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Coupe de l'America : vitrine de l'excellence Française

Depuis 1851, la Coupe de l’America est un des trophées les plus prestigieux et convoités en voile. Elle est aussi devenue depuis quelques années un incontournable défi technologique, un véritable laboratoire de l’innovation, et reste le graal des architectes navals, des ingénieurs, et bien sûr des régatiers.

La « Cup » demeure aussi une édifiante vitrine internationale d’industries de pointe et un champ de batailles commerciales entre grandes puissances industrielles. Technologie de dernier cri, nouveaux matériaux toujours plus performants, informatique de calcul omniprésente, méthodologies empruntées aux industries aéronautiques et spatiales : tout ce savoir scientifique et technique converge au terme d’un long processus de recherche et de développement vers la régate proprement dite. Et dans ce domaine, la France est à la pointe, même si en 166 ans, elle n’est jamais parvenue à inscrire son nom sur le plus vieux trophée sportif du monde. Pourtant, les Français y ont toujours brillé à titre individuel, prouvant l’excellence du « made in France ». Cette 35ème édition en est le meilleur exemple.

Lorsqu’on se penche sur les CV de la pléthore de Français engagés dans la Coupe de l’America cette année, il est frappant de constater la similitude de leurs parcours. Ingénieurs et scientifiques issus des plus grandes écoles, architectes navals diplômés de la prestigieuse université de Southampton, techniciens et préparateurs ayant accompagné les plus grands coureurs océaniques de Michel Desjoyeaux à Armel Le Cléac’h, de Loïck Peyron à Franck Cammas, de Russell Coutts à Dean Barker, régatiers venus de la voile olympique, de la course océanique ou du match racing… Tous ont naturellement glissé vers la discipline où les moyens technologiques sont vertigineux. Aujourd’hui, pour viser la haute performance, les équipes multinationales n’hésitent plus à débaucher l’élite française.

Il semble loin le temps où le « Deed of gift » régissant les règles de la Coupe de l’America, imposait que le bateau, les voiles, le mât soient dessinés et confectionnés uniquement par des architectes, maître-voiliers, gréeurs ayant la nationalité du pays engagé. C’était évidemment la même chose pour les équipages menant ensuite les bateaux en course à quelques exceptions près. Depuis 1992 à San Diego, la règle a changé, à l’image de ce que l’on peut observer dans le foot, le basket, le handball ou le rugby, l’idée étant de prendre les meilleurs à leur poste 

Des Français très courtisés !

Depuis plus de vingt ans, les Français sont sollicités par les grandes nations, quelles que soient leurs spécialités. Avec l’arrivée des multicoques en 2010, la tendance s’est même accélérée, l’Hexagone restant, est de loin, la référence en la matière après plusieurs décennies à dominer la course au large, notamment en solitaire. À chaque édition de la Coupe, on rêve de regrouper au sein de l’équipe de France les plus talentueux marins, architectes, ingénieurs, techniciens… le réservoir étant quasiment infini. Il faut avouer que les « Frenchies » sont désormais parmi les plus recherchés à l’étranger, même si certains préfèrent défendre les couleurs de leur pays natal. Sans compter l’équipe du Team France autour de Franck Cammas, mais qui compte aussi de nombreuses nationalités, ce sont plus d’une trentaine de Français qui œuvrent en ce moment à Hamilton aux Bermudes, et ce dans les six syndicats.
 

Flickr



Deux filles parmi une armada de garçons…

Dans ce milieu de la Coupe de l’America ultra fermé, quelques femmes ont magnifiquement tiré leur épingle du jeu et font l’unanimité. C’est le cas d’Alix De Lamotte (cousine du skipper Tanguy de Lamotte) dessinatrice au sein de l’équipe architecturale d’Emirates Team New Zealand. Ingénieure en mécanique, architecte naval, elle a débuté chez Karver (jeune entreprise normande d’accastillage high-tech). Devenue incontournable au niveau international, elle a préparé des bateaux du Vendée Globe avant d’être repérée par les « Kiwis ».

Élise Bakhoum est responsable de l’aile de Groupama Team France. Après avoir collaboré avec les plus grands skippers préparant aussi le tour du monde en solitaire, cette spécialiste des gréements et du matelotage a en charge le « moteur » du bateau français. Éise veille sur cette aile comme le lait sur le feu, coordonne sa mise en œuvre, et doit faire en sorte que tous les systèmes hydrauliques et autres volets soient opérationnels quand l’équipage largue les amarres. Et lorsqu’on parle aile, on pense forcément aéronautique.

