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Les records en solitaire

Alain Colas, Olivier de Kersauson, Laurent Bourgnon, Philippe Monnet, Jean-Luc Van den Heede, Francis Joyon, Thomas Coville, Armel Le Cléac’h… autant de marins français qui, depuis le début des années 1970, se sont mis en quête de records en solitaire à bord de machines de plus en plus perfectionnées, sur l’Atlantique, la Méditerranée ou autour du monde…

Les défricheurs

Avant le début du troisième millénaire, les records en solitaire ont longtemps été l’apanage de quelques francs-tireurs, attirés par le côté extrême de la tâche ou plus simplement conscients de posséder la machine idoine pour établir de nouveaux chronos de référence. Dans la première catégorie, on trouve notamment Alain Colas, Philippe Monnet et Olivier de Kersauson, les trois premiers à avoir détenu le record du tour du monde en solitaire. Sur Manureva (« L’oiseau du voyage » en tahitien), l’ancien Pen Duick IV racheté à son mentor Eric Tabarly et optimisé en vue du tour du monde, Alain Colas, vainqueur un an plus tôt de la Transat anglaise et nouvelle star de la voile française, s’élance le 8 septembre 1973 de Saint-Malo et, après une longue escale à Sydney, boucle sa circumnavigation 169 jours plus tard, premier navigateur à réussir l’exploit d’affronter les mers du Sud en multicoque, le meilleur temps à l’époque étant détenu par Sir Francis Chichester sur son ketch Gipsy Moth IV (226 jours). A sa mère venue l’accueillir à Saint-Malo, il confie : « Il était temps que ça se termine… » Il faudra attendre treize ans pour voir ce premier chrono de référence battu, le 19 avril 1987, en 129 jours, 19 heures et 17 minutes (avec deux escales techniques à la clé) par Philippe Monnet sur Kriter Brut de Brut, trimaran conçu par Xavier Joubert en 1981 pour Olivier de Kersauson. Un an et demi plus tard, à bord d’Un autre regard (ex-Poulain), trimaran de 23 mètres, Olivier de Kersauson, parti le 28 décembre 1988, s’élance à son tour et, malgré deux arrêts au Cap puis à Mar del Plata (Argentine), parvient à s’emparer du record le 3 mai 1989 après 125 jours, 19 heures et 32 minutes.

 

Dans la catégorie encore plus extrême, rares sont les marins à s’être attaqués au record du tour du monde à l’envers, contre vents et courants dominants. L’exercice, jamais tenté en multicoque, a été inauguré en monocoque, en 1970-1971 par le Britannique Chay Blyth, déjà rendu célèbre par une traversée de l’Atlantique à la rame, qui met 292 jours à tourner autour du monde dans le « mauvais sens » sur un ketch de 59 pieds, British Steel. Au début des années 90, l’intéressé crée une course autour du monde en équipage, toujours d’est en ouest, remportée par un certain Mike Golding qui, deux ans plus tard, décide de partir cette fois en solitaire, avec succès, puisqu’il améliore de… 131 jours le chrono de son illustre compatriote (161 jours, 16 heures, 32 minutes et 24 secondes) en 1994. Ce record tiendra six ans, le temps pour le « Rambo des mers », Philippe Monnet, sur Uunet, l’ancien Fleury-Michon de Philippe Poupon, de le porter à 151 jours, 19 heures et 54 minutes le 9 juin 2000, non sans avoir affronté des conditions parfois dantesques qu’il racontera dans un passionnant récit au titre évocateur, J’ai entraperçu les moustaches du diable. Un « tour du monde bizarre, plus long et plus difficile que prévu » qui ne rebutera pour autant pas son successeur et actuel détenteur du record, Jean-Luc Van den Heede, parvenu, après deux tentatives avortées pour cause d’avarie, à porter le chrono à 122 jours 14 heures 3 minutes et 49 secondes entre le 7 novembre 2003 et 9 mars 2004 sur le robuste Adrien, monocoque en aluminium de 25,70m et 30 tonnes. Depuis, seule la Britannique Dee Caffari s’y est risqué, première femme à boucler ce tour du monde en 2006 (178 jours).

Si les records en solitaire sont à la fin du vingtième siècle plus souvent à ranger dans la catégorie aventures de l’extrême, certains, plus courts, ont donné lieu à des tentatives isolées, principalement de la part d’un homme, Laurent Bourgnon, qui, sur son trimaran Primagaz (RMO au début), a établi en 1994 deux chronos qui feront référence une grosse dizaine d’années : ceux de la traversée de l’Atlantique (7 jours, 2 heures, 34 minutes et 42 secondes) et de la distance parcourue en 24 heures (540 milles, à 22,5 nœuds de moyenne). Auparavant, le record de l’Atlantique Nord avait été détenu par Bruno Peyron (Explorer) en 1987 (11 jours 11h46’36), Florence Arthaud (Pierre 1er) en 1990 (9 jours 21h42) et encore Bruno Peyron (Explorer) en 1992 (9 jours 19h22 en 1992).

