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Philippe Facque Directeur général de CDK Technologies

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Banque Populaire @VoileBanquePop

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Philippe Facque

Date de naissance : 9 août 1951 à Vannes
Une couleur : le bleu
Un livre : « Le tueur des mers » de Justin Scott
Un film : « Clair de femme » de Costa-Gavras

Coureur océanique à la grande époque des maxis catamarans dans les années 80, il est l’un des marins les plus influents de la course au large depuis plus de trente ans. Il a créé le circuit Orma des multicoques de 60 pieds, avant de prendre la direction générale en1993 du célèbre chantier CDK Technologies lancé en 1984 par Hubert Desjoyeaux, frère aîné de Michel, ayant construit les plus célèbres voiliers de course de Poulain en 1986 aux Banque Populaire V, VII et IX aujourd’hui.

Philippe Facque est si discret, qu’en dehors du landernau de la course au large, il est quasiment inconnu. Il fuit les mondanités, n’est pas du genre à avoir une attachée presse, préférant œuvrer dans l’ombre que s’épancher sur sa brillante carrière. Mais pourtant, si vous évoquez son nom auprès des plus grands marins des trente dernières années, de Loïck Peyron à Armel Le Cléac’h, de Jean Le Cam à Alain Gautier, ou encore de Vincent Riou à Lionel Péan, François Gabart ou Jean-Luc Van den Heede, l’aura du Trinitain est impressionnante. Il est considéré comme l’un des acteurs les plus créatifs et influents de la course au large et de la construction navale. « Je suis tombé dedans tout petit » aime t-il rappeler quand il évoque ses débuts en voile, sur Mousse et Moth Europe en baie de Quiberon, puis à bord du voilier habitable familial. Sur le Typhon plan Eugène Cornu, le Morning 34 et enfin le Contention 33, Philippe fait ses armes dans les courses du RORC en Angleterre, et s’affirme très vite comme un marin hors-pair.

À 19 ans, après les écrits du Bac, il préfère l’air du large aux salles d’examen, fait l’impasse sur les oraux, saisissant l’opportunité d’une première transat au grand dam de ses parents. Trois ans plus tard, en 1973, le jeune marin est repéré par André Viant, qui l’embarque sur Grand Louis pour la première Whitbread, course autour du monde en équipage, « ancêtre » de la Volvo Ocean Race. Le bateau français, dont l’équipage est en majorité composé des membres de la famille Viant termine à la troisième place. Brillant manœuvrier, costaud, discret et respectueux, Philippe Facque veut faire évoluer le statut des régatiers. « J’ai eu la chance de tomber dedans, car personne ne pensait réellement vivre en faisant de la course à la voile » raconte t-il dans une interview à Voiles et Voiliers. « C’était l’époque où le professionnalisme débutait. Moi, je voulais créer des activités annexes pour assurer mes arrières. J’ai monté le CFC (Centre de Formation à la Croisière), l’une des premières écoles de croisière privée qui s’est diversifiée avec la location-gestion de voiliers à La Trinité-Sur-Mer. »

Après avoir disputé le Triangle atlantique sur Katsou, il lance la construction de Gauloises III avec Eric Loizeau. Les deux co-skippers décident de se partager le bateau un an chacun. Eric Loizeau dispute la Whitbread et Philippe Facque, la Parmelia Race, avant d’embarquer avec le médecin-aventurier Jean-Louis Etienne, des montagnards (dont Jean-Marc Boivin) pour une expédition en Patagonie vers des sommets encore inexplorés. Déjà, le jeune navigateur est un précurseur. En 1984, alors qu’il cherche un chantier pour accueillir le maxi catamaran Royale (26 mètres) qu’il mène avec son ami Loïc Caradec qui a disputé avec lui la première Whitbread, Philippe Facque fait la rencontre d’Hubert Desjoyeaux à Port La Forêt. Le surpuissant catamaran rouge et blanc possédant un mât-aile gigantesque - une surface de 55 mètres carrés et 3 mètres de corde - nécessite d’être rallongé. Hubert, Jean Le Cam et Gaetan Gouérou louent un hangar à Henri Desjoyeaux (père d’Hubert et Michel, fondateur de Port-La-Forêt) pour lancer la construction de yoles de mer et l’entretien de voiliers de course. Le chantier est baptisé CDK.

Mais la tragique disparition de Loïc Caradec à la barre de Royale dans la tempête lors de la Route du Rhum 1986, bouscule la carrière de coureur professionnel de Philippe Facque : « quand on fait de la course océanique, on sait qu’on peut y rester, mais le jour où ça arrive à un proche, on n’a plus très envie de repartir. » Très affecté par le décès de son complice, Philippe Facque a « besoin de faire autre chose. » Visionnaire, il lance alors un circuit baptisé ORMA (Ocean Racing Multihull Association) afin de structurer les courses et limiter la taille des multicoques à 60 pieds (18,28 mètres).

Soutenu au début par le manufacturier Royale, à une époque où le sponsoring de cigarettes est encore autorisé, il s’associe à la nouvelle chaîne de télévision La Cinq puis à Eurosport, pour retransmettre en direct les Grand Prix sur ces véritables « Formule 1 des mers » des mers. Durant dix ans et jusqu’en
2006, dix-huit multicoques disputent un championnat passionnant. Les équipages ne s’enrichissent pas mais gagnent leur vie en régatant. Le retrait d’un partenaire, sonne le glas de l’ORMA, qui a pourtant permis un formidable bon en avant du développement technologique de la voile de compétition « made in France ». Philippe Facque est toujours resté très proche de CDK, aidant le chantier financièrement dès le début. L’organisation et la gestion ne sont pas le point fort de ses associés, pourtant orfèvres de la construction « high tech ». Le marin, intelligent et rigoureux en affaires, et doté d’un sacré flair, convainc des amis actionnaires de venir avec lui, avant de prendre la direction générale. Il lance un second site à Lorient sur l’ancienne base des sous-marins où sont assemblés les plus grandes unités.


Tous les meilleurs bateaux sont alors mis en œuvre chez CDK Technologies, et Michel Desjoyeaux qui remporte toutes les grandes courses (Transat anglaise, Route du Rhum, Vendée Globe etc.) sur les bateaux « maison » est le meilleur ambassadeur de ce chantier réputé. Philippe Facque continue à régater anonymement et de temps à autres dans des épreuves de masse, ou alors navigue sur son bateau de croisière à partir de La Trinité - un Swan 46 – après être tombé amoureux des plans de l’architecte Argentin German Frers à Rio de Janeiro lors d’une étape de la Whitbread. « C’était un rêve de pouvoir m’offrir un jour ce bateau, et j’y suis parvenu. C’est mon « lave-tête » le week-end » explique t-il en souriant.

Bienveillant avec les jeunes, à commencer par son neveu Julien Villion, grand espoir de la régate, Philippe Facque fait penser à ces hommes politiques que l’on a peu entendu, mais qui ont fait avancer les choses en toute discrétion, avec brio et talent.

 

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