News

Passion

Portraits

Coups de coeur

Photos

Albums

Videos

Chaines

Lexique

Aucun résultat n'a été trouvé pour votre recherche,
Essayez à nouveau

VPLP Design : Une belle histoire d’entreprise au succès planétaire et légendaire !

Depuis bientôt 35 ans, le cabinet d’architecture VPLP Design, dont le nom est tout simplement issu des initiales de Marc Van Peteghem et Vincent Lauriot Prévost, trône sur toutes les mers du monde, que ce soit en course ou en croisière, sur une deux ou trois coques. On retrouve naturellement la signature VPLP sur les trimarans Banque Populaire V et IX, les deux architectes travaillant main dans la main avec le Team Banque Populaire depuis de longues années. Cette « success story » entrepreneuriale est partie de la rencontre entre deux amis.

L’histoire débute en 1979 sur les bancs de l’université de Southampton. Marc Van Peteghem et Vincent Lauriot Prévost qui étudient tous deux l’architecture navale au Sud de l’Angleterre dans le prestigieux établissement, nouent complicité et amitié. Si Vincent navigue dès que son temps libre le lui permet dans sa Bretagne natale, Marc a déjà bien bourlingué sur l’Atlantique, et ne manque aucun départ de transat, donnant un coup de main aux copains navigateurs. « Je me suis offert un petit voyage dans le « Katmandou » des multicoques aux États-Unis » se souvient l’architecte, qui se rêvait aussi écrivain. Il va à la rencontre de Walter Greene, orfèvre en matière de construction de bateaux en bois moulé et Dick Newick, précurseur de génie ayant dessiné notamment le petit trimaran avec lequel Mike Birch a remporté à la surprise générale le première Route du Rhum en 1978.

C’est une navigation à bord du petit multicoque jaune Olympus vainqueur aux Antilles, qui scelle définitivement son destin d’architecte. Son projet de fin d’étude est d’ailleurs un trimaran à foils ! Après les cours, tous deux aident Christine Capdevielle et Mick Le Cornec à remettre en état un trimaran (un Val 38) portant le nom Elle, et qui croupissait sur un terrain vague à Southampton, avant d’être restauré puis préparé pour la course Lorient Les Bermudes Lorient. Diplômes en poche, les deux amis se disent qu’il serait bien de faire un jour quelque chose ensemble, mais qu’il est encore trop tôt. Lucides, ils prétendent avoir encore beaucoup à apprendre.

C’est encore l’époque où l’on fait les calculs de structure à l’aide d’une calculette et les plans à la main sur un calque. En mer on se positionne à l’aide du sextant, le GPS n’existant pas. Matheux cartésiens et scientifiques dans l’âme, les deux jeunes architectes ne laissent pas indifférents. Ils intègrent chacun de leur côté des cabinets d’architecture navale reconnus pendant trois ans à Marseille, respectivement, chez Michel Bigoin (architecte du quatre mâts Club Méditerranée d’Alain Colas) pour Vincent, et Gilles Vaton pour Marc. « Vincent Lévy, un ami de Mick le Cornec est venu nous voir. Grâce à un petit héritage, il voulait qu’on lui dessine un trimaran à foils » raconte Marc Van Peteghem. Le bateau est construit par un jeune spécialiste du composite -Jean-François de Prémorel - qui dirigera plus tard JTA (Jeanneau Techniques Avancées), maître d’ouvrage notamment du trimaran Pierre 1er avec lequel Florence Arthaud remportera la Route du Rhum 1990.

Devant le succès de ce bateau, les deux jeunes architectes décident de s’associer dans la cité phocéenne. Deux ans plus tard, en 1986, ils s’installent à Paris. Olivier de Kersauson commande un très grand trimaran baptisé « Un autre regard », début d’une longue lignée de grands multicoques océaniques. Ils ont du talent du flair des idées novatrices, et sont très complémentaires. Les coureurs comme les chantiers ou les sponsors sont sous le charme de ces trentenaires, ayant une démarche entrepreneuriale singulière. Vincent se spécialise un peu plus sur la course, quand Marc se concentre sur la croisière avec le lancement des catamarans de croisière Lagoon du groupe Bénéteau, aujourd‘hui premier constructeur mondial.
« Nous pensions qu’il était logique de se rapprocher de la Bretagne pour être plus près des coureurs. Ça avait du sens » expliquent les deux associés. Vincent Lauriot-Prévost ouvre un bureau à Vannes, et Marc Van Peteghem garde l’agence à Paris. L’enjeu est aussi stratégique. Les multicoques qu’ils conçoivent gagnent toutes les Routes du Rhum et les Transat dès 1990, détiennent tous les records (Trophée Jules Verne, tour du monde en solitaire, Atlantique, distance sur 24 heures…) les Américains leur font appel pour dessiner le gigantesque USA 17, futur vainqueur de la Coupe de l’America. Ils signent aussi le plus grand trimaran de course jamais construit, Banque Populaire V et ses 40 mètres. C’est aussi le début d’une fidèle et fructueuse collaboration avec le Team éponyme dirigé par Ronan Lucas.



Construction du Maxi Banque Populaire IX


Le Maxi Banque Populaire IX, dernier né des Maxis trimarans et de la collaboration du Team Banque Populaire et de VPLP Design, est à la fois plus léger et plus puissant, équipé en outre d’un mât-aile basculant, d’appendices mobiles, notamment de foils.

