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Philippe Poupon, itinéraire d’un marin gâté et heureux. Navigateur

Nom : Poupon
Prénom : Philippe
Date de naissance : 23 octobre 1954 à Quimper
Une couleur : bleu azur
Un livre : « La longue route » de Bernard Moitessier
Un film : « Le Grand Bleu » de Luc Besson


Repéré à vingt ans par Eric Tabarly, Philippe Poupon possède l’un des plus beaux palmarès de la course océanique en solitaire. Premier « triple » vainqueur de la Solitaire du Figaro, il est le seul avec Loïck Peyron à avoir remporté à la fois la Transat Anglaise et la Route du Rhum. Aujourd’hui, il continue à naviguer, mais en croisière et en famille autour du monde. Itinéraire d’un marin gâté, brillant et heureux.

Éternellement coiffé d’une casquette souple ornée d’une large visière, Philippe Poupon aurait pu, comme la plupart de ses anciens adversaires, arrêter de naviguer après une exceptionnelle carrière de régatier, pour diriger un team ou conseiller de jeunes coureurs. Mais ce Bigouden, né à Quimper, voulait enfin prendre le temps de se poser dans les coins les plus reculés de la planète, et profiter en croisière des lieux où en course, il passait à toute vitesse sans évidemment pouvoir s’arrêter. Avant d’explorer le monde à bord d’un robuste et confortable ketch de vingt mètres portant le joli nom de Fleur Australe, et qu’il a conçu avec l’architecte Michel Joubert et construit au chantier Méta, comme le Josuha de Bernard Moitessier il y a 50 ans, Philippe Poupon a tout gagné ou presque. Il débute la voile avec son frère aîné Luc sur Vaurien à Sainte-Marine dans le Finistère Sud où la famille passe les vacances. Le fameux dériveur en bois dessiné trois ans avant sa naissance par Jean-Jacques Herbulot pour les Glénans, est un passage quasi obligatoire. Mais contrairement aux frères Yves et Marc Pajot qui vont effectuer des préparations olympiques et dominer la voile légère au plus haut niveau, les Poupon sont plus « touche à tout », saisissant toutes les opportunités pour régater sur tout ce qui se présente. Adolescent, envouté par les aventuriers Bernard Moitessier,

Gérard Janichon et Jérôme Poncet, mais aussi par les exploits de Eric Tabarly, le jeune Philou ne pense qu’à la mer. Il n’a d’autre rêve que de naviguer, en course. Afin de s’y forger et s’endurcir, il dort à même le sol à côté de son lit, fenêtre ouverte été comme hiver. Il entre à l’École Nationale de Voile et des Sports Nautiques pour enseigner la croisière, régate sur des half-tonners, voiliers de neuf mètres, aussi techniques que fins à faire marcher et qui vont le préparer à la fameuse course en solitaire du Figaro. Il y a là, Pen Duick II, vainqueur de la Transat anglaise 1964 quand il avait dix ans, et qui sur son ber, balise l’entrée de l’établissement. Depuis tout petit, Tabarly est son modèle. Le rêve va devenir réalité. Le jeune marin qui doit partir « sous les drapeaux », a la chance d’effectuer son service militaire à bord de Pen Duick VI, lors d’un périple sabbatique autour du monde. À bord, il rencontre notamment Titouan Lamazou, Jean-François Coste ou encore Jean-Louis Etienne, avec qui il va tisser des liens indéfectibles.

Tabarly repère vite ce marin discret et bien élevé, qui manœuvre avec une étonnante dextérité, préserve le matériel, et adore le large. Il a une confiance totale dans ce garçon qui comme lui ne parle pas pour ne rien dire, anticipe le vent et la mer, respecte autrui. Pressentant que Poupon est un futur grand, il « l’adopte » et lui prête Pen Duick III afin qu’il dispute sa première Route du Rhum. En terminant septième en Guadeloupe, le « fils
spirituel » gagne ses galons de capitaine. « Philou » (comme l’appellent ses amis), dont le frère gère l’équipe technique avec attention et talent, possède une approche de la course novatrice. À l’arrivée des transats, son teint pâle contraste avec les visages burinés et barbus de ses adversaires. Poupon a compris que les courses se gagnent avant sur la préparation, mais surtout désormais à la table à cartes. Lui préfère confier son bateau aux pilotes automatiques de plus en plus performants, et rester dans la cabine pour se concentrer sur la météo.

Quand il vient se remettre en question sur l’exigeante Solitaire du Figaro, c’est pour effectuer une démonstration face aux jeunes loups et voisins que sont Desjoyeaux ou Le Cam, et qui bientôt feront de même, remportant aussi trois fois l’épreuve. Le premier Vendée Globe semble taillé pour lui. Il est clairement favori. Au large de l’Afrique du Sud, alors qu’il est en tête, son ketch se couche sous l’effet d’une déferlante mais ne se relève pas. Il faut une manœuvre extraordinaire de Loïck Peyron venu à son secours pour le tirer de ce mauvais pas. Troisième de la seconde édition après avoir démâté, et comme son ami Loïck Peyron, c’est la seule course en solitaire qui manque à son splendide palmarès. Rassasié des courses océaniques, le Breton ne l’est pas de la voile. Durant longtemps, il a caboté près du cap Horn lors de ses vacances sur un petit monocoque de neuf mètres adapté.

Tabarly repère vite ce marin discret et bien élevé, qui manœuvre avec une étonnante dextérité, préserve le matériel, et adore le large. Il a une confiance totale dans ce garçon qui comme lui ne parle pas pour ne rien dire, anticipe le vent et la mer, respecte autrui.

 

Depuis plus de huit ans, avec sa compagne l’actrice Géraldine Danon, il explore le globe en croisière avec leurs quatre jeunes enfants. L’idée est aussi de sensibiliser le public à la protection des océans. Tous deux rencontrent et aident les populations insulaires, écrivent des livres, réalisent des magazines pour la télévision. Ils ont franchi le passage du Nord-Ouest, hiverné en Antarctique et aussi profité de la douceur de la Polynésie et des Antilles. Fort de son immense expérience, le capitaine a conçu et pensé dans les moindres détails une sorte de « 4 x 4 » des mers indestructible, qui aujourd’hui totalise plus de 80 000 milles en bientôt neuf ans sur tous les océans.

Crédit photos : B Stichelbaut/ALeA - Gregory Boissy/AFP/ ALeA

Pour en savoir plus : www.fleuraustrale.fr