des différentes applications de cette innovation dans l’ère du temps.

 

130 capteurs, six caméras, des tables et écrans tactiles, deux intelligences artificielles…

« Aujourd’hui, tout est connecté : les logements, l’industrie automobile, l’aéronautique, le milieu médical… Il est logique que cette tendance touche le nautisme et nous sommes les premiers à proposer un système global de bateau connecté. » Ivain Bignonet, gérant de la société Kara Technology, est un entrepreneur passionné de voile qui n’a rien lâché pour prouver le bien-fondé de son innovation et la développer. Kara Technology a d’abord conçu des tables à cartes tactiles qui ont connu un joli succès. De fil en aiguille, l’entreprise a levé deux millions d’euros pour aller plus loin et imaginer le premier bateau 100 % connecté. « Ce voilier est équipé de 130 capteurs (choc, pression, profondeur, température, tension…) qui permettent au système de récolter des informations communiquées à l'utilisateur du bateau via un écran, une tablette ou une montre connectée. Six caméras d’une résolution de 5 megapixels donne une vision de l'ensemble du navire. Des tables et écrans tactiles sont également à disposition », précise Ivain Bignonet.

La gestion des données est assurée par un système de deux intelligences artificielles. La première est à bord du bateau, c’est une sorte de « boîte noire » où remontent en temps réel les informations des capteurs et dans laquelle on trouve tout le système informatique qui permet de piloter le bateau. La seconde intelligence artificielle est à terre. Elle agglomère l’ensemble des données qui sont connectées sur Internet et prend des décisions en fonction de tous ces éléments. « Les deux IA communiquent ensemble et synchronisent les données pour actionner les différents systèmes et permettre au bateau d’être plus intelligent », souligne Ivain Bignonet.

Gérer tous les aspects du bateau via une interface unique

L’intelligence artificielle prend en charge les différents aspects de la vie quotidienne sur un bateau, pour simplifier la vie des utilisateurs. Un écran tactile sert d’interface unique de contrôle. On peut, depuis cet écran, avoir des actions diverses : allumer ou couper les lumières et les feux de position, démarrer le moteur, surveiller les réservoirs (eau et fuel), vérifier l’ensemble de la consommation énergétique, gérer les batteries et la production électrique (panneaux solaires, éolienne, hydrolienne et moteur), consulter la météo et analyser la cartographie, tracer sa route, regarder les vidéos tournées par les caméras du bord… A noter que via la montre connectée, on peut agir sur le bateau à distance (dans un rayon de 250 mètres).

Pour comprendre concrètement l’intérêt d’un bateau connecté, prenons l’exemple du mouillage. Le système trouve le meilleur endroit pour jeter l’ancre en analysant le positionnement GPS et les marées, et en se synchronisant sur les cartes du SHOM (service hydrographique et océanographique de la Marine). Une fois le lieu du mouillage déterminé, la personne au poste de barre peut voir en direct sur un écran les images de la descente de la chaîne et ainsi vérifier que le guindeau fonctionne correctement, sans se déplacer à l’avant du bateau. Les caméras embarquées sont aussi bien utiles dans le cadre d’un accostage. Postées de chaque côté du bateau, elles permettent de savoir la distance qui sépare du quai, à la manière d’un radar de recul sur une voiture. Les six caméras peuvent tourner en permanence. Ainsi, en cas de coup de vent, le propriétaire d’un navire peut vérifier de chez lui si tout se passe bien à bord pendant ce phénomène météo.

Vers des bateaux intelligents et autonomes…

Le concept du bateau 100 % connecté développé par Kara Technology est testé sur un voilier test de 46 pieds basé aux Sables d’Olonne. Ivain Bignonet : « Ce support sert de plateforme d’essai, pour montrer notre solution et nos compétences. Ce prototype de bateau connecté est aujourd’hui abouti et nous sommes en mesure d’équiper les unités de 10 mètres à 80 pieds (24 mètres), voiliers ou bateaux à moteur. Le prix moyen pour connecter l’intégralité de nos systèmes sera de l’ordre de 50 000 euros. Nous ciblons plutôt les bateaux neufs. »

Le bateau connecté n’est qu’une étape dans un processus qui vise à révolutionner les usages dans le monde de la plaisance. Bientôt viendra le « bateau intelligent » qui assistera encore davantage l’utilisateur. Le support sera par exemple en capacité de faire des propositions de routage, en intégrant les notions de maintenance, de gestion énergétique, de météo, de capacités des réservoirs…

L’aboutissement du projet sera le « bateau autonome », capable de prendre seul des décisions et d’agir automatiquement pour sortir et entrer au port, pour déterminer les trajectoires, pour gérer les voiles ou encore jeter l’ancre, et ce sans intervention humaine. Cela vous paraît de la science fiction ? Et bien sachez que le bateau autonome pourrait voir le jour dès 2020. « La voile est un loisir qui demande de nombreuses compétences », note Ivain Bignonet. « Proposer un bateau autonome pourrait rendre la plaisance accessible au plus grand nombre, dans un cadre très sécuritaire. Tous les ans, des gens prennent la mer dans des conditions difficiles, car ils n’ont pas pris conscience des dangers liés à la météo. Le voilier autonome pourra dire non, on ne sort pas aujourd’hui car c’est trop dangereux. Un système rationnel capable de prendre des décisions assure l’intégrité de l’équipage et du matériel. »

 

Le mot de la fin pour Armel Le Cléac’h, le skipper de Banque Populaire, féru d’innovation et emballé par cette nouveauté : « Nos bateaux de course, notamment Banque Populaire IX, sont des engins de haute technologie au niveau des matériaux, bien sûr, mais aussi dans l’informatique, la communication et l’électronique embarquée. Il y a à bord beaucoup de capteurs et d’éléments très importants pour la performance et la connaissance du bateau. Avec Kara Technology, j’ai pu découvrir des bateaux intégralement connectés. A l’avenir, on peut imaginer quelques parallèles avec notre monde de la course au large et pourquoi pas partager des projets. »

 

 

Le site internet de Kara Tachnology : http://kara.technology/fr/