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Les bateaux à foils en plein décollage

S’affranchir du principe d’Archimède, ne plus flotter sur l’eau mais voler : le rêve est ancien, il est même centenaire… Si le premier « vol » d’une maquette de bateau (1,50 m) a eu lieu en 1913, c’est tout juste un siècle plus tard que la 34e America’s Cup a donné un grand coup de fouet au concept en mettant sur le devant de la scène nautique mondiale d’impressionnants catamarans à foils, les AC72. Aujourd’hui, il n’y a pas que les machines de la Coupe ou certains IMOCA du Vendée Globe qui sont équipés de foils, loin de là. Grâce à une récente démocratisation, les bateaux volants ne sont plus réservés aux seuls professionnels de la navigation.

Voler sur l’eau : 100 ans d’un rêve          
                             

Nous sommes en 1913, à Beinn Bhreagh (comté de Victoria, en Nouvelle-Ecosse). Alexander Graham Bell, l’inventeur du téléphone, et son associé Casey Baldwin mènent des travaux inédits. A force de travail et de persévérance, ils parviennent à faire décoller au-dessus de l’eau un modèle réduit de catamaran de 1,50 m de long et équipé d’hydrofoils, mu par la seule force du vent !

Le vol de cette maquette de foiler, qui porte le nom de Nancy, ouvre la voie à d’innombrables essais et innovations plus ou moins concluants portés par des « fous volants ». Parmi eux, des pionniers français comme Roland Tiercelin et Claude Tisserand qui conçoivent des bateaux dont les coques déjaugent grâce à une poussée verticale développée par des foils. Puis c’est au tour d’un certain Eric Tabarly, le plus célèbre des marins français, de s’intéresser au vol. En 1976, il teste un prototype expérimental à partir d'une coque de Tornado de 6 m de long. Fort de son aura médiatique, Eric Tabarly fait connaître en France le concept de l’hydrofoil à voile.

Ce projet contribue au développement des foilers hauturiers. En 1979, Tabarly fait construire le trimaran Paul Ricard doté d’un plan porteur. Du fait de son poids, ce bateau en aluminium ne décolle pas à proprement parler mais il démontre néanmoins des performances intéressantes. A son bord, le marin de légende Tabarly bat ainsi le record de l’Atlantique (en 10 jours et 5 heures). C’est à la même période que naît l’idée de l'Hydroptère. Mais le rêve se concrétise le 1er octobre 1994, quand son équipage fait voler le prototype pour la première fois. En 2009, l'Hydroptère dépasse la barre mythique des 50 nœuds sur 500 mètres.

La 34e America’s Cup : le tournant

On le voit, le concept des foils n’est pas nouveau et les grands multicoques de course au large disposent depuis de nombreuses années d’appendices leur permettant de réduire sensiblement la surface mouillée et donc de gagner en vitesse. Mais la 34e America’s Cup, organisée en 2013, a donné un sérieux coup d’accélérateur au phénomène. Ce sont les Néo-Zélandais de l’équipe Emirates Team New Zealand qui sont parvenus les premiers à faire voler leur AC72 (des catamarans de 72 pieds, soit 22 mètres).

Les autres teams leur ont emboîté le pas. Il n’y avait plus le choix : pour remporter la Coupe de l’America, il fallait voler. S’en est suivi un duel épique entre les Néo-Zélandais et les Américains d’Oracle Team USA qui ont réalisé l’un des plus beaux come-back de l’histoire du sport. Menés 8-1, les Américains ont remporté 8 manches de suite et se sont imposés 9-8 face aux Kiwis. Ce scénario incroyable, couplé aux images ultra spectaculaires de ces multicoques volants juchées sur leurs appendices porteurs, ont fait rêver tous les passionnés de voile, et les autres... De quoi créer des vocations et donner envie au plus grand nombre de voler sur l’eau.