" Le bonheur, c’est de pouvoir faire ce que l’on veut quand on veut. "

Francis Joyon, navigateur

Le duel Joyon/Coville

Le monde des records était taillé pour lui ! Marin iconoclaste, se sentant à l’étroit dans un circuit Orma qu’il juge à l’époque « trop aseptisé », Francis Joyon décide au début des années 2000, après sa victoire sur la Transat anglaise, de se lancer à la conquête des grands records océaniques. « Le bonheur, c’est de pouvoir faire ce que l’on veut quand on veut », martèle le Normand de naissance qui, en 2003, rachète l’ancien Poulain devenu plus tard Sport-Elec et le reconfigure pour s’attaquer au record du tour du monde d’Olivier de Kersauson, sous les couleurs d’IDEC. Parti le 21 novembre 2003 avec 90 jours de vivres, le « Roc de Locmariaquer » boucle la boucle le 3 février 2004, en 72 jours, 22 heures 54 minutes et 22 secondes. « J’y pensais depuis dix ans, commente-t-il à l’arrivée. C’est le challenge total, un projet extraordinaire, qui venait au bon moment compte tenu de mon expérience et de ma connaissance de la mer. Je suis heureux de l’avoir mené à bien. »

L’aventure, largement relayée, suscite l’admiration de tous et surtout des vocations. Celle d’Ellen MacArthur qui, un an plus tard, s’empare du record d’une grosse journée (71j 14h 18’33) sur Castorama, trimaran de 75 pieds, mais également de Thomas Coville qui, à son tour, décide de se lancer dans l’aventure des records en solo. Débute alors un duel à distance avec Francis Joyon qui durera dix ans : les deux hommes commandent en même temps et aux mêmes architectes, Nigel Irens et Benoît Cabaret, un trimaran de solitaire. IDEC est mis à l’eau le 19 juin 2007 à Lorient, Sodebo le 21 juin à Sydney. Cinq mois plus tard, le premier s’élance autour du monde et son skipper, Francis Joyon, parvient à abaisser de deux semaines le record d’Ellen MacArthur, revenant à Brest le dimanche 20 janvier après 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes. Thomas Coville, parti le 17 décembre, abandonne deux semaines avant l’arrivée de Joyon, mais se console en lui prenant le record des 24 heures (619,3 milles contre 613,5).


Dès lors, si Coville échoue à trois autres reprises autour du monde, les deux hommes ne cessent de se chiper des records : le 9 juillet 2008, Sodebo devient le nouveau détenteur de celui de l’Atlantique Nord (5j 19h 29’20), que Joyon possédait depuis le 1er juillet 2005 (6j 4h 01’37) sur son ancien IDEC qui terminera sa traversée, fracassé sur les rochers de Penmarch, le skipper, exténué, s’étant endormi. Il faudra cinq ans à ce dernier pour récupérer son bien, avec un chrono express de 5 jours, 2 heures, 56 minutes et 10 secondes le 11 juin 2013.
Le duel se décline aussi dans l’autre sens, à savoir sur la Route de la Découverte (3884 milles entre Cadix, en Espagne, et San Salvador, aux Bahamas), dont le record passe de Joyon (11j 3h 18’20 en novembre 2004) à Coville (10j 11h 50’46 sur le trimaran Orma le 28 juin 2005) à… Joyon (9j 20h 32’23 le 28 octobre 2008 puis 8j 16h 07’05 le 7 février 2013).           
Enfin, le record des 24 heures change également de mains : Thomas Coville le porte à 628,5 milles le 31 décembre 2008 (26,2 nœuds), mais Francis Joyon réplique le 7 juillet 2012 (666,2 milles, à 27,75 nœuds).

Les nouveaux conquérants…

La victoire de Groupama 3 sur la Route du Rhum 2010 devant Sodebo et IDEC change la donne : Thomas Coville et Francis Joyon comprennent que leurs plans Irens-Cabaret sont désormais dépassés par une nouvelle concurrence, en l’occurrence celle d’un trimaran à l’origine conçu pour dix hommes d’équipage mais que Franck Cammas a réussi à brillamment mener en solitaire.
Quand Cammas passe à la Volvo Ocean Race, son plan VPLP est racheté par Banque Populaire en vue de la Route du Rhum 2014. Avant cela, le skipper Armel Le Cléac’h a le temps de se faire la main, en s’attaquant notamment à une série de records en solitaire. Le premier à tomber est celui de la traversée de la Méditerranée, propriété de Thomas Coville depuis le 12 septembre 2012 (25h 38’36), que le nouvellement baptisé Maxi Solo Banque Populaire VII porte, le 1er octobre 2013, à 18 heures, 58 minutes et 13 secondes, entre Marseille et Carthage (455 milles).


Dans la foulée, le skipper de La Banque de la Voile s’empare du record de la Route de la Découverte le 23 janvier 2014, en 6 jours, 23 heures, 42 minutes et 18 secondes, devenant le premier à passer sous la semaine (chrono de référence battu de presque deux jours !), avant d’améliorer, trois jours plus tard, celui des 24 heures (682,85 milles, à 28,45 nœuds de moyenne). Fort de ces résultats et du succès de Loïck Peyron sur la Route du Rhum 2014, Banque Populaire décide dès lors de mettre en chantier un nouveau trimaran Ultime dédié à la navigation en solo pour Armel Le Cléac’h, tout comme Macif pour François Gabart (mis à l’eau le 18 août 2015), Groupe Edmond de Rothschild pour Sébastien Josse, tandis que Thomas Coville jette son dévolu sur l’ancien Geronimo, totalement transformé… Autant de marins déterminés à relancer une course aux records en solitaire, notamment autour du monde !

 

Crédit photo :

Y.Zedda/BPCE

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Route du Rhum 2014
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