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Le Trophée Jules Verne en trois chapitres

Imaginé dans les années 80, créé en 1990, le Trophée Jules Verne a été, depuis, l’objet d’une ardente convoitise, puisque 26 tentatives ont eu lieu mais seulement 8 couronnées de succès, la dernière victorieuse en 2012. Retour en trois chapitres sur cette passionnante histoire maritime… 

 

Acte I : Une naissance mouvementée

 

Le Trophée Jules Verne doit sa création à l’écrivain français, qui publie en 1872 Le Tour du monde en quatre-vingts jours, roman d’aventures contant le pari que se lance l’Anglais Phileas Fogg de parcourir la planète en moins de quatre-vingts jours grâce aux nouveaux moyens de transports nés de la Révolution industrielle. Pari réussi qui, un bon siècle plus tard, inspire un navigateur français, Yves Le Cornec, décidé à son tour à relever le challenge, mais cette fois sur un bateau à voile et en passant par les trois caps : Bonne-Espérance, Leeuwin et Horn. Le 13 août 1990 est ainsi créé le Trophée Jules Verne en présence d’Yvon Fauconnier, Florence Arthaud, Titouan Lamazou, les frères Loïck et Bruno Peyron, leur oncle Jean-Yves Terlain, le Britannique Robin Knox-Johnston et le Néo-Zélandais Peter Blake.

Deux ans plus tard, sous les ors du Yacht Club de France, sont présentées officiellement cette nouvelle épreuve et ses règles, parmi lesquelles l’obligation de partir sur des bateaux neufs d’au moins 30 mètres et de respecter un délai de trois ans avant la première tentative… Mais Olivier de Kersauson passe outre et annonce son intention de s’élancer début 1993 sur Charal, son ancien trimaran Poulain, avec lequel il a battu le record du tour du monde en solitaire en 1989. Du coup, Peter Blake sur Enza (l’ancien Formule Tag) et Bruno Peyron sur Commodore Explorer (ex-Jet Services V construit en 1987 pour Daniel Gilard et rallongé de 23 à 26 mètres), décident à leur tour de monter un projet à la va-vite, les trois bateaux franchissant les uns après les autres la ligne entre Ouessant et le Cap Lizard en janvier 1993. L’aventure tourne court en entrée d’Océan Indien pour Charal (avarie de flotteur) puis dix jours plus tard pour Enza, coque centrale fissurée. La voie est libre pour Bruno Peyron et ses cinq hommes d’équipage (Olivier Despaignes, Marck Vallin, Jack Vincent et Cam Lewis) qui, après un passage de Cap Horn dantesque et au bout de 79 jours, 6 heures, 15 minutes et 56 secondes, parviennent à « détrôner » Phileas Fogg le 20 avril 1993 et à s’emparer du déjà très convoité Trophée Jules Verne, dès leur première tentative, exploit inégalé à ce jour ! « A l’époque, les bateaux n’étaient pas conçus pour ça, nous étions partis en reconnaissance comme si nous partions sur la Lune », racontera plus tard le skipper de Commodore-Explorer à propos de ce tour du monde initiatique…
 

 

Acte II : Le duel Bruno Peyron - Olivier de Kersauson

Nous avons eu des vies assez similaires : un jour riches, un jour pauvres, toujours à la pointe du combat.

Olivier de Kersauson, navigateur

Le premier aura effectué neuf tentatives dont deux réussies, le second a soulevé trois fois le Trophée (le record à ce jour) pour autant d’essais infructueux : Olivier de Kersauson et Bruno Peyron ont marqué de leur empreinte l’histoire du Trophée Jules Verne entre 1993, date de leur premier départ, à 2005, année du dernier record battu par Bruno Peyron. Deux hommes aux caractères bien trempés mais très différents : à Bruno Peyron, « marin solitaire, type assez timide qui a du mal à vivre en société » décrit par l’architecte Gilles Ollier dans Libération en 2002, s’oppose le médiatique Olivier de Kersauson, star des « Grosses Têtes » et régulièrement dans le « Top 5 » des personnalités préférées des Français. Leurs styles de navigation diffèrent également : là où le Bruno Peyron fait figure de skipper à la gestion humaine ferme mais souple, Olivier de Kersauson dit « L’Amiral » joue sur un registre tempétueux et provocateur, n’hésitant jamais à houspiller ses hommes d’équipage. « Nous avons eu des vies assez similaires : un jour riches, un jour pauvres, toujours à la pointe du combat, expliquera « Kersau » dans Le Livre d’Or de la Voile 2004. D’un point de vue maritime, Peyron est très respectueux, c’est quelqu’un d’extraordinaire, de tenace et d’inspiré. Humainement… » Pas amis pour un sou, mais unis dans une même quête, celle d’être les plus rapides autour de la planète. Bruno Peyron remportera la première manche en 1993, Olivier de Kersauson mettra quatre ans à s’emparer de ce Jules Verne devenu obsessionnel et tombé en 1994 dans l’escarcelle de deux légendes anglo-saxonnes, le Néo-Zélandais Peter Blake et le Britannique Robin Knox-Johnston (74 jours, 22 heures, 17 minutes et 22 secondes). Le Graal se refusera trois fois à « ODK », en 1994 (tour du monde bouclé en 77 jours, un temps supérieur à celui d’Enza), 1995 (mauvaise fenêtre météo puis collision avec une bille de bois), et début 1997 (demi-tour pour retard trop important). La seconde tentative de cette année 97, lancée le 8 mars, sera finalement la bonne pour les sept équipiers de Sport-Elec qui s’empareront du Jules Verne le 19 mai après 71 jours, 14 heures, 22 minutes et 8 secondes. 1-1 balle au centre.