Les amateurs (éclairés) peuvent désormais ressentir le frisson du vol

Conscients du potentiel d’un nouveau marché, des constructeurs s’engouffrent dans le créneau et proposent des produits plus accessibles financièrement et techniquement, pour que de nombreux amateurs – certes éclairés – puissent goûter aux joies de la navigation en foiler et découvrir de nouvelles sensations…

De fait, ces supports volants ne sont plus aujourd’hui réservés aux marins les plus aguerris. On observe depuis quelques années une significative démocratisation des foils qui touchent désormais un public plus large. Les supports à foils se multiplient, à commencer par des catamarans de sport : Flying Phantom, Nacra F20 Carbon FCS, Whisper, Easy to Fly – entre autres. Il faut bien entendu des bases de voile pour maîtriser ces machines.

Mais des personnes qui ont un bon niveau en catamaran peuvent se lancer sans problème, à condition de porter des protections, à commencer par l’indispensable casque. Les différents modèles de catamarans à foils volent à partir de 7-8 nœuds de vent et atteignent des vitesses spectaculaires. Reste que voler a un prix et les supports à foils, bien que beaucoup plus accessibles qu’avant, demeurent plus coûteux que les catamarans « classiques »…



ULTIM, IMOCA, Figaro, Mini 6.50 : les monocoques de course volent !

Les grands multicoques océaniques modernes, et en particulier ceux appartenant au Collectif « Ultim » (comme le futur Maxi Solo Banque Populaire IX d’Armel Le Cléac’h), optent clairement pour des choix architecturaux favorisant le vol. Cela est aussi bien valable dans les formes des flotteurs et de la coque centrale qu’en termes d’appendices porteurs.

Mais la tendance touche également les monocoques, y compris le Laser qui peut décoller grâce à un kit spécifique. Le concept permet de découvrir de nouvelles sensations sans effectuer la moindre modification ou adaptation sur la coque du Laser. Le Moth à foil est également bien connu de nombreux professionnels de la régate et de la course au large qui en ont fait leur support de prédilection pour apprendre ou perfectionner le vol.

Ce petit dériveur ultra léger au design radical reste relativement accessible techniquement tout nécessitant une logistique limitée. Il séduit donc aussi de nombreux amateurs.

Des monocoques bien plus grands se sont convertis aux foils. Tous ceux qui ont suivi le dernier Vendée Globe le savent : sept IMOCA de l’édition 2016-2017 étaient équipés d’appendices porteurs, et quatre foilers se sont emparés des quatre premières places, emmenés bien sûr par Armel Le Cléac’h et son Banque Populaire VIII.

Les Mini 6.50 explorent également tout le potentiel des foils. Véritables laboratoires de la course au large, ces petits monocoques de seulement 6,50 m de long, trois fois moins long que les IMOCA, permettent de tester les innovations. Alors que les foils des IMOCA ne font que soulager la carène, les appendices installés par SEAir sur son Mini 6.50 le font littéralement voler. Désormais, un monocoque de course au large peut donc décoller…

A noter enfin que le circuit Figaro se met également aux foils. Imaginé par le cabinet ’architectes VPLP (Van Peteghem – Lauriot-Prévost), le futur  Figaro Bénéteau 3 sera équipé d’appendices porteurs et ils seront utilisés dès l’édition 2019 de la Solitaire. Il s’agit du premier monocoque monotype à foils de série jamais imaginé. On n’arrête pas le progrès !

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Une première course en Méditerranée pour le futur Maxi Banque Populaire IX !

Alors que le Team Banque Populaire s’apprête à mettre à l’eau le Maxi Solo Banque Populaire IX en octobre prochain, la première course officielle du trimaran de la Banque de la Voile est désormais connue. Il s’agira d’un événement nautique majeur baptisé « La Nice UltiMed », qui aura lieu du 28 avril au 6 mai 2018. Ainsi, la ville de Nice donne d’ores et déjà rendez-vous aux trimarans géants du Collectif Ultim’ pour un affrontement au sommet sur les eaux méditerranéennes. [...]

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