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Le Tour de France à la voile fête sa 40ème édition

De l’Écume de Mer au Diam 24, du First 30 au Sélection, du Rush Royale au Farr 30, du JOD 35 au M34, le Tour de France à la Voile (TFV) fait non seulement partie du patrimoine de la course hexagonale, mais a été et reste l’une des plus belles écoles de course, ayant vu défiler des dizaines de milliers de jeunes régatiers amateurs et nombre de marins devenus depuis des « stars » de la course océanique.

Il possède une rare énergie, fourmille d’idées et ne recule devant rien. Nous sommes à la fin des années 1970, et la course au large est en plein essor avec le lancement de la première Route du Rhum en novembre 1978. Bernard Decré, Nantais d’origine, souhaite imaginer une course à « armes égales », avec des marins naviguant tous sur le même bateau. « Dieu, je lui rends grâce tous les jours. Il a créé le monde, mais il m'a laissé créer le Tour de France à la Voile » aime-t-il répéter à l’envie, lui qui partage deux passions : la mer et les avions.

Bernard Decré, décide de se rapprocher des plus grands chantiers pour leur commander vingt bateaux de série de 8 mètres. Il finit par convaincre Mallard à La Rochelle, seul constructeur à accepter sa requête avec son Écume de Mer, un bateau de croisière robuste simple, dessiné par Jean-Marie Finot et produit à plus de 1300 exemplaires.

Decré monte alors une société, s'associe avec un organisme de crédit, et acquiert une flotte de bateaux, qu'il entend proposer à des villes, associations ou départements. Le premier Tour de France à la Voile quitte Dunkerque le 1er juillet 1978 à destination de Menton, avec de multiples étapes le long du littoral. Lors du coup de canon de départ, une boîte de fusées s’enflamme et un incendie se produit sur le bateau du comité de course, contraignant l’équipe d’organisation à sauter à l’eau. Plus de peur que de mal, mais le TFV est lancé. Afin de passer de l’Atlantique à la Méditerranée, les bateaux sont démâtés et empruntent le canal du Midi pour une parenthèse à la fois bucolique et festive de plus de dix jours, avec bals musette, flonflons et majorettes.

Ce sera l’unique transit via les écluses, la flotte par la suite étant convoyée par la route. Les équipages - en majorité des étudiants - sont d’abord en vacances, et celui de Brest mené par Jean-Yves Le Hir surnommé « Bléo » et qui a pour but de former de jeunes régatiers locaux autour des côtes de France, se forge aussi une solide réputation lors des soirées à chaque arrivée. Mais c’est Marseille, mené par un gamin de 18 ans plein de talent du nom de François Pailloux qui s’impose au final. Bernard Decré a gagné son pari, et le concept séduit de plus en plus de villes.
 

Tour de France à la voile / J-M Liot

Cette fois à bord d’un nouveau voilier de 9 mètres plus adapté à la course - le Bénéteau First 30 -, un tout jeune équipage dunkerquois composé de Joe Seeten, Damien Savatier, Bertrand Pacé, Pascal Leys marque de son empreinte l’épreuve, et va le remporter trois fois de suite. Inspiré du Tour de France Cycliste, le leader au classement général en temps arbore un spinnaker jaune. Un classement amateur aux points et étudiant est alors mis en place. Les sponsors affluant et notamment le manufacturier de tabac Royale, Bernard Decré lance une série limitée baptisée « Rush Royale », un joli plan Ron Holland rouge construit par Jeanneau, et très affûté. Il va être suivi par le célèbre Sélection 37, voilier de course-croisière issu du one-tonner Diva, vainqueur de l’Admiral’s Cup 1983.

Le niveau est de plus en plus relevé, et outre les champions Eric Tabarly, Yves et Marc Pajot, des ministres comme Michel Rocard ou Roger Bambuck ravis de venir disputer quelques étapes, on voit arriver de jeunes marins du nom de Michel Desjoyeaux, Jimmy Pahun, Jacques Caraes ou Thomas Coville… qui ne sont encore guère connus, mais montrent rapidement leurs qualités de régatier. Bernard Decré est omniprésent, préventif et rassurant. Fin des années 80, il passe la main à Bruno Troublé, qui avec le JOD 35, un nouveau monotype spécialement dessiné pour l’épreuve par Daniel Andrieu, veut internationaliser le Tour de France. Fort de son carnet d’adresses dans la Coupe de l’America, Troublé fait venir les « stars » du match racing, Paul Cayard ou Chris Dickson.

Ces derniers remportent l’épreuve et donnent encore un peu plus de relief à cette compétition unique. Le parc d’assistance, ses nombreuses caravanes et son côté « kermesse» laissent la place à des équipes plus structurées et professionnelles qui dorment désormais à l’hôtel, et vont se coucher à l’arrivée des étapes plutôt que de filer en discothèque. Manfred Ramspacher, ancien de la Marine Nationale et qui reprend l’épreuve, décide de lancer le Farr 30, un monotype international de 30 pieds aussi performant que sportif. Les Néo-zélandais Russell Coutts ou Dean Barker, multiples vainqueurs de la Coupe de l’America viennent à leur tour goûter à cette course d’un mois alternant régates en baie et parcours au large au milieu des cailloux et courants, et ne se font pas prier pour dominer avec la complicité de Français pour la navigation.

Le TFV change à nouveau de main, racheté par la revue « Voile Magazine » qui lance alors un concours entre architectes et chantiers pour trouver un remplaçant au Farr 30, qui entre 1999 et 2010, a battu le record de longévité. Le lauréat - le M34 construit par Archambault – sort en pleine crise économique et ne séduit ni les coureurs ni les sponsors. Bertrand Pacé remporte, avec le quintuple médaillé olympique brésilien Torben Grael, son huitième Tour (il a gagné son premier à 18 ans !), face à seulement XX concurrents.

On est bien loin des 40 monotypes engagés en 1988, année record pour le TFV. ASO, qui organise notamment le Tour de France Cycliste, acquiert l’épreuve. Finies les étapes de nuit le long des côtes au rappel sous les embruns, finis les monocoques lourds et lents et les classements au temps, Jean-Baptiste Durier son jeune directeur, décide de tout métamorphoser. Le Diam 24, petit multicoque démontable et transportable de 7,25 mètres fait son apparition et rapidement sensation.

Les courses au bord de la plage sont désormais courtes mais intenses et retransmises en direct. Les étapes de liaison s’effectuent par la route, les compteurs sont remis à zéro lors de chaque parcours en « stade nautique », et le public est aux premières loges. Les jeunes issus de la voile légère et du catamaran de sport se révèlent sur ce trimaran mené à trois équipiers, et dont le budget de fonctionnement a beaucoup baissé par rapport à l’époque « monocoque ». Le TFV n’est plus l’école de course au large ayant vu passer quelques 32 000 marins selon Bernard Decré, mais une nouvelle épreuve plus en rapport avec son temps. Les trente et un concurrents inscrits cette année pour cette 40ème édition entre Dunkerque et Nice, confirment que le pari est gagné.

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