Anticyclone de Sainte-Hélène

Le parcours du Vendée Globe est jalonné de passages et de phénomènes météo complexes. Après avoir passé le très redouté Pot au Noir et franchi l’équateur, les marins doivent ensuite négocier au mieux l’anticyclone de Sainte-Hélène, qui dicte sa loi en Atlantique Sud.
Un anticyclone qui porte le nom d’une île bien connue
Cet anticyclone est ainsi nommé car il est souvent centré sur la très reculée île de Sainte-Hélène, située à 2 000 kilomètres des côtes africaines et à plus de 3 000 kilomètres du Brésil. Ce petit bout de terre posé au milieu de l’immensité océanique est connu pour avoir été la dernière demeure de Napoléon Bonaparte. C’est en effet là-bas que l’empereur déchu s’est exilé en 1815 jusqu’à sa mort en 1821.
Impossible route directe
Dans l’hémisphère Sud, autour d’un anticyclone, le vent tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. S’ils voulaient tracer une route directe entre le Pot au Noir et le cap de Bonne-Espérance, les marins devraient donc naviguer au près, ce qui n’est clairement pas leur allure favorite. Alors ils optent pour une route bien plus longue, mais aussi beaucoup plus rapide, en faisant un grand tour par l’Ouest, au portant le long des côtes brésiliennes.
Une histoire de compromis, comme souvent en course au large
La difficulté réside dans le fait que l’anticyclone de Sainte-Hélène est particulièrement instable et mobile. Il peut grossir, se rétracter, se déplacer... L’idéal est de contourner l’anticyclone assez loin pour ne pas tomber dans les zones de haute pression (et donc de vent faible), mais pas trop loin non plus pour ne pas faire trop de route. Simple à comprendre en théorie, mais beaucoup plus complexe à déterminer en pratique. Comme souvent en course au large, tout est une histoire de compromis.
L’objectif : attraper une dépression qui descend du Brésil pour faire cap à l’Est vers Bonne-Espérance
Dans le contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène, le scénario idéal pour tourner à gauche et faire route à l’Est est d’attraper une dépression qui descend du Brésil. Les navigateurs peuvent alors s’insérer dans un couloir de vent fort et portant entre ce front et l’anticyclone. Auquel cas, la route vers le cap de Bonne-Espérance et l’océan Indien se fait à vive allure. A l’inverse, s’il n’y a pas de dépression au large du Brésil, la situation est plus compliquée. Il faut naviguer plein vent arrière dans un flux plutôt faible, et tirer des bords. Des écarts importants peuvent ainsi se creuser. Une trajectoire inspirée et un brin de réussite : tels sont les ingrédients pour contourner de la meilleure des manières l’anticyclone de Sainte-Hélène.