Ce n’est donc pas étonnant que Airbus ait dépêché plusieurs ingénieurs de haut vol, l’avionneur étant partenaire technique du defender américain. Depuis 1985 et French Kiss (Marc Pajot), l’avionneur français a toujours été aux côtés des défis français, détachant notamment à l’époque des ingénieurs travaillant sur le Rafale. C’est encore le cas cette année avec Groupama Team France qui bénéficie du support de Dassault Systèmes, éditeur de logiciels, et également de Bull Atos Technologies.


Des pépites chez le defender

Si l’en est deux que les Américains d’Oracle Team USA se félicitent d’avoir dans leurs rangs, ce sont bien Dimitri Despierres et Philippe Presti. Le premier est ingénieur en mécanique et structure composite. Spécialiste des ailes (il a conçu notamment celle de BMW Oracle en 2010 ; ndlr), il est considéré chez le defender comme irremplaçable et effectue sa 5ème campagne de Coupe de l’America. Le second, ancien double champion du monde de Finn, une série olympique, est le coach de l’équipage Américain. Bertrand Pacé, ingénieur de formation, seul Français champion du monde de match racing, et qui a donné la réplique durant de longues années à la barre dans les équipes américaines et néozélandaises, est « revenu au bercail ». Pour sa 7ème campagne de la Coupe de l’America, il est le coach des Français, et comme Franck Cammas, est réputé pour sa capacité d’analyse, et sa vision en matière de développement.

The « genius » !

C’est sans doute, pour la conception des bateaux que les Français sont les plus demandés. Guillaume Verdier et 6 de ses collaborateurs ont travaillé au sein du design team d’Emirates Team New Zealand, avec un contrat d’exclusivité. Déjà présent il y a 4 ans avec cette même équipe, il a été le premier à mettre en évidence l’importance du tip (extrémité ; ndlr) sur les foils. Depuis, tous les architectes et ingénieurs du monde se sont inspirés de ses découvertes.

Vincent Lauriot-Prévost possède le plus beau palmarès au monde en matière de multicoques océaniques depuis plus d’un quart de siècle. Les trimarans qu’il a dessinés (dont la flotte Banque Populaire, le plus grand trimaran de course océanique, le Maxi Banque Populaire V) détiennent toutes les victoires et tous les records sur l’Atlantique et autour du monde. Il est donc logique qu’après avoir travaillé pour les Américains de BMW Oracle, les Suédois d’Artemis Racing lui ont demandé de coordonner l’équipe de conception au début.

De plus, l’architecte de Vannes n’est pas en terre inconnue. Il a retrouvé des « pointures » avec qui il collabore depuis longtemps, tels que Michel Kermarec, l’un des ingénieurs hydrodynamicien les plus en vogue dans le monde de la Coupe de l’America depuis trente ans, ou Hervé Devaux, grand spécialiste des calculs de structure, et qui symbolise à lui seul le savoir-faire français. Et cette excellence « made in France » est aussi représentée chez les Suédois par un certain Loïck Peyron. Il se définit comme « électron libre, pilote d’essai et agitateur d’idées ». Son immense expérience de metteur au point et de défricheur fait l’unanimité. Benjamin Muyl, qui a notamment fait partie de l’équipe architecturale du Class C Groupama, double vainqueur de la Petite Coupe de l’America, a rejoint les Anglais de Land Rover BAR, tout comme Michel Marie, l’un des constructeurs de voiliers de course les plus réputés au monde. Cet orfèvre du composite installé en Nouvelle Zélande est chef de projet au sein de l’équipe Britannique.

De Renault Sport aux Class AC

On a souvent tendance à comparer les technologies de la Coupe de l’America avec celles de la Formule 1. Cela n’a jamais été aussi vrai que pour cette 35ème édition, où les catamarans de l’épreuve sont désormais truffés d’électronique. De fait, Dean Barker à la tête de SoftBank Team Japan, a embarqué avec lui Olivier Breton, ingénieur spécialisé en hydraulique ayant travaillé chez Renault Sport en Formule 1, et qui après China Team et Team New Zealand, effectue sa troisième campagne de Coupe de l’America. Enfin outre Multiplast, Carboman North Karver ou DCNS, symboles du rayonnement de l’industrie nautique au niveau international, et qui ont œuvré sur le bateau français, comment ne pas citer Franck Cammas, skipper de Groupama Team France. Depuis sa victoire dans la Volvo Ocean Race 2012-2013 et après un parcours exceptionnel, il incarne aux yeux des régatiers anglo-saxons le brio et l’excellence française.

 

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