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Coups de cœur

Kannjawou

Deux jeunes femmes se sont données le défi d’un tour du monde en voilier-bibliothèque pour lutter contre les inégalités d’accès à la culture. Au programme : 8 000 milles nautiques, deux escales majeures et un partenariat unique avec l’association Bibliothèques Sans Frontières.

Publication :

Banque Populaire @VoileBanquePop

Par :

Kanjawou

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Nous sommes deux navigatrices de 27 ans, Marion et Manon. Nous sommes toutes les deux passionnées par la littérature sous toutes ses formes.

Marion est enseignante de lettres en collège REP en région parisienne depuis 3 ans. Elle a grandi près de Saint-Malo et a toujours été en immersion dans l’univers de la mer et des bateaux.

Manon est éditrice de manuels scolaires. Même si elle a grandi près de la mer, en Vendée, au rythme des départs du Vendée Globe, elle n’avait aucune notion de navigation à la voile. Après des cours accélérés en région parisienne, elle a vite été plongée dans le bain et acquérir de l’expérience !

 

En quoi consiste votre projet ?

Nous souhaitons lutter contre les inégalités d’accès à la culture, à l’éducation et à l’information en acheminant, dans des régions isolées accessibles uniquement par bateau, des « Idea’s cubes » : médiathèques numériques et portatives. Leur contenu a été pensé en amont avec les populations locales et l’association Bibliothèques Sans Frontières.

Cet acheminement se fera sur notre voilier : « Kannjawou ». Notre première mission aura lieu dans la région du Sine Saloum au Sénégal. Sur place, notre rôle sera de former les futurs gestionnaires de la médiathèque et d’animer des activités autour des contenus mis à disposition dans les écoles et collèges locaux. La médiathèque est composée d’un disque dur, dont les contenus peuvent être enrichis et modifiés à tout moment, d’un kit de tablettes et d’un panneau solaire qui rend le tout autonome en énergie. Un hotspot wifi permet à tous d’accéder aux contenus de la banque de données.

 

Comment est né votre projet ?

Notre projet de voilier-bibliothèque est né du constat que l’accès à la culture est une grande source d’inégalités dans le monde et, en tant qu’éditrice et enseignante, nous pouvions essayer d’apporter une solution à notre échelle.

 

Pourquoi ce nom ?

Kannjawou est le titre d’un roman de Lyonel Trouillot, auteur haïtien que nous affectionnons beaucoup toutes les deux. En créole haïtien, un « kannjawou » désigne une immense fête qui réunit tout le monde, en dépit des distinctions sociales et, au-delà, le partage et l’égalité de statut qui en découlent.

Nous avons choisi ce nom pour notre bateau car ces valeurs représentent bien notre projet et le message que nous voulons faire passer. Aussi, lorsque nous arrivons dans un port, en France ou à l’étranger, nous devons donner le nom du bateau… en anglais, ce n’est pas si simple d’épeler Kannjawou et d’expliquer son sens, et cela provoque beaucoup de perplexité et souvent l’hilarité de nos cousins anglais, pour notre plus grand plaisir !

 

Que représentent les livres et la connaissance culturelle pour vous ?

Pour nous, les livres ont d’abord été un merveilleux moyen d’évasion quand nous étions enfants, et de ce plaisir de lire a découlé le désir de mieux découvrir la littérature, puis de transmettre à d’autres ce plaisir et cette ouverture sur le monde. Avoir accès aux livres est pour nous un besoin nécessaire pour tous : c’est pouvoir s’instruire et se donner la possibilité de mieux vivre, c’est un facteur d’émancipation et d’indépendance d’esprit !

 

Quel est le premier livre que vous mettrez dans votre bibliothèque flottante et pourquoi ?

C’est sans doute Noces d’Albert Camus, car cette œuvre a été une révélation littéraire pour nous. Il s’agit d’un recueil d’essais poétiques dans lesquels Camus retrace des souvenirs liés aux plaisirs essentiels que la nature lui procure : le bonheur de la nage, l’odeur des symphorines, la sensation du soleil sur la peau. Cela va de pair avec la vie en bateau qui impose un mode vie plus minimaliste !

 

Pourquoi voulez-vous développer des échanges éducatifs ? Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Les échanges éducatifs nous ont toujours parus essentiels dans l’élaboration de notre projet. En tant que prof et éditrice, nous souhaitions garder un lien fort avec les jeunes, car nous aimons leur spontanéité, leur capacité à s’émerveiller. Nous avons donc imaginé déployer les Idea’s cubes dans des établissements scolaires dont le besoin de documentation se fait sentir. Mais cela ne s’arrête pas là : Marion et ses collègues profs ont imaginé plusieurs projets pour créer des liens entre les écoliers que nous rencontrerons en chemin et les élèves d’établissements scolaires français : cela peut passer par un échange épistolaire, des échanges de vidéos, des recherches sur les différentes cultures…

L’idée est de créer une communauté de jeunes au travers du monde liés par le projet Kannjawou ! Bien sûr, nous donnerons de nos nouvelles à tous ces écoliers et collégiens grâce à des vidéos, des cartes, des envois de colis de trésors glanés ça-et-là pour que le lien persiste le plus longtemps possible !

