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The Transat... là où tout a commencé

Dès 1960, cette course a accompagné la saga de la plaisance et marqué les grands débuts des transatlantiques en solitaire. Se disputant à l’origine entre Plymouth, en Angleterre, et New York, puis vers Newport et Boston, elle a révélé d’immenses marins : Francis Chichester, Eric Tabarly, Phil Weld, Alain Colas, Philippe Poupon, Loïck Peyron… Elle a beaucoup changé d’appellation au fil des éditions et s’est même arrêtée un temps, avant de repartir de plus belle cette année, cinquante-six ans après sa création. C’est avec celle que l’on nomme « La Transat anglaise » que l’histoire de la course au large a véritablement commencé.


 

Ce samedi 11 juin 1960 à Plymouth, port en vogue sur la côte Sud-Ouest de l’Angleterre, ils sont cinq concurrents – quatre Britanniques et un Français – à s’élancer en solitaire sur l’Atlantique. Leurs monocoques mesurent de 21 à 40 pieds. Le départ de cette course parrainée par le journal The Observer, d’où son nom d’Ostar (Observer Single Handed Trans-Atlantic Race) est donné par le Royal Western Yacht Club de Plymouth. Le plus âgé de ces cinq pionniers se nomme Francis Chichester. Il a déjà 59 ans et mène le plus grand bateau de la flotte (12 mètres). Après une vie professionnelle trépidante, l’aviateur a découvert la voile il y a quelques années seulement. Son concurrent le plus sérieux est également Anglais. Il est aussi l’initiateur de cette course un peu folle. Officier dans les commandos de Marine, sur-décoré, Blondie Hasler, 46 ans, arme Jester, un curieux voilier – coque scandinave de 7,65 mètres et voile de jonque. Jean Lacombe, 44 ans, est le seul Français engagé. Son « Cap Horn » dessiné par Jean-Jacques Herbulot lui a été prêté par le chantier Joüet de Sartrouville dans la banlieue parisienne. Il mesure 6,50 mètres seulement, et est plus que sommaire. Le navigateur, maroquinier de formation, ne sait pas encore qu’il va par son exploit, prouver que l’on peut traverser l’atlantique sur un petit bateau de croisière, et de fait accompagner et démocratiser l’essor de la plaisance. Mais quand Lacombe met 74 jours pour rallier New York et terminer cinquième et bon dernier, Chichester remporte logiquement cette première Transat en 47 jours sur son sloop Gipsy Moth III. La légende est en route.

" Il s’appelle Eric Tabarly, est totalement inconnu, aussi costaud que peu bavard... "

 

Un inconnu nommé Tabarly

La seconde édition de l’Ostar a lieu quatre ans plus tard. L’Observer a eu l’idée d’équiper les quinze concurrents de postes de radio, afin de leur permettre de raconter quotidiennement la course. Si Francis Chichester est encore là sur son lourd monocoque Gipsy Moth III pour défendre son titre, un jeune officier de Marine de 33 ans, se présente sur la ligne de départ sur un ketch novateur de 13,60 mètres à bouchains en contreplaqué, qu’il a lui-même dessiné et construit à La Trinité-sur-Mer (Morbihan) avec Gilles Constantini. Il s’appelle Eric Tabarly, est totalement inconnu, aussi costaud que peu bavard, et a eu vent de cette course en lisant le récit de Jean Lacombe, publié dans la revue Bateaux. Sur l’Atlantique Nord, son Pen Duick II - qui signifie en breton « petite tête noire » - révèle à la fois de remarquables qualités marines et un sacré marin. Dès le départ, Tabarly surprend tous les observateurs en hissant son spi de 80 mètres carrés, chose impensable à l’époque en solitaire ! Malgré ses difficultés avec son pilote automatique, il prend rapidement la tête de la course. Quand deux jours avant l’arrivée et après avoir dû monter en tête de mât pour décoincer une drisse, on lui demande à quoi il a pensé seul au milieu de l’Atlantique, il répond laconiquement : « à rien… j’essaye de ne pas tomber ! » Tabarly pulvérise de vingt jours le record de l’épreuve, l’emportant en 27 jours. Et bat le maître Chichester de 68 heures. Tabarly pensait franchir la ligne d’arrivée puis repartir vers la Bretagne dans la foulée, il n’avait d’ailleurs pas demandé de visa pour les Etats-Unis. Or, on décide de lui remettre la légion d’honneur à Washington, et l’ambassadeur de France doit lui prêter des chaussures de ville, lui n’ayant qu’une paire de tennis aux pieds… Les Français découvrent un marin, France Soir et Paris Match font la une sur ce héros, et le Général de Gaulle doit s’y prendre à deux fois pour le convier à l’Élysée, le marin préférant la remise à l’eau de son bateau plutôt que les ors de la République… Un mythe est né.

 

Francis Chichester trinque avec Eric Tabarly suite à la victoire de ce dernier._copyright archives Rubinstein

 

Première victoire d’un multicoque

En 1968, Tabarly ne réédite pas l’exploit sur son nouveau trimaran révolutionnaire en aluminium, Pen Duick IV, il doit abandonner suite à une collision. L’Anglais Geoffrey Williams l’emporte, grâce notamment à une assistance météo qui préfigure le routage. C’est aussi la première fois qu’un multicoque – en l’occurrence le prao Cheers – termine sur le podium. Quatre ans plus tard, l’Ostar fait de plus en plus rêver… puisqu’ils sont 55 marins au départ, soit 50 de plus que 8 ans auparavant. Alain Colas qui a fait ses classes avec Tabarly lui a racheté son trimaran Pen Duick IV, et devient au terme d’une course magnifiquement maitrisée, le premier vainqueur en multicoque. Sur ce trimaran en alliage léger, le jeune enseignant en littérature a traversé l’Atlantique en seulement vingt jours, et devance deux autres Français, Jean-Yves Terlain sur Vendredi 13 et Jean-Marie Vidal sur Cap 33.

