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Un projet de drones marins pour dépolluer les océans

Avec le concept Protei, Cesar Harada, jeune homme franco-japonais, veut contribuer à dépolluer les océans avec des petits bateaux à coque articulée sans pilotes et low-cost. Mesurer la radioactivité en mer, surveiller la qualité des eaux, quantifier la présence du plastique, repérer des déchets flottants, cartographier les récifs coralliens, compter les poissons pour s’assurer que les quotas de pêche sont respectés : à terme, les applications de ces drones à voile au service de la nature pourraient être très diverses. Présentation du projet et de ses avancées.

Protei, le projet d’une vie

La vie de Cesar Harada bascule en 2010, quand il entend parler des effets dévastateurs de la tristement fameuse marée noire survenue dans le golfe du Mexique en 2010, suite à l’explosion de la plateforme pétrolière « Deepwater Horizon », à 70 km des côtes de la Louisiane. Cette véritable catastrophe écologique entraîne un important déploiement humain pour la combattre : pas moins de 4000 personnes à bord de 700 bateaux. Mais en trois mois, seulement 3 % du pétrole en surface sont recueillis...

C’est un rendement très faible compte tenu de l’investissement financier et surtout des risques humains encourus lors de l’exposition aux produits toxiques. Face à ce constat, Harada déménage à la Nouvelle-Orléans pour développer un moyen plus efficace, plus économe et moins dangereux de pomper les hydrocarbures. Il planche ainsi  sur un projet de drone nautique à coque articulée capable de repérer la pollution et de nettoyer les océans. Son objectif est de produire en grande quantité et à peu de frais ces petits voiliers autonomes commandés à distance. Depuis, il consacre une bonne partie de sa vie au perfectionnement de son drone environnemental baptisé Protei.
 

Flickr / Cesar Harada

                                                                                                          Légende image: Protei-003 "Ocean Blimp"
 

Un rêve : concevoir un drone à voile permettant de récolter du pétrole

Pas moins de 13 générations de prototypes ont été imaginées par Cesar Harada et ses équipes. Le dernier proto, baptisé « Sputnik » a été conçu début 2017 à San Francisco. « Pour le moment je n’ai pas encore construit un bateau suffisamment fiable pour passer du statut de prototype à celui de produit », reconnaît Harada qui après avoir beaucoup baroudé a posé ses valises à Hong Kong.

A long terme, son grand objectif est de dessiner le prototype qui permettra de nettoyer les marées noires et donc de récolter les nappes de pétrole hydrocarbures qui flottent à la surface de l'eau. Et ce en balayant de façon optimale les zones polluées, en serpentant nuit et jour, quelles que soient les conditions météo, avec un bien meilleur rendement que les bateaux actuels, et sans mettre en péril la santé de qui que ce soit. Cesar Harada confie qu’au regard des années de travaux qu’il a mené, cet objectif lui semble à ce stade trop ambitieux. Mais il garde ce rêve en tête, et en attendant Protei continue à progresser avec de vraies applications concrètes…

Des applications nombreuses et diverses

Cesar Harada souhaite déployer une flotte de drones à voile pour lutter contre les diverses menaces qui pèsent aujourd’hui sur les océans. Il ne s’agit donc pas pour le moment pas de récupérer directement du pétrole mais bien de mener d’autres missions importantes, notamment en effectuant diverses mesures.

Cesar Harada : « J’ai beaucoup avancé sur les ordinateurs du bord et les différents capteurs. Les applications de mes travaux sont nombreuses et diverses. Ces dernières années, j’ai effectué deux missions dans les environs de la centrale nucléaire de Fukushima (Japon) pour effectuer des mesures de radioactivité en mer. Je suis aussi parti au Bangladesh suite à une marée noire (survenue fin 2014, NDR). J’y ai mesuré la quantité de pétrole dans l’eau. J’ai aussi mis au point des outils pour quantifier la présence du plastique en mer. Autre aspect important de mon travail : la cartographie des récifs coralliens en les « survolant » avec des bateaux autonomes. Cela permettrait de mieux comprendre la progression du changement climatique, l’acidification des océans. Toutes ces problématiques sont urgentes et je pense que notre projet peut apporter beaucoup de valeur. Nous continuons à explorer ces différentes voies. »
 

Si vous voulez fabriquer votre propre bateau Protei, vous pouvez tout à fait le faire

 

Un projet ouvert pour que chacun puisse jouer son rôle dans la dépollution des océans

Cesar Harada milite pour une technologie libre, réplicable par tous. Il développe donc Protei en mode collaboratif. Au lieu de faire commerce de leur technologie en déposant un contrat d’exclusivité, Cesar Harada et son équipe ont dès le départ monté ce projet en mode « open source ». Concrètement, cela signifie que n’importe qui peut télécharger gratuitement les plans des prototypes sur Internet et les améliorer.

« Si vous voulez fabriquer votre propre bateau Protei, vous pouvez tout à fait le faire », explique Cesar. « On ne demande qu’une seule chose en contrepartie : chacun doit apporter sa contribution à la technologie en partageant ses avancées, ou à l’inverse tirer les leçons de ses échecs. Il faut progresser ensemble et non pas avancer chacun dans son coin en se livrant des guerres de copyright qui ralentissent le progrès. Nous n’avons plus le temps de nous battre sur des questions de propriété intellectuelle alors qu’il n’y aura peut-être plus de coraux dans 35 ans. C’est le moment de travailler ensemble, de partager les connaissances pour sauver les océans. C’est la course ! »


Pour en savoir plus, rendez-vous ici (en anglais) : https://www.scoutbots.com

 

 

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