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1. Jeanne Gregoire

Skipper
Née le 7 septembre 1976
Axonaise (originaire de l'Aisne)
Réside à La Forêt Fouesnant (Finistère)

L’histoire de la navigatrice Jeanne Grégoire pourrait ressembler à celle de bien d’autres destins maritimes. Sauf qu’en vivant toute son enfance dans un petit village de l’Aisne et en passant le plus clair de son temps à dos de cheval, l’adolescente des années 90 n’avait pas franchement l’environnement ad hoc pour devenir skipper et coureur au large…

2. A la découverte de Jeanne Grégoire

Tous les marins ne voient pas le jour au bord de la mer ! Ainsi, c’est dans village de l’Aisne que Jeanne Grégoire a grandit. Loin des embruns, l’équitation est sa première passion et c’est en concours hippique que la jeune femme prend goût à la compétition.

2.1 Je vis dans l’Aisne et j’aime le cheval…

Jeanne a toujours été une compétitrice mais son premier truc a été l’équitation, les concours, les ballades avec sa jument, la nature. Son rêve d’adolescente : passer son Brevet d’Etat d’Equitation. Mais les études la rattrapent, après le bac en 1994, la jeune fille est inscrite sans conviction en classe préparatoire pour Science-Po. Avant d’attaquer le prestigieux cursus, Jeanne s’offre un petit bol d’air lors d’un stage de voile aux Glénans. L’appréhension sur l’eau est aussi forte que le coup de foudre est immédiat ! Entre deux cours, Jeanne enchaîne les stages, le plaisir est là, il ne la quittera jamais…

2.2 De Science-Po à l’Ecole Nationale de Voile, il n’y a qu’un pas…

« A ce moment là, je commence tout juste à savoir où est l’avant de l’arrière d’un bateau mais j’adore ! » Contre quatre semaines de bénévolat au centre, Jeanne gagne une semaine de formation. « J’allais à la cabine téléphonique une fois par semaine pour prévenir mes parents que je ne rentrerai pas à Paris. Ils ont assez vite compris que j’allais mettre mes études entre parenthèse.» Convaincue qu’il lui faut un diplôme pour vivre de sa nouvelle passion, elle passe le Brevet d’Etat et le Brevet Patron de Plaisance Voile à l’Ecole Nationale de Voile « avec très peu d’expériences mais c’était très scolaire donc je comprenais vite ». Après un an, elle sort de la formation avec la meilleure note sur l’eau, une navigatrice est née… Elle enchaine les petits boulots et les navigations entre la France et les Antilles, et rencontre Karen Leibovici qui prépare la Mini Transat, « elle n’avait pas de budget mais cherchait quelqu’un pour préparer le bateau. Je faisais plutôt de l’entretien et du soutien psychologique mais c’était formateur. »  Jeanne suit alors la course sur un bateau accompagnateur, c’est la révélation : « pourquoi pas moi ? ».

2.3 Pas si Mini que ça !

Jeanne Grégoire se lance sur le circuit Mini 6.50 fin 1999 et remporte sa toute première course : la Solo Concarneau en mai 2000. Là encore, la jeune navigatrice ne baisse jamais les bras, «  c’était laborieux ce premier départ de course, je voyais le comité mais pas la ligne ! Je ne savais pas comment cela se passait un départ et à trente seconde du top, on me lance qu’il serait temps d’envoyer le solent ! C’était vraiment l’inconnu… Je ne sais pas comment mais j’ai gagné, au feeling sûrement. »

Elle tient de son passé dans l’équitation, un attachement particulier pour sa nouvelle « monture » : son bateau. « J’ai toujours créé un échange avec mes bateaux. Il y a un rapport humain entre nous, je leur parle, je les connais par cœur ! C’est pour cela que ça marche… » 2001 marquera sa participation à la Mini Transat qu’elle termine 8ème et 1ère féminine sans vécu, sans expérience… Chapeau !

2.4 L’école du Figaro…

Et voilà que la demoiselle se met à rêver de Vendée Globe ! Il faut dire que c’est l’année de la 4ème édition du graal de la course au large et que la jeune Ellen Mac Arthur terminera 2ème derrière un certain Michel Desjoyeaux… « Pour avancer, il était temps que j’apprenne à naviguer pour de bon ! » Logiquement, Jeanne se tourne vers le circuit Figaro Bénéteau, commenceront alors les entraînements au Pôle Finistère Course au large, «une première claque mais j’étais déterminée à ne rien lâcher ». Dès 2004, Jeanne intègre le team Banque Populaire, c’est le début d’une belle aventure qui lui permettra au fil des années de s’épanouir, de progresser, d’évoluer. « Cela donne confiance d’être entourée de personnes qui croient en toi.

2.5 2010 ou le retour réussi !

Que ce soit dans sa vie professionnelle ou privée, Jeanne assume ses choix. En 2009, la navigatrice deviendra maman, et mettra son métier entre parenthèse avant de revenir en 2010 sur le devant de la scène. Avec les honneurs puisqu’elle termine l’une de ses plus belles saisons : 5ème du championnat de France de Course au large dont une magnifique 2ème place sur la Transat Ag2r La Mondiale avec Gérald Véniard, l’un des ses fidèles co-équipiers.

2.6 En cours de construction...

Que lui souhaiter de plus en 2012 ? «  Une victoire ! J’en ai terriblement envie et je sais qu’elle ferait plaisir à tout le monde. Pendant la trêve d’hiver, les entraînements me manquent. J’y vais parce que j’aime foncièrement ça ! Aujourd’hui, mon objectif est de gagner mais j’ai toujours eu ça dans un petit coin de ma tête. Jusque là, je n’arrivais pas à me l’avouer mais si je prends le départ d’une course, c’est pour me faire plaisir, pour gagner ! » La petite fille de l’Aisne qui a depuis déposé ses valises à Port La Forêt pourrait bien en surprendre plus d’un !