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Fred Beauchêne : l'aventurier faiseur de rêves Navigateur

Nom : Beauchêne
Prénom : Fred
Date de naissance : 1er août 1954 à La Baule (France)
Une couleur : bleu
Un livre : « L’écume des jours » de Boris Vian
Un film : « Little Big Man » d’Arthur Penn

Derrière son air malicieux, des yeux bleus délavés et une allure toujours très décontractée, se cache un homme aussi affable qu’audacieux, aussi vif que fonceur, qui depuis quarante ans fourmille d’idées aussi inattendues qu’irréalisables au prime abord mais qui ne semblent jamais l’arrêter. Dans les années 70, La Baule est une pépinière de jeunes régatiers aux cheveux longs et au style « baba cool » encore inconnus mais déjà plein de talent. Tous préfèrent de loin passer leurs week-ends à écumer la baie en dériveur plutôt que de réviser dans leur chambre. Il n’y a là que de futurs champions : les frères Yves et Marc Pajot, les frères Bruno et Loïck Peyron, les frères Nicolas et Yves Loday, ou encore Marc Bouët et Fred Beauchêne.

Ce dernier est d’ailleurs exclu de son lycée pour absences répétées, après une nouvelle régate, le proviseur ayant aperçu son nom et sa photo dans le journal alors qu’il avait justifié son absence pour cause de grippe !

Naturellement, il intègre l’équipe de France de 470 en vue de la préparation des Jeux Olympiques de Kingston au Canada en 1976. Du haut niveau, Fred Beauchêne apprend la rigueur de l’entraînement, l’astreinte de la préparation physique, l’exigence de la compétition en duo. Il remporte la prestigieuse épreuve Ski Yachting à Cannes devant l’élite internationale, termine vice-champion de France de 505, dispute plusieurs championnats du monde. Mais le marin affectionne la glisse. La planche à voile venant de débarquer des États-Unis est en plein essor, le Baulois s’essaye sur ce flotteur rotomoulé muni d’une voile et d’un whisbone et ne tarde pas à être conquis. Attiré par l’aventure et toutes sortes de défis, il décide en 1978 de traverser la Manche, justement sur une planche à voile, établissant un temps de référence de 4 heures et 8 minutes. On le surnomme alors le « Blériot de la voile », en référence au précurseur et pionnier de l'aviation française.

Trois ans plus tard, il reprendra ce record alors battu par Arnaud de Rosnay, photographe aventurier et surfeur, réalisant l’aller-retour en 3 heures et 27 minutes. Son passage réussi du Cap Horn en 1979 sur une planche à voile de série basique, dans un climat terriblement hostile entre le Chili et l’Argentine alors dirigés par la junte militaire et leurs dictateurs, marque les esprits. L’aventurier aime le risque et n’est pas rassasié. Avec son ami Thierry Caroni, qui a d’ailleurs disputé la Route du Rhum en 1982, il décide d’aller encore plus loin en traversant l’Atlantique Nord entre New York et le cap Lizard sur une planche à voile tandem, sans aucune assistance. L’engin baptisé « La salle des champs » est spécialement conçu pour cette folle transat. Il mesure 8 mètres, pèse 800 kilos et est muni de deux mâts bi-plan. Pour se glisser à l’intérieur du flotteur à travers d’une trappe, il convient de passer par un trou de souris pour rejoindre la zone de vie de deux mètres carrés dans laquelle on vit en position fœtus. Fred Beauchêne et Thierry Caroni franchissent le phare d’Ambrose Light qui balise l’entrée de New York, le 15 juin 1985, au bout de 38 jours, après deux chavirages, plus de vingt-cinq chutes à la mer, vingt gréements cassés…Les deux complices réussissent un exploit insensé.

Deux ans plus tard, en 1987, l’aventurier décide de passer de « l’autre côté de la barrière ». Animé par un projet complètement fou, il conçoit 30 gigantesques ventilateurs, générant des vents puissants entre 25 et 30 nœuds (force 6 à 7) et les met en scène dans une salle mythique de la capitale : le Palais Omnisport de Paris Bercy. Le premier show en planche à voile en intérieur « Fundoor de Bercy » était né !

Un événement c’est un point d’exclamation sur un concept ! Le tout c’est de pousser le curseur jusqu’au bout de l’histoire pour poser ce fameux point d’exclamation, et passer à l’aventure suivante.. Il y a toujours une suite et d’autres épisodes dans mes rêves …

Fred Beauchêne

 

Fred Beauchêne


Il installe un immense bassin de 75 mètres par 33,50 mètres bordé de 30 gigantesques ventilateurs générant des vents puissants entre 25 et 30 noeuds (force 6 à 7). Le funboard vit ses plus belles années, et tout le gratin mondial se presse dans la capitale, à commencer par l’icône d’Hawaii Robby Naish, premier champion du monde de planche à voile à l’âge de 13 ans. Le show est retransmis à la télévision et le spectacle est à la hauteur du défi. Le succès est tel, que tous les champions de la Coupe de l’America, de Russell Coutts à Chris Dickson, en passant par David Gilmour et Marc Pajot ne se font pas prier pour venir à leur tour régater sur des MiniJ, répliques miniatures des 12 MJI. Beauchêne exporte son show dans de grandes villes à l’étranger, notamment à Varsovie dans un stade de football avant de faire son grand retour à Paris en 2015. Lui n’a de cesse de faire rêver les enfants, en trouvant de nouvelles idées, comme cette manche à air géante soufflant un vrai « force 8 » qu’il déploie dans les salons nautiques et au départ des grandes courses. Son simulateur de surf, véritable « tapis volant » aquatique permettant de surfer à terre comme à Lacanau, connaît un grand succès. Aujourd’hui encore, Fred Beauchêne, toujours aussi passionné, continue à rêver à des projets grandioses et audacieux comme l’organisation d’un spectacle nautique et vélique dans les jardins du Château de Versailles.

 

 

 

Crédit photos : F Beauchêne