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La Société Nationale de Sauvetage en Mer (S.N.S.M)

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La Société Nationale de Sauvetage en Mer (S.N.S.M)

Créée en 1967, la Société Nationale de Sauvetage en Mer (S.N.S.M) fête ses 50 ans cette année et bénéficie à cette occasion du label « Grande Cause Nationale 2017 », signe fort de reconnaissance de la part de l’État.

Elle est issue de la fusion de deux associations créées au milieu du 19ème siècle : la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés en 1865 et la Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons en 1873. La S.N.S.M, association loi 1901 reconnue d’utilité publique, a pour mission de sauver des vies en mer. Avec ses 7000 membres, pour la plupart des bénévoles, elle n’a cessé de développer et moderniser sa flotte depuis les années 90, et a également mis en place une direction de la formation il y a dix ans. Rencontre avec Xavier de la Gorce, son président.


La S.N.S.M qui vient d’avoir 50 ans est un organisme atypique. Si l’on devait la définir en une phrase, ce serait quoi ?

C’est le premier acteur en matière de sauvetage en mer, mission régalienne de « premier rang », qu’elle accomplit dans un cadre associatif avec le concours quasi exclusif de bénévoles. Cette situation originale est en quelque sorte la marque de la S.N.S.M. Elle est le fruit de l’histoire des sauveteurs en mer qui, depuis 150 ans ont su, grâce à la qualité de leur engagement, aux valeurs qui en font l’âme, gagner la confiance de l’État qui lui a confié cette mission noble par excellence. La S.N.S.M est prête à intervenir en mer sans délai, de jour comme de nuit, 365 jours par an sur alerte des CROSS (Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage) au profit de tout un chacun qui se trouve en difficulté voire en danger.

Je dis souvent que si l’on devait aujourd’hui créer de toute pièce une organisation du sauvetage en mer, on n’irait pas chercher le concours d’une association de droit privé animée par des bénévoles. On constituerait un corps de garde-côtes avec des agents en uniforme, remplissant très logiquement une mission régalienne comme la police, la gendarmerie, l’armée, les affaires maritimes, ou encore la douane. Et pourtant notre modèle associatif, aussi surprenant qu’il puisse paraître, fonctionne parfaitement.

SNSM - DR Teddy Perrin


Vous bénéficiez donc d’une grande confiance de la part de l’État ?

Absolument, et il est essentiel que cette confiance soit intacte, qu’il n’y ait pas le moindre doute sur notre engagement et nos compétences. Il en est ainsi depuis 150 ans à la grande satisfaction des CROSS et des Préfets maritimes. Ce pacte de confiance est illustré à chacune de nos interventions et est physiquement très palpable lors d’interventions combinées entre des moyens de l’État et ceux des sauveteurs en mer.


Cette spécificité honore les sauveteurs en mer. Mais ne génère-t-elle pas une certaine confusion ?

Notre appellation de Société Nationale, liée à un contexte historique, peut effectivement prêter à confusion, beaucoup pensent que nous sommes une administration ou une société comme la SNCF. C’est assez ambigu, en particulier lorsque nous faisons appel à la générosité du public. Sans le soutien des donateurs et mécènes il n’y aurait plus de S.N.S.M car 80 % de notre budget est d’origine privée.

En tant que président de la S.N.S.M, quelles sont aujourd’hui vos préoccupations ?

Le souci premier est celui de recruter, renouveler et fidéliser nos bénévoles en leur apportant tout ce qui constitue la réussite de l’alchimie très particulière de cet engagement : le sens et les valeurs de la mission, la reconnaissance, le goût de l’aventure, les moyens de fonctionnement, l’amitié.

Le deuxième est celui du maintien du niveau de compétence et donc de la formation des bénévoles qui prend un relief particulier compte tenu de la diversité croissante de leur recrutement. Ceci est vrai pour les sauveteurs embarqués mais également pour nos nageurs-sauveteurs déployés sur les plages durant la saison estivale. Ces  bénévoles, que nous mettons à disposition des mairies sur le littoral, sont des étudiants le plus souvent, remarquablement formés par rapport à l’exigence standard pour surveiller une plage… Il faut apprécier cette exigence au regard de leurs responsabilités.

La troisième est celle de la maintenance et du renouvellement de la flotte. C’est un sujet de préoccupation majeure.



Quelle est la part de vos interventions auprès des plaisanciers ?


80 % des personnes auxquelles nous portons secours sont des plaisanciers pratiquant des loisirs nautiques. Dans tous les cas nous nous efforçons aussi de les sensibiliser à la solidarité (l'assistance en mer à un bateau en détresse est une obligation qui incombe à tout capitaine croisant à proximité et découle d'une tradition ancestrale de solidarité des marins en mer. C’est la règle 33 de la Convention Solas ; ndlr) 

Sur 84 000 donateurs nous comptons 50 000 plaisanciers, alors que l’on en décompte en France 4 millions pour 650 000 bateaux actifs qui naviguent régulièrement. Nous avons également des mécènes fidèles et essentiels. Il nous faut susciter l’envie d’aider les sauveteurs ! Si chacun fait un effort responsable et solidaire (les dons sont défiscalisables à hauteur de 66 % ; ndlr), notre modèle de sauvetage en mer pourra regarder en confiance l’avenir. C’est le vœu que je forme avec insistance.

 

La S.N.S.M en 4 chiffres

1 400 nageurs sauveteurs

4 400 sauveteurs embarqués bénévoles

5 500 interventions

7 500 personnes environ secourues chaque année

Photos

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