Cinq ans plus tard, les deux hommes se retrouvent en confrontation directe sur deux bateaux de dernière génération, le trimaran Geronimo (33,80m) pour Kersauson et le catamaran Orange (33,50m) pour Peyron, construit en 1999 pour The Race, première course autour du monde sans escale en multicoque. Ce dernier, après un premier faux départ (tête de mât cassée), s’élance, à la barre d’Orange, avec douze équipiers le 2 mars 2002, soit le lendemain de l’abandon de… Geronimo au large du Brésil. Plus véloce que les multicoques de générations précédentes, Orange franchit le Cap Horn avec 5 jours d’avance sur le temps de passage de Sport-Elec, mais une fissure sur la rotule de mât oblige Bruno Peyron à lever le pied et à rallonger la route en fin de parcours. Le 5 mai 2002, après 64 jours, 8 heures, 37 minutes et 24 secondes, Bruno Peyron reprend l’avantage sur Olivier de Kersauson qui repart un an plus tard, en 2003 ! En avance jusqu’au Cap Horn, Geronimo affronte une terrible remontée de l’Atlantique qui lui fait perdre tout son pécule et achève son troisième tour après… 68 jours de mer. Nouvel épisode du duel un an plus tard avec cette fois un nouveau géant des mers pour Bruno Peyron, Orange II, impressionnant catamaran de 36,80 mètres dessiné par Gilles Ollier, qui abandonne prématurément au Cap Vert. Geronimo, parti le 25 février 2004, affronte quant à lui « vingt jours meurtriers » dans le Sud, mais s’empare enfin du Jules Verne le 29 avril 2004, après 63 jours, 13 heures, 59 minutes et 46 secondes.

 

Arrivée du Maxi Banque Populaire V a Brest  Trophee Jules Verne - BPCE

Acte III : La nouvelle ère

 

Avec la construction d’Orange II, un nouveau monstre des mers, Bruno Peyron annonçait clairement la couleur : pour aller plus haut, il fallait faire plus grand. « J’étais convaincu que dès qu’on serait capables de lancer la nouvelle génération de bateaux spécifiquement conçus pour ces grands parcours, on allait rentrer dans un nouvel univers », dira-t-il plus tard. La génération de The Race et Geronimo a montré la voie, Orange II franchit un cap supplémentaire vers le gigantisme et donne raison à son skipper qui, avec treize hommes d’équipage, pulvérise le 24 janvier 2005 le temps de Kersauson mais aussi le record de Fossett en bouclant son tour du monde en 50 jours, 16 heures, 20 minutes et 4 secondes. « Avec un Atlantique Nord juste correct, on aurait facilement fait 47 jours », commentera l’aîné des frères Peyron. Il faudra attendre cinq ans pour voir ce record et la barre des 50 jours tomber, franchie par un trimaran plus « sage », mais plus polyvalent, Groupama 3, plan Van Peteghem-Lauriot-Prévost, qui aura auparavant essuyé deux échecs, dont un chavirage au sud de la Nouvelle-Zélande. En 48 jours, 7 heures, 44 minutes et 52 secondes, grâce à une dernière portion express entre l’équateur et Ouessant, Franck Cammas et ses neuf équipiers mettent tout le monde d’accord mais savent pertinemment que leur record ne tient déjà qu’à un fil…

Banque Populaire V établit un nouveau temps de référence le 6 janvier 2012 en 45 jours, 13 heures, 42 minutes et 53 secondes.

 



Car un peu moins de deux ans plus tôt, a été mis à l’eau un nouveau monstre des mers, Banque Populaire V, plus grand multicoque de course jamais construit (40m de coque centrale), lui aussi sorti de l’imagination du cabinet VPLP. Avec Pascal Bidégorry à sa barre, ce géant des mers a déjà fait ses preuves, avalant les records à grandes goulées (Atlantique Nord, 24 Heures, Méditerranée), mais a buté à deux reprises sur le Jules Verne, début (pas de départ) et fin 2010 (casse de dérive). Loïck Peyron prend la succession du marin basque en juin 2011 et s’élance le 22 novembre avec treize équipiers à ses côtés. Cette fois, le scénario se déroule comme dans un rêve, Banque Populaire V faisant tomber quasiment tous les records sur sa route triomphale avant d’établir un nouveau temps de référence le 6 janvier 2012 en 45 jours, 13 heures, 42 minutes et 53 secondes, à 26,51 nœuds de moyenne. Interrogé à l’arrivée sur la possibilité pour les bateaux existants de faire mieux, le deuxième Peyron à détenir le Jules Verne déclare : « Banque Populaire V a un potentiel un peu supérieur à Groupama 3, mais les deux peuvent battre ce record. »

Mais le 26 janvier à 8h49, le maxi-trimaran rouge et gris d'IDEC Sport s’est adjugé le Trophée Jules Verne après 40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes passés en mer.

 

Crédits photos : 

B. Stichlebault/BPCE

Jacques Vapillon

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