3rd March 2024. Brest. France. The Arkéa Ultim Challenge Brest.
Maxi Banque Populaire XI / skippered by Armel Le Cleac’h (FRA) crossing the line and pictured finishing 3rd 

Photo Vincent Curutchet / BPCE / Aléa

Armel Le Cléac’h, 3e d’un tour du monde inédit, éprouvant et “comme une petite victoire”

Le skipper du Maxi Banque Populaire XI a franchi la ligne d’arrivée de l’ARKEA ULTIM-Challenge Brest à 21 h 31 ce dimanche soir. Troisième de ce tour du monde inédit, il termine après 56 jours, 08 heures, 01 minute et 31 secondes de course. Le skipper, qui est celui qui a parcouru le plus de distance depuis le départ (32 290 milles), a fait preuve de résistance et d’abnégation jusqu’au bout. Joint par son équipe avant de franchir la ligne, Armel est revenu sur huit semaines aussi intenses qu’enrichissantes pour lui comme pour toute l’équipe. 

 

Il a dû faire appel à des ressources insoupçonnées et à un mental d’acier pour tenir bon, se surpasser et résister coûte que coûte. Solide, vaillant, résistant, Armel Le Cléac’h fait partie de ceux qui ne lâchent rien et il l’a démontré jusqu’à la fin de cette course, lui qui progressait encore à plus de trente nœuds de moyenne à la veille de l’arrivée. Difficile depuis la terre de se rendre compte de la ténacité et de l’opiniâtreté dont il a dû faire preuve tout au long de ce tour du monde, son premier à bord d’un multicoque. Contacté par son équipe quelques milles avant l’arrivée, Armel l’a dit avec ses mots à lui : « à chaque tour du monde, il y a toujours une façon de surmonter les problèmes qu’on ne soupçonne pas.  Il s’agissait de mon 4e en solitaire et ce sera le 4e que je termine sur le podium. J’aurais aimé terminer à une meilleure place mais vu ce qu’on a traversé, c’est comme une petite victoire. »

Compétiteur dans l’âme, le marin de 46 ans aurait rêvé d’un scénario différent afin de se battre pour la victoire finale. Depuis la mise à l’eau du Maxi Banque Populaire XI au printemps 2021, il s’était affairé avec tout le Team à le fiabiliser et à s’attacher à ce qu’il soit de plus en plus performant. C’est d’ailleurs ce qu’a démontré la Transat Jacques Vabre qu’Armel a remporté brillamment avec Sébastien Josse en automne dernier.  Deux mois plus tard, au départ de l’Arkéa Ultim Challenge, il n’avait pas de doute sur ses capacités à jouer les premiers rôles. Mais il y a des aléas en course au large et encore plus dans un tour du monde. « Ça reste une aventure », répétait Armel avec sagesse avant de s’élancer.

Le skipper du Maxi Banque Populaire XI s’est en effet employé pour repartir avec le même entrain après une escale technique à Recife, pour contourner l’ anticyclone de Sainte-Hélène par le Sud, pour dépasser la Nouvelle-Zélande par le Nord, pour s’arrêter à nouveau au Brésil après la casse de deux de ses safrans et aussi pour faire face à une importante voie d’eau il y a quelques jours… Même s’il reconnaît « être allé chercher loin toute son énergie », Armel n’a donc jamais rien lâché.

Ses concurrents l’ont bien vu au point que Charles Caudrelier se méfiait de sa progression dans l’Atlantique Sud. « Armel était un candidat sérieux, a expliqué le vainqueur. S’il n’avait pas eu ses avaries dans l’Atlantique Sud, il aurait pu revenir sur moi ». Le skipper Banque Populaire avait alors réduit l’écart, de 3000 à 1000 milles. « Il y avait en effet une possibilité de mettre la pression et un mince espoir de revenir sur lui », reconnaît le marin. Parmi les bons souvenirs, il y a ces moments de grande vitesse comme cette journée où le Maxi a parcouru 841 milles en l’espace de 24 heures, le record de vitesse et de distance parcourue lors de cette course. Il y a aussi la traversée du Pacifique, la découverte des îles des États au petit matin, « de belles images qui restent gravées » dixit Armel.

 

Le « tour du monde de la résilience »

Si Armel a pu boucler ce tour du monde, c’est aussi grâce à l’engagement total du Team Banque Populaire. La capacité de réaliser deux arrêts et de réparer en un peu plus de 24 heures à chaque fois est un exploit en soi. Des défis logistiques rendus possibles grâce à aussi à une chaîne de solidarité. « On a pu bénéficier d’une aide précieuse à chaque fois, abonde Armel. L’équipe a également été super en matière d’efficacité, de réactivité… J’ai été à bord pendant 56 jours en première ligne mais à chaque galère, ils étaient toujours là. Ils font partie de cette belle histoire. Je tiens également à remercier toutes les personnes qui m’ont soutenu tout au long de cette aventure ».

À titre personnel, le skipper a fait preuve d’une grande capacité de résistance. C’était son « tour du monde de la résilience » comme il l’a lui-même appelé. « J’ai navigué à plus de 50 nœuds, manœuvré dans toutes les conditions… J’ai l’impression de maîtriser mon bateau parfaitement. Même en mode dégradé, il reste incroyable et il l’a démontré jusqu’au bout. C’était le premier tour du monde du Maxi Banque Populaire XI et on l’a réussi ». Désormais, le skipper va pouvoir profiter de journées de repos bien méritées. « J’ai l’impression d’être au bout de ce que je peux donner, confie-t-il. J’ai hâte de retrouver mes proches, de souffler et de pouvoir me reposer au calme ».

L’expérience accumulée tout au long de son tour du monde sera un acquis précieux pour améliorer encore un peu plus le bateau. À l’horizon, il y a un autre tour du monde en perspective, le Trophée Jules Verne en équipage l’hiver prochain. Mais avant, Armel et le Team Banque Populaire s’apprêtent à vivre une autre aventure à part : le Relais des océans, la transatlantique qu’effectuera la Flamme Olympique de l’Hexagone jusqu’aux Antilles françaises avec un équipage de personnalités. Comme un clin d’œil de l’histoire, c’est à Brest qu’il débutera cette nouvelle histoire, à partir du 7 juin prochain.

 

Sa course en chiffres 

  • Date et heure d’arrivée : dimanche 3 mars à 21 heures, 31 minutes et 31 secondes
  • Temps de course : 56 jours, 08 heures, 01 minute et 31 secondes
  • Écart avec le premier : 5 jours, 12 heures, 53 minutes et 49 secondes
  • Milles parcourus : 32 290 milles
  • Vitesse moyenne réelle : 23,88 nœuds
  • Vitesse moyenne sur l’ orthodromie : 17,97 nœuds

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