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Vendée Globe : « Clarisse change de braquet »

Partie il y a un peu plus de trois semaines des Sables-d’Olonne, Clarisse devrait franchir cette semaine le premier des trois grands caps du Vendée Globe : Bonne-Espérance. Devant l’étrave de Banque Populaire X se dressent les redoutables mers du Sud. Armel Le Cléac’h et Erwan Steff (responsable logistique) font le point sur la course de Clarisse et les enjeux des prochains jours, en termes de stratégie et de vie à bord.

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Clarisse

Au pointage de 15h ce lundi, Clarisse occupait la 17e place, à 914 milles du leader Charlie Dalin. Elle faisait route vers le cap de Bonne-Espérance qu’elle devrait franchir dans quelques jours.


« Clarisse est à sa place »

Tenant du titre du Vendée Globe, Armel Le Cléac’h observe avec attention la course de Clarisse. « Durant la première semaine, elle a joué la carte de la prudence, de la préservation du bateau, le temps de rentrer dans sa course. Elle a aussi vécu quelques péripéties et réalisé l’ampleur de la tâche », analyse Armel. « Depuis, elle a pris son rythme, on la sent beaucoup plus à l’aise même si une forme d’appréhension se fait sentir à l’approche des mers du Sud, ce qui est normal. Clarisse change de braquet, elle attaque la haute montagne. Le bateau est en bon état, elle semble en forme. Sportivement, je pense qu’elle est à sa place et qu’elle remplit ses objectifs. »

 

« Un anticyclone de Sainte-Hélène fidèle à sa réputation »

Armel, qui a bouclé trois Vendée Globe, connaît très bien les difficultés du parcours. « L’anticyclone de Sainte-Hélène n’est jamais simple à négocier et il a été fidèle à sa réputation », dit-il. « Comme souvent, il a fallu faire le grand tour par l’Ouest. C’est un chemin un peu long mais cela permet de profiter de conditions sympathiques un peu plus longtemps avant d’attaquer les mers du Sud. Clarisse risque de se faire prendre par une zone de haute pression dans les heures à venir. Elle attrapera la dépression suivante pour filer vers Bonne-Espérance et l’océan Indien. »
 

« D’expérience, l’océan Indien est le plus dur »

Les conditions ont déjà bien changé pour Clarisse qui navigue désormais par 40° de latitude Sud. Des moments très rudes l’attendent. « D’expérience, l’océan Indien est le plus dur », prévient Armel Le Cléac’h. « Les dépressions sont jeunes, nerveuses et virulentes. Les vents sont très forts et changeants. La bascule de vent derrière le front est brutale. Cela lève une mer hachée et chaotique. Avant les Kerguelen, Clarisse pourra descendre plus au Sud. Les températures seront alors encore plus glaciales. Tout le monde va avoir son lot de coups de vents. On va voir comment Clarisse prend ses marques dans ces mers inconnues. »


Alimentation, vêtements : une vie à bord à adapter

L’arrivée dans des mers plus froides et hostiles va impacter de manière importante le quotidien de Clarisse, notamment au niveau de l’alimentation. « Il lui faut de l’énergie et nous avons fait en sorte de lui prévoir des plats plus consistants, plus caloriques et plus chauds.», résume Erwan Steff, responsable logistique. Le froid vif arrivant, la donne change aussi radicalement au niveau des vêtements. Erwan Steff : « Il faut à tout prix que Clarisse reste au sec. Elle superpose donc les couches, avec aussi des gants étanches, une cagoule néoprène, de bonnes bottes... Elle a sorti le gros duvet de montagne et un petit chauffage pour faire sécher les cirés. Il faut éviter de mouiller l’intérieur du bateau car c’est un refuge pour Clarisse, sa bulle de « confort ». Elle est partie pour plusieurs semaines dans la grisaille, durant lesquelles elle va très peu sortir. »

 

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Les mots du bord de Clarisse ✍️

 

"Le Vendée Globe est une compétition, aucun doute là-dessus. Autrement je pense que je ne motiverais jamais à changer de voile au milieu de la nuit, renvoyer un ris au milieu d’une sieste ou troquer une après-midi tranquille contre une série d’empannages ... Et je suis d’ailleurs depuis le début en perpétuel ajustement pour trouver le bon compromis entre le mode compétition et le mode préservation de mon intégrité physique et de celle du bateau. Car l’objectif est avant tout de terminer.

Mais le Vendée Globe c’est aussi une aventure ! Faire le tour de la planète ce n’est pas rien, et quand l’occasion se présente, aller découvrir une petite île perdue cela ne se refuse pas ! C’était mon état d’esprit hier en approche de Gough Island. Mon frère, passionné de géographie et d’ornithologie, m’avait envoyé tout un petit topo sur l’île et ses habitants. J’apprends alors que les Gallinules et Rowetties sont deux espèces endémiques de l’île et partagent leur bout de caillou avec une poignée de scientifiques sud-africain tenant une station météo. Banco, il est convenu qu’au passage j’essaierai de les joindre par radio VHF.

A l’origine j’avais prévu de passer au vent de l’île, eh oui elle culmine à 900 mètres de haut, méfiance ! Mais c’était sans compter sur un petit renforcement du vent, une petite variation en direction qui me contraignent finalement à passer sous le vent. Optimiste je me dis qu’une île de 10 km de long ne doit pas vraiment embêter une brise de 20 nœuds.

Et c’est là que l’aventurière et la compétitrice ne se sont pas bien entendues du tout ! A peine arrivée proche de l’île, BIM l’anémomètre indique 7 nœuds ... su-per ! Le devent de l’île existe bel et bien ! Ça repart une vingtaine de minutes plus tard, joie de courte durée car s’en suivent deux bonnes heures de pétrole tourbillonnante avec des vents à 2-3 nœuds et à 360 degrés. Clarisse compétitrice (et rêvant d’une bonne nuit de sommeil) s’énerve et trépigne de cette bêtise digne d’un débutant, Clarisse aventurière se réjouit de pouvoir admirer plus amplement l’île joliment éclairée par une agréable pleine lune ! Deux objectifs, deux ambiances intérieures !

Quitte à être empelotée, autant décrocher la VHF et faire ce qui était prévu : appeler la station météo pour discuter un peu !

Énorme déception devant l’absence de réponse, il est vrai qu’en heure locale il était aux alentours de minuit ... j’espère au moins qu’ils ont bien dormi, eux !

30 milles de perdus plus tard (sur mon routage qui est ma route théorique), me voilà repartie, un peu plus fatiguée, assez énervée tout de même, mais avec une image qui ne s’effacera jamais de ma mémoire : celle de Gough Island sombre et attachante au milieu de la nuit, un endroit que je ne reverrai sans doute jamais... et ça ça n’a pas de prix ! Enfin si, 30 milles 😉"

 

Cliquez sur la cartographie pour suivre Clarisse sur le Vendée Globe 

Map

 

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