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« La Voie du Pôle », trois aventuriers à travers les glaces de l’Arctique

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Banque Populaire @VoileBanquePop

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La voie du Pôle

Le « Coup de Cœur #PassionVoile », c'est quoi ? Chaque mois, la Banque de la Voile met à l'honneur une belle initiative en lien avec l'univers maritime. Elle vous fait découvrir des associations, des événements, des faits marquants ou des personnalités, en allant à la rencontre de celles et ceux qui partagent leur passion de la mer et de la voile.

Sébastien Roubinet est du genre déterminé. Depuis une dizaine d’années, et malgré deux tentatives avortées, il poursuit inlassablement un rêve : traverser à la voile l’océan Arctique, soit 1750 milles (3000 km) entre l'Alaska et le Spitzberg (Norvège). Extrême, audacieux, inédit, ce défi nécessite une forme physique irréprochable et surtout une force mentale hors du commun pour résister à la rudesse des éléments.

En juin 2018, il s’élancera pour la troisième fois avec deux nouveaux équipiers passionnés des mers polaires Éric André et Vincent Colliard, sur un prototype hybride catamaran/char à glace, capable d’évoluer aussi bien sur l’eau que sur la banquise.

Quand la passion rencontre l’audace
C’est d’abord sur les mers « chaudes » que Sébastien Roubinet a assouvi sa passion de la voile. « Entre 14 et 30 ans, je passais 300 jours sur l’eau chaque année. J’ai traversé l’Atlantique à 13 reprises, sillonné le Pacifique, participé à la Mini Transat en 2003, navigué sur les trimarans Orma de Bertrand de Broc et de Laurent Bourgnon », raconte-il. Une expédition sur la côte Est du Groenland, à bord du voilier Tara, a fait office de déclic. « J’avais 30 ans et je me suis pris de passion pour les zones polaires. J’ai alors entrepris différentes explorations dont, en 2007, le passage du Nord-Ouest à la voile pure. J’ai mis quatre mois à parcourir ce périple de 5000 milles, de l’Alaska au Groenland. » Depuis dix ans, Sébastien Roubinet travaille sur la « Voie du Pôle », un défi extrêmement audacieux puisqu’il s’agit de boucler la toute première traversée de l’océan Arctique à la voile, sur un parcours de 1750 milles entre le Cap Barrow, en Alaska, et le Spitzberg, en Norvège.

Chuter pour mieux se relever
Extrême, inédit, audacieux, hostile, l’Arctique se mérite et il s’agit d’ailleurs du dernier océan à ne pas avoir été traversé à la voile. Réussir à boucler du premier coup un tel périple est extrêmement difficile et Sébastien Roubinet en sait quelque chose. A deux reprises, accompagné à chaque fois d’un équipier, il a dû rebrousser chemin. « En 2011, la première traversée avait été interrompue par des problèmes techniques. En raison de soucis de batteries, nous n’avions plus de moyen de communication. Nous sommes rentrés par nos propres moyens en 21 jours », précise-t-il. « En 2013, pour la deuxième tentative, des conditions météo défavorables ont interrompu notre progression à mi-parcours. Nous n’avions plus assez d’autonomie et il a fallu demander assistance à un brise-glace russe, ce qui a été assez difficile à vivre en tant que marin. »
 

On s’expose à l’échec en partant sur des expéditions si difficiles », souligne-t-il. « Mais il me semble normal de ne pas baisser les bras. J’ai profité de ces échecs pour progresser et revenir plus fort avec un prototype plus abouti, une meilleure préparation et un équipage rôdé.

Sébastien Roubinet



Sébastien Roubinet ne cache pas qu’il a connu des moments de doute, des déceptions et qu’il a hésité à se relancer dans une troisième tentative, mais sa passion et sa ténacité lui ont permis de retrouver la motivation. « On s’expose à l’échec en partant sur des expéditions si difficiles », souligne-t-il. « Mais il me semble normal de ne pas baisser les bras. J’ai profité de ces échecs pour progresser et revenir plus fort avec un prototype plus abouti, une meilleure préparation et un équipage rôdé. »  
 

« Si le mental va bien, le physique suit… »
Pour optimiser sa préparation, Sébastien a passé un an et demi au Groenland, où il a notamment appris les techniques de chasse et de conservation, car augmenter l’autonomie alimentaire est un enjeu majeur dans ce défi. C’est en juin prochain qu’il devrait s’élancer pour sa troisième tentative de traversée de l’Arctique, pour une durée estimée à deux à trois mois. Il partira avec deux nouveaux équipiers, Éric André et Vincent Colliard, eux aussi passionnés des mers polaires et rompus aux rudes navigations dans le grand froid et l’humidité permanente. « Eric et Vincent sont marins et montagnards. Ils sont à l’aise dans cet environnement et ne craignent pas la solitude extrême. Ils sont très solides psychologiquement, ce qui essentiel car quand le mental va bien, le physique suit. Or, l’inverse n’est pas forcément vrai… Nous allons former une belle équipe », promet Sébastien Roubinet.  

Les trois explorateurs partiront sur un nouveau prototype hybride, mi catamaran, mi char-à-glace, doté de skis rétractables. Fort de ses expériences passées, Sébastien Roubinet a conçu un support léger (200 kg), performant et résistant. Long de 7 m, pour une largeur de 2,40 m, il peut aussi bien naviguer sur l’eau que sur la glace. D’après Sébastien, les tests réalisés ces derniers mois en mer Baltique se sont révélés probants et les trois aventuriers peuvent partir confiants.

Mesurer l’impact des activités humaines sur la banquise
La « Voie du Pôle », défi soutenu par la Banque Populaire Grand Ouest, est donc un défi sportif, technique et mental, auquel il faut ajouter un volet scientifique. Ces territoires, peu accessibles et en évolution permanente, sont principalement observés à distance par les satellites. Les mesures de terrain sont relativement rares en Arctique. Du fait de sa légèreté et de l’absence de propulsion mécanique, le support de Sébastien Roubinet constitue une plateforme d’observation intéressante.

Durant la traversée, différents relevés scientifiques seront effectués et les trois hommes mesureront l'épaisseur de la glace, ce qui permettra d’évaluer l'impact humain sur l’environnement Arctique. Ils analyseront aussi la Cryoconite, des particules fines transportées par le vent qui s’accumulent sur la surface de la banquise et sont en partie responsables de la fonte accélérée des glaces.

Enfin, l’expédition fera l’objet d’objet d’études comportementales en milieu polaire pour comprendre les réactions liées au stress et à la fatigue.
 

Pour en savoir plus : cliquez ici
 

Crédit photos : La Voie du Pôle

 

 

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