L’expérience et l’expertise de VPLP Design et du Team Banque Populaire, que ce soit pour Banque Populaire V (plus grand trimaran de course jamais construit), puis Banque Populaire VII (ex Groupama 3), et enfin Banque Populaire VIII, vainqueur du dernier Vendée Globe, a aussi permis de mieux définir les systèmes de bord tout comme l’appréhension des efforts, qui restent colossaux sur ce type de bateau. Sur le Maxi Banque Populaire IX, les architectes ont notamment optimisé le couple de redressement (l’effet combiné du poids et de la poussée d’Archimède ou encore le point d’équilibre à la gîte) essentiel sur un tel multicoque.

Mais l’innovation majeure réside à la fois dans ses trois safrans munis de plans porteurs à ses extrémités (de petites ailettes), ainsi que ses foils permettant au bateau de voler à très haute vitesse. Si les foils ne sont désormais plus une nouveauté en soi, c’est surtout le fait de pouvoir les régler en temps réel en navigation qui a nécessité une mise au point complexe, tant sur les systèmes de commandes que sur la structure des puits les accueillant. Car, sur une machine océanique conçue pour être menée en solitaire, les foils mobiles dont on peut modifier l’angulation de l’intérieur vers l’extérieur (le cant) ainsi que l’angle d’incidence (le rake), doivent pouvoir également être repliés, voire figés manuellement selon les conditions de mer et de vent, et ce sans que le trimaran ne soit handicapé pour naviguer de manière conventionnelle.

Outre les multicoques de course, dont le dernier maxi trimaran Banque Populaire IX, mis à l’eau en octobre 2017 à Lorient, outre les catamarans de croisière Lagoon, VPLP Design développe aussi des engins de plage, dessine des monocoques IMOCA de 60 pieds en collaboration avec Guillaume Verdier (dont Macif et Banque Populaire, les deux derniers vainqueurs du Vendée Globe aux mains de François Gabart et Armel Le Cléac’h) et travaillent sur l’avenir. Ils décident de lancer une aile de propulsion destinée au transport maritime voire plus tard à la plaisance, et s’intéressent aux cargos. « Nous sommes sur des champs extrêmement étendus, et essayons de réunir toutes nos forces, afin de créer un pôle d’ingénieurs à Vannes et un pôle d’architecture-design à Paris pouvant servir les deux antennes et y apporter de la valeur ajoutée » précise Marc. L’agence compte aujourd’hui 25 personnes, dont une majorité de jeunes diplômés. La force de VPLP Design réside aussi dans le fait que ni Vincent ni Marc n’aiment refaire deux fois la même chose. Ils affectionnent les défis, d’aller un peu plus loin dans ce qui n’est pas encore connu. Modestes et discrets, ils refusent de reconnaître qu’ils possèdent toujours une longueur d’avance sur la concurrence, se justifient par une remise en cause permanente et avouent « ne pas trop regarder ce que font les autres ! » Ils prônent la transversalité entre la course et la croisière, mais s’inquiètent de l’effet de serre et de l’évolution du transport maritime. « Pendant des millénaires les marins ont utilisé le vent, et aujourd’hui il faut se servir de cette énergie gratuite pour aider à la propulsion des navires. C’est en voyant en 2009 la gigantesque aile d’Oracle BMW à San Diego préparant la Coupe de l’America, que nous nous sommes dit que c’était un projet viable, amortissable sur cinq ans vu les économies de carburant effectuées. » Aujourd’hui, après huit années de cogitation et de recherches, de doutes aussi, ils viennent de conclure un partenariat avec un grand constructeur de navires.

Construction du Maxi Banque Populaire IX

« L’innovation, c’est une histoire de timing » rappelle Marc Van Peteghem. « Il faut avoir la bonne idée au bon moment. » À la question de savoir si la recherche sur les grands bateaux de course sert le bateau de croisière de « Monsieur tout le monde », la réponse ne se fait guère attendre. « On sait très bien que la performance dépend du poids. Pour aller vite, il faut être le plus léger possible. Et pour les catamarans de croisière, c’est l’industrialisation et les nouveaux matériaux qui permettent d’avoir des devis de poids acceptables… mais l’industrialisation et le poids imposés par le cahier des charges des chantiers qui proposent des multicoques toujours plus habitables et confortables, ne vont pas forcément ensemble. Alors, il faut réfléchir à d’autres alternatives. » C’est ainsi qu’aujourd’hui, les Lagoon que l’on croise dans les plus beaux mouillages du monde se sont beaucoup inspirés de l’évolution de la course au large. Le mât par exemple a été reculé pour obtenir une grand-voile plus courte et donc plus facile à manipuler, les manœuvres sont plus proches et concentrées, tout ça dans l’unique but de faciliter la vie du plaisancier en vacances tout en gagnant en performances. « Nous intégrons à la conception des bateaux de plaisance tout ce qui est issu de la compétition et compatible avec une démarche industrielle », conclut Marc Van Peteghem. Les deux hommes aiment rappeler que l’architecture navale est un métier d’écoute et d’humilité : « on peut toujours mettre en avant la créativité, mais ces deux valeurs sont fondamentales pour avancer. » C’est aussi sans doute pour cela que les deux architectes font une telle unanimité.

 

 

Crédit photo : V.Curutchet / BPCE - Y.Zedda / BPCE

 

 

 

 

 

 

 

Portraits liés

En savoir plus

À découvrir également

Un kit foils pour faire voler votre « bon vieux » Laser

Le bon plan pour faire voler son laser !!

En savoir plus
Le recyclage des bateaux en fin de vie

Le fort enjeu écologique du recyclage des vieux bateaux...

En savoir plus
Une Ecole Française de Voile « phare » en Bretagne Sud

Découvrez le Yacht Club de Carnac...

En savoir plus
Toutes les passions