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Maewan : un voyage extrême de quatre années

Maewan est une aventure à la fois unique et extraordinaire. Baptisée du nom du bateau, elle embarque des marins et des montagnards très expérimentés qui ont décidé d’explorer des mers et des terres peu connues, à bord d’un solide croiseur de 11 mètres. L’objectif : naviguer loin, réaliser des premières, découvrir les régions polaires… Cet incroyable périple de 66 000 kilomètres (35 600 milles marins) - soit bien plus que la distance d’un tour du monde (24 000 milles, 44 500 kms) - débuté à l’Aber Wrac’h en janvier 2015, s’achèvera en 2019 après avoir approché 14 pays.
 

Marins et montagnards ont depuis la nuit des temps de nombreux points communs : appétence pour la nature et les lieux reculés, respect de l’environnement, dépassement de soi, solidarité dans la difficulté, goût du risque calculé… Ni le mauvais temps, ni le froid,  ni l’humidité ne les rebutent. Ils s’apprécient au point de partager ensemble leurs disciplines respectives, comme d’aller grimper des montagnes accessibles uniquement par la mer, et si possible encore inexplorées. C’est la finalité du périple de Maewan. Autour de son capitaine et chef d’expédition Erwan Le Lann, une équipe d’une quinzaine de spécialistes (navigateurs, alpinistes, freeriders, grimpeurs, photographe et réalisateur) embarquent à tour de rôle pour un très long voyage dans 14 pays. L’idée est de se relayer (six personnes à bord maximum), de s’assurer les compétences d’un marin expérimenté pour les longues étapes, de rejoindre le voilier à l’escale, en avion ou en bateau, de pouvoir rentrer se ressourcer, de prendre son temps : d’où ce voyage de 4 ans.

Un refuge de montagne flottant

Maewan est un Trisalu 37. C’est un voilier de voyage de 11 mètres, robuste, construit dans un aluminium épais, dessiné par l’architecte Français Jean-Pierre Brouns dans les années 80. Pour aller s’amarrer dans des criques totalement isolées, affronter les tempêtes, ou encore se frayer un passage à travers les glaces, il est nécessaire d’avoir une sorte de « jeep » des mers. Il n’est pas réputé pour ses performances sous voile mais peut passer partout en toute sécurité. Maewan n’est pas qu’un voilier, c’est aussi le camp de base des expéditeurs, où l’ergonomie et la fonctionnalité sont plus importants que le confort. Il a été aménagé comme un refuge de montagne, sobrement, sans eau chaude ni placards, avec de simples bannettes*, une cuisine, des toilettes, un coin navigation et un grand carré* (espace de vie) dans lequel l’équipage passe le plus clair de son temps.

Un équipage de haut vol

Erwan Le Lann, le charismatique capitaine de Maewan et chef d’expédition, parcourt le monde depuis plus de vingt ans. Marin, guide, alpiniste, skieur de haut vol et réalisateur, il a mûri son projet durant neuf ans avant d’acquérir Maewan en avril 2014. Son souhait : constituer un équipage à géométrie variable ayant des affinités pour vivre dans un espace clos à six, et regroupant une somme de compétences exceptionnelles. Cette équipe est ainsi constituée de personnalités tels que l’alpiniste Lionel Daudet, connu pour avoir traversé l’archipel des Kerguelen, ou Eric Loizeau, navigateur-alpiniste ayant couru la Whitbread*, la Transat Anglaise ou la Route du Rhum mais également gravi l’Everest…

" Monter en Islande en février quand les conditions sont extrêmes : nuits de 15 heures, température extérieure de 4 degrés, 40 nœuds de vent et 5 mètres de vagues, c’est quand même copieux ! "

Jeanne Grégoire, Navigatrice



Erwan Le Lann a pour principe de se faire épauler par un marin réputé pour chacune des grandes traversées. La navigatrice Jeanne Grégoire, qui a disputé de nombreuses fois la Solitaire du Figaro et plusieurs transatlantiques, a accepté sans hésitation la demande d’Erwan. Elle raconte : « Quand j’ai lu son courriel disant qu’il cherchait un marin pour l’accompagner de l’Aber Wrac’h jusqu’en Islande, j’ai tout de suite adhéré.  Le projet dans sa globalité fait vraiment rêver. J’ai rencontré Erwan et son équipe de montagnards au Trophée Mer et Montagne (créé par Eric Loizeau) et je savais qu’avec eux ce genre de projet  pourrait voir le jour avec son lot d’imprévus, d’improvisation et en même temps un fond structuré et pro. Car monter en Islande en février quand les conditions sont extrêmes : nuits de 15 heures, température extérieure de 4 degrés, 40 nœuds de vent et 5 mètres de vagues, c’est quand même copieux ! De plus, la réflexion sur la préparation d’un  tel projet est enrichissante, ça change de la course au large, et ça ouvre des perspectives. »

Erwan Le Lann veut naviguer loin, au nord comme au sud, au Groënland, en Alaska, en Antarctique. Il souhaite éviter les passages créés artificiellement, comme le canal de Panama, ou « banalisés », comme les canaux de Patagonie, s’aventurer au plus profond des régions polaires dans des endroits où l’homme n’a jamais posé le pied, gravir des sommets inconnus, skier, explorer, découvrir, et ce en prenant son temps. Le voyage dans quatorze pays doit durer quatre ans, il s’achèvera en 2019.

Dans le sillage de Gauloises III et Antarctica

Ces marins et alpinistes, tous de très haut niveau, ne sont pas les premiers à se lancer dans une telle odyssée. En 1982, des marins avaient déjà embarqué des alpinistes à bord de Gauloises III - voilier ayant participé à la Whitbread*(course autour du monde en équipage devenue aujourd’hui la Volvo Ocean Race) - pour un long voyage vers la Patagonie, avec comme but ultime : gravir le fameux Cap Horn. Parmi l’équipage, avec le skipper Philippe Facque, aujourd’hui directeur du chantier CDK, se trouvaient deux marins-médecins, Jean-François Coste et Jean-Louis Etienne, ainsi que l’un des pionniers de l’alpinisme et du ski extrême, Jean-Marc Boivin, tragiquement disparu en 1990. Quelques années plus tard, le même Jean-Louis Etienne, lançait à son tour Antarctica, une goélette en aluminium de 36 mètres et 150 tonnes, pour explorer le globe avec des marins et des montagnards, et plus particulièrement le continent antarctique. Il n’y a pas si longtemps, la navigatrice Isabelle Autissier a aussi embarqué des montagnards à l’assaut du massif des îles Kerguelen dans l’océan indien.

 

Crédit photo : Globespotter

Pour aller plus loin

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