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Le métier d’Océanographe

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Banque Populaire @VoileBanquePop

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Le métier d’Océanographe

Le « Coup de Cœur #PassionVoile », c'est quoi ? Chaque mois, la Banque de La Voile met à l'honneur une belle initiative en lien avec l'univers maritime. Elle vous fait découvrir des associations, des événements, des faits marquants ou des personnalités, en allant à la rencontre de celles et ceux qui partagent leur passion du grand large.

Ce mois-ci, La Banque de la Voile vous présente le métier, tout aussi indispensable que passionnant, d’océanographe. Entretien avec Vincent Dufour.

En quoi consiste votre métier ?

« L’océanographie consiste en l'étude des océans et des mers de la planète Terre. En ce qui me concerne, je suis océanographe biologiste, car je voulais avant tout étudier la vie marine, la faune et la flore, tout l’environnement marin… Mais il y d’autres spécialités d’étude de l’élément qui recouvre 70% de notre planète : la chimie, la physique ou encore la géologie. »

Qu’est-ce qui vous a amené à faire ce métier, quel a été votre cursus ?

« J’ai un parcours assez particulier, j’ai un master d’océanologie et je suis depuis 30 ans dans l’océanographie.
Petit, j’adorais les animaux, la nature et j’étais passionné par la mer et des personnages comme le commandant Cousteau… Mais je vivais en Picardie, un peu loin de tout. Puis à 12 ans, mon père m’a offert des leçons de plongée en Méditerranée et ça a été la révélation. J’ai continué à plonger tout en m’orientant vers des études scientifiques au lycée puis j’ai poursuivi à l’université de sciences Pierre et Marie Curie à Paris. J’ai ensuite fait un stage à l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer (IFREMER), à Tahiti, en 1986. Cela m’a donné envie d’entreprendreune première expédition sur une île déserte, sans nourriture ni équipement, dans le but de tester les capacités humaines et analyser les conditions marines. Nous avons survécu 5 semaines, ce qui nous a valu de nombreuses retombées dans la presse et permis d’avoir un financement pendant un an pour continuer nos expéditions, nos découvertes d’îles perdues. Ces expériences m’ont donné l’opportunité de rencontrer des spécialistes du milieu marin et ainsi d’écrire ma thèse.

J’ai eu un premier poste de chercheur à Tahiti et j’ai continué à travailler entre la Polynésie et la France avant que les australiens me demandent de venir travailler sur la grande barrière de corail, une expérience magnifique. »

Quel a été votre évolution professionnelle ?

« J’ai développé des techniques innovantes permettant de mieux préserver le récif, et notamment une belle alternative à la pêche qui se veut assez destructrice. J’ai donc quitté mon poste de chercheur pour créer une « start-up » en lien avec la recherche sur les technologies marines, une société innovante en bio ressources marines et spécialisée dans les études et conseils sur les ressources marines et l'environnement.

Nous avons développé cette nouvelle technique qui consistait à prendre les larves de poissons dans le plancton. Nous sommes partis du constat que 90% du plancton, et donc des larves, est mangé par des prédateurs. Nous sauvions donc ces larves d’une mort quasi certaine, nous les élevions en Polynésie, pour enfin les vendre à différentes activités (aquarium, repeuplement) en Europe et aux Etats-Unis.

En 2005 j’ai vendu une partie de l’entreprise et je suis revenu faire des recherches en Méditerranée. Mon objectif était de découvrir où se trouvent les larves de poissons, les « nurseries ». Personne ne le savait. On a adapté les techniques utilisées en Polynésie pour découvrir, à la surprise générale, qu’elles étaient dans les ports de plaisance par exemple. En effet, les ports ont une fonction de nourricerie très importante qu’on ignore, d’où l’intérêt de militer encore plus en faveur de la qualité des eaux et d’empêcher les plaisanciers d’y rejeter leurs déchets.

En 2008 je me suis éloigné de la mer pour un poste de recherche pour le Languedoc Roussillon mais j’y suis revenu car c’est vraiment cela qui m’intéresse. Je travaille maintenant sur les innovations, au sens large, dans le domaine maritime. Je touche au nautisme, à la propulsion hybride ou électrique, aux foils… »

Comment voyez-vous votre métier dans le futur ?

« Ces métiers ont de l’avenir. L’univers maritime (incluant le nautisme, la plaisance etc.) est en plein développement, le trafic mondial de marchandises passe par la mer. Il va falloir innover pour avoir des bateaux qui polluent moins, la question du recyclage se pose également, beaucoup de choses à faire pour améliorer tout cela… »

Avez-vous déjà travaillé avec des marins de course au large ?

« J’ai croisé de nombreux marins à Tahiti et j’ai eu l’occasion de collaborer avec Kito de Pavant près de Montpellier sur des questions d’écologie marine. »

Quel regard portez-vous sur le milieu de la course au large ?

« Les navigateurs permettent aux spectateurs de voir de belles images de l’océan, et de véhiculer une part de rêve. Sur les longues courses, ils créent également du suspens via des story-telling*, les gens apprécient et sont tenus en haleine, ils sont impressionnés par cet environnement naturel aussi extrême. Et c’est nécessaire selon moi que la société se rappelle qu’elle est sur terre dans un environnement aussi hostile que magnifique…
Grâce à ces bateaux de course au large, on voit que la technologie et l’innovation sont présentes dans l’univers maritime… Et ça c’est important ! »

Pensez-vous qu’il y ait beaucoup de progrès possibles en termes d’écologie marine ?

« Les challenges aujourd’hui sont importants. Il y a énormément à faire, oui. On dépense des milliards pour faire des découvertes sur la planète Mars, pourtant très éloignée, mais cet argent pourrait être investi pour préserver nos océans…

Il faudrait que les professionnels de la mer (les grands marins, les océanographes) se réunissent pour engager des actions phares. Dire les choses ensemble haut et fort plutôt que chacun dans son coin. Il faudrait penser global mais commencer local. La France a une carte à jouer car elle est la deuxième puissance maritime mondiale.

Il y a, par exemple, la Surf Rider Fondation, c’est une super initiative de surfeurs qui ne supportaient plus de surfer dans les déchets. Il ne s’agit pas de multiplier les ONG mais d’essayer de faire cause commune. »

*histoires racontées

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