Enfin, ce sont principalement les jeunes qui sont impactés par les inégalités d’accès à la culture : l’Idea’s cube peut leur ouvrir le champ des possibles et leur fournir des outils pour mieux appréhender le monde d’aujourd’hui.

 

Quelles seront les grandes lignes de votre parcours et combien de temps serez-vous en mer ?

Lorsqu’on navigue en voilier, on est avant tout tributaire des vents et des courants dominants, ce qui signifie qu’on ne peut pas décider d’aller n’importe où à n’importe quel moment de l’année. Notre voyage est donc organisé autour de cette contrainte météorologique.

Nous larguerons les amarres au mois de juillet pour mettre le cap vers l’Angleterre et le sud de l’Irlande avant de traverser le golfe de Gascogne, réputé difficile, et de filer plein sud vers l’Espagne, le Portugal, le Maroc, les Canaries, le Sénégal où nous resterons un bon moins pour remplir notre mission. Nous aurons ensuite le plaisir de découvrir les envoutantes îles du Cap Vert avant la grande traversée de 3 semaines vers le Brésil, la Guyane, les Antilles et l’Amérique centrale.

C’est à peu près tout pour cette première année de navigation : le planning est déjà bien chargé !

 

Pourquoi avoir choisi comme premières missions la région du Sine Saloum au Sénégal et l’Ile à Vache à Haïti ?

Nous avons choisi ces deux régions car elles sont isolées, assez défavorisées en termes d’accès la culture et négligées par les gouvernements. Elles sont aussi uniquement accessibles par bateau. Pour le Sénégal, nous avons eu très rapidement des échanges avec les locaux grâce aux contacts donnés par Bibliothèques Sans Frontières et l’association Voiles sans Frontières, ce qui a facilité notre travail.

 

Comment avez-vous choisi votre voilier qui vous accompagnera pour cette aventure ? Et pourquoi un voilier ?

Trouver le voilier qui nous amènerait sur les mers n’a pas été une mince affaire pour nous ! Il s’agissait de notre premier achat, nous avions très peu d’expérience en la matière, un budget restreint et beaucoup d’envies, plus ou moins réalistes… Alors, pour nous rassurer, nous avons été méthodiques et avons établi un tableau très détaillé avec tous les critères, essentiels ou « bonus », qui définissaient notre voilier idéal tout en respectant notre budget serré !

Nous souhaitions acquérir un voilier entre 9 et 10 mètres : ni trop petit – pour pouvoir passer dans tous les océans du globe, et ne pas trop allonger la durée des traversées – ni trop grand – suivant le dicton bien connu : « Petit voilier, petits problèmes… et petites dépenses ». Le Gib’Sea 31 DL réunit toutes ces caractéristiques. Il s’agit d’un voilier fiable, solide et marin qui, malgré son âge (39 ans !), garde une excellente réputation. Pour ne rien gâcher, il est aussi extrêmement logeable : il dispose d’un espace intérieur spacieux, assez surprenant pour un voilier de 31 pieds de long.

 

Comment avez-vous appris à naviguer ?

Ayant grandi à Saint-Malo, Marion a été très vite attirée par la navigation. Dans cette ville, la voile est le sport de prédilection et tout le monde s’y essaie. Sa passion est née très tôt, après avoir tiré ses premiers bords en Optimist lorsqu’elle était enfant. A la fac de Nantes, elle rejoint l’équipe de compétiteurs entraînés par un ancien champion olympique de 470 : Luc Pillot.

Manon a commencé la voile bien plus tard, en région parisienne, au club de Choisy-le-Roi, sur de vieux dériveurs 420. Nous avons ensuite réalisé une semaine de navigation en Bretagne Sud. Tout s’est parfaitement déroulé, malgré quelques épisodes de mal de mer ! (rires).

 

Comment pouvons-nous suivre votre aventure ?

Vous pouvez nous suivre en ligne sur tous nos réseaux sociaux : Facebook, Instagram et Youtube mais aussi par le biais de notre site Internet : https://kannjawou.com.

Pendant notre périple, vous pourrez suivre notre route sur marinetraffic.com en tapant « Kannjawou » dans la barre de recherche, ainsi que sur l’onglet « live tracking » de notre site Internet qui donnera notre position en temps réel pendant les grandes traversées, de quoi nous suivre au quotidien !

 

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