" Privé de communication, c’est un Eric Tabarly barbu et très marqué, qui sort de la brume et arrive à Newport en vainqueur après un combat féroce de 23 jours. "

 

L’incroyable exploit de Tabarly…

En cette fin de printemps 1976, ils sont plus de 120 marins sur les pontons de Plymouth. Eric Tabarly est bien décidé à prendre sa revanche sur Alain Colas. Il franchit la ligne de départ sur Pen Duick VI, monocoque de 22 mètres conçu pour la première course autour du monde en équipage (la Whitbread 1973). Mais Colas a fait construire Club Méditerranée, un monocoque gigantesque de 72 mètres muni de quatre mâts et portant 1000 mètres carrés de voilure. Ce choc des titans arbitré par un petit multicoque de 9 mètres mené par un cow-boy canadien du nom de Mike Birch, donne encore plus de résonnance à cette cinquième édition. Mais la météo est exécrable sur l’Atlantique Nord, et cinq dépressions se succèdent. Quarante concurrents abandonnent. Tabarly en panne de pilote automatique et épuisé fait demi-tour… avant de finalement se raviser et de se remettre en route. Colas doit faire une escale pour réparer ses voiles déchirées. Privé de communication, c’est un Eric Tabarly barbu et très marqué, qui sort de la brume et arrive à Newport en vainqueur après un combat féroce de 23 jours. A des journalistes venus l’accueillir alors que l’on était sans nouvelles de lui depuis plusieurs jours, et lui annonçant qu’il est premier, Tabarly répond simplement : « je suis bien content. » Alain Colas arrivé peu après est déclassé à la cinquième place pour avoir fait escale. L’exploit de Tabarly qui a traversé seul cinq tempêtes à la barre d’un bateau habituellement mené par quinze équipiers force le respect, et façonne encore un peu plus le mythe. Il a même le droit à la descente des Champs Élysées.

Une chasse gardée française

En 1980, la victoire nette et sans bavure de l’Américain Phil Weld, gentleman navigateur sur un splendide trimaran en bois moulé baptisé Moxie… et qui, encore aujourd’hui coule des jours heureux dans le midi de la France, est la dernière d’un Anglo-saxon. À 65 ans, et par son intelligence de course et sa science de la météo, Weld s’est payé le luxe d’effectuer les 2 800 milles de la traversée en 17 jours, établissant un nouveau record. Mais la Transat anglaise a beau changer de nom tous les quatre ans, elle devient une chasse-gardée française, et aucun navigateur anglais ou américain ne parvient à imiter Chichester et Weld. Yvon Fauconnier, Philippe Poupon, Loïck Peyron (trois fois !), Francis Joyon et Michel Desjoyeaux sont tour à tour sacrés, ce dernier établissant un record historique en seulement 8 jours et 8 heures sur le trimaran Géant en 2004.

" Son nom : Loïck Peyron. Son bateau : Pen Duick II. "

 

Le retour de Loïck Peyron !

Faute d’organisation, de partenaires et de concurrents, la Transat fondatrice n’a pas lieu en 2012… mais renaît en 2016 sur le parcours originel entre Plymouth et New York. La 14ème édition de la Transat Bakerly (son nouveau nom) accueille aussi bien les trimarans « Ultim », les 60 pieds Imoca préparant le prochain Vendée Globe, les multis 50 et les Class 40. Et dans cette flotte hétéroclite et parfaitement préparée, se glisse un « intrus ». Son nom : Loïck Peyron. Son bateau : Pen Duick II. Le Baulois, en hommage à Eric Tabarly et à cette course de légende qu’il est le seul à avoir gagné trois fois, a tout simplement décidé de réarmer l’ancien monocoque vainqueur en 1964, et ainsi prendre le départ. Peyron veut la disputer à « l’ancienne », sans GPS mais avec un sextant, des cartes marines en papier, un régulateur d’allure (l’ancêtre du pilote automatique) … Il a pour objectif de faire mieux qu’Eric Tabarly, son père spirituel, soit moins de 27 jours quand, François Gabart et Thomas Coville, sur leurs trimarans géants, devraient boucler la traversée en une petite semaine. De son côté, Armel Le Cléac’h sur son 60 pieds Imoca, le monocoque Banque Populaire VIII, devrait la réaliser en une dizaine de jours.

 

Pen Duick II au départ de The Transat 2016

 

Crédits photos : 

Archives Bernard Rubinstein

EasyRide/BPCE

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Récit de la victoire d'Armel sur The Transat

Le skipper du monocoque Banque Populaire VIII Armel Le Cléac’h s’est adjugé samedi 14 mai, au terme d’une traversée magistrale, The Transat bakerly, la course transatlantique en solitaire la plus austère et la plus âpre, entre Plymouth et New York. Il s’impose avec brio sur le parcours originel de la plus ancienne des courses classiques, la Transat anglaise de Chichester et Tabarly. Un couronnement après sa deuxième place de 2008 derrière un certain Loïck Peyron! Et un succès majeur dans la carrière du breton plus que jamais au faîte de son art. Son monocoque lancé en 2015 se montre, à quelques mois du Vendée Globe, à la hauteur des attentes suscitées, performant à toutes les allures, et particulièrement convaincant dans l’efficacité de ses fameux foils. Dans l’intensité physique, comme dans la lucidité analytique, Armel réalise la course référence, un quasi sans faute qui n’a laissé aucune chance à ses redoutables adversaires, Vincent Riou (PRB), jamais en mesure de véritablement inquiéter Banque Populaire VIII tout au long des 3 050 milles du parcours.[...]

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