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Entretien croisé entre Armel et Kevin

Il y a des rires faciles, des regards complices et une forme de sérénité à toute épreuve. Armel Le Cléac’h et Kevin Escoffier multiplient les sorties en mer depuis la mise à l’eau en avril dernier. Leur savoir-faire, leurs expériences et leurs liens avec l’équipe ont facilité la prise d’automatismes. De quoi se montrer enthousiastes, déterminés et ambitieux pour la Transat Jacques Vabre.

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Armel et Kevin

 

Est-ce que vous vous souvenez de la première fois où vous avez entendu parler l’un de l’autre ?

Armel : Je me souviens de l’époque où Kevin, à l’issue de ses études, avait intégré l’équipe de Michel Desjoyeaux pour travailler sur son Orma, puis avec Vincent Riou sur l’IMOCA.

Kevin : Moi, je crois que c’était dès tes premières Solitaire du Figaro. Tu n’as pas concouru contre mon père ?

Armel : Oui, totalement, au début des années 2000. 

 

À force de vous côtoyer sur les pontons et dans les chantiers, vous vous êtes vu évoluer, changer ?

Kevin : Physiquement ? On ne parle pas des cheveux j’espère : même si Armel a quelques cheveux blancs, j’en ai un peu moins que lui (éclats de rire des deux skippers).

Armel : On a souvent été voisin de hangar et de ponton. Quand je suis arrivé chez Banque Populaire, Kevin était déjà responsable du bureau d’études. Il avait participé à la construction de Banque Populaire V, un bateau incroyable en matière d’innovation et de technologie. J’ai découvert l’étendue de son bagage technique. Et puis je l’ai vu évoluer comme skipper, j’ai suivi ses performances à la Volvo Ocean Race et ses premiers pas en solo en IMOCA, notamment au Vendée Globe.

Kevin : En faisant du solitaire, j’ai compris aussi à quel point tu avais marqué les esprits. Finir trois Vendée Globe comme tu l’as fait, ça prouve ta régularité, au-delà même de son sens marin. 

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à collaborer ensemble cette année ?

Armel : Kevin était le choix n°1 parce qu’il répondait à tous les critères, en matière sportif et technique. Il connaît très bien ce bateau pour avoir participé à sa construction et ses liens avec l’équipe sont très forts. Nous avions évoqué le sujet avant le Vendée Globe et on s’est rappelé dès ton retour. Et je crois que tu n’as pas hésité longtemps.

Kevin : Oui, totalement ! On ne peut pas être blasé quand on a ce type de proposition. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de participer au développement d’un Ultime. C’est une équipe que j’apprécie beaucoup et le facteur humain est primordial dans ce projet. Et puis ça m’offre la chance d’apprendre encore plus à tes côtés !

 

Depuis la mise à l’eau, il fallait prendre en main le bateau, se jauger à bord, prendre confiance…Comment parvenir à peaufiner ses automatismes dans ce cadre-là ?

Armel : Il faut rappeler que nous ne partions pas de zéro grâce à nos connaissances liées au précédent Ultime. De plus, Kevin a été très présent et on a fait un maximum de navigation depuis la mise à l’eau. Lors de la qualification, en juillet, on a commencé à naviguer que tous les deux. Ensemble, tout se fait naturellement parce qu’il s’agit du maxi-trimaran qu’on a eu en tête longtemps et dont le comportement correspond à ce qu’on attendait. C’est un super bateau, on a conscience de la chance que l’on a.

Kevin : Il n’y a pas de secret, il faut naviguer et le plus possible pour peaufiner les automatismes à bord. On a la chance d’avoir une certaine expérience du large. J’ai participé à de nombreuses courses en équipage et là, je suis au service d’Armel. Je ne suis pas inquiet sur notre mode de fonctionnement. Désormais, il va surtout falloir s’attacher à savoir où placer le curseur à la Transat Jacques Vabre.

 

Comment vous situez-vous par rapport à la concurrence sur cette transatlantique ?

Armel : Nous avons un bateau très performant et sur le papier, il a des avantages par rapport aux anciens. Mais en matière de maîtrise, nos adversaires ont beaucoup plus navigué et éprouvé leurs Ultimes. Il faudra être à l’aise pour être devant et surtout pour arriver au bout, ce qui reste notre premier objectif. Mais avec Kevin, nous savons que si techniquement tout fonctionne, on ne va pas être loin d’un bon résultat.

Kevin : Nous avons confiance dans nos capacités, notre façon de naviguer et surtout dans le bateau. Certes, il y a toujours des paramètres que l’on ne maîtrise pas mais je n’ai pas de doute sur notre faculté à être performants afin de tirer le meilleur de Banque Populaire XI.

 

Au-delà de cette volonté d’aller au bout, quels sont vos objectifs personnels ?

Armel : Dans un coin de ma tête, il y a la Route du Rhum 2022 qui est un objectif important, à la fois pour Banque Populaire et pour moi. Avoir choisi Kevin, c’est aussi une façon de se projeter : le double est un format particulièrement intéressant pour gagner en confiance et se rapprocher des capacités maximales du bateau. Cela contribue à envisager sereinement la suite de notre programme.

Kevin : Nous n’avons jamais été associés durant une course et je suis très heureux de le faire à la Transat Jacques Vabre. Forcément, je suis là pour apprendre et emmagasiner de l’expérience mais comme Armel, je suis un compétiteur. Nous avons connu tous les deux des incidents en course récemment et nous avons à cœur d’avancer, de donner le meilleur et de tout faire pour signer la meilleure performance possible.

 

Quels sont vos principales qualités et vos défauts respectifs ?

Kevin : Je préfère commencer pour ne pas dire du mal ! (rires) J’admire sa force mentale mais aussi sa constance. En course au large, la régularité est une force extraordinaire et Armel l’a, en plus de cette expérience qui en fait l’un des meilleurs skippers du moment.

Armel : On a des qualités communes qui peuvent être un défaut : à bord, on aime bien manger. Il faut surveiller son assiette pour être sûr que l’autre n’en a pas piqué ! (rires) Kevin est surtout un très bon navigant et c’est l’un de ceux qui connaît le mieux ce bateau. Il a aussi le physique pour tenir deux semaines de course intense. Et puis il a toujours un bon mot, une blague, même dans les moments difficiles. On rigole souvent à bord, ce qui permet de gagner en sérénité.

 

Et vos défauts ?

Armel : Pour l’instant, je ne te connais pas beaucoup de défauts mais on n’a jamais disputé une course en double ensemble. On en parlera sans doute plus à nos femmes respectives dans quelques semaines (rires).

Kevin : Oui, je pense aussi qu’il faut attendre l’arrivée de la Transat Jacques Vabre pour se prononcer !!

 

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