L’ŒIL DE JEAN-MARC FAILLER
Le directeur technique des projets Figaro et IMOCA du Team Banque Populaire décrypte la 3e et dernière étape de la Solitaire du Figaro. Au coude-à-coude en tête de flotte toute la journée d’hier, Loïs Berrehar a pris les commandes de l’étape. Il reste moins de 24 heures pour tout donner jusqu’à l’arrivée au Havre.
Le skipper Banque Populaire navigue « très propre », on le sent concentré, il a une maîtrise du sujet qui est remarquable.
« Toute la journée d’hier, les skippers ont continué à progresser sur un long bord jusqu’à la pointe de Beig Meil. Loïs et Tom Dolan se sont un peu détachés de leurs poursuivants et ils ont tiré des bords le long du Pays Bigouden puis jusqu’à l’île de Sein. C’est justement sur la chaussée de Sein, vers minuit que Tom Dolan s’est malheureusement échoué. Forcément, on est tous déçus pour lui, personne ne mérite de vivre une telle mésaventure.
De son côté, Loïs a gagné le sprint intermédiaire ce qui lui a permis de remporter cinq minutes de bonification. Le skipper Banque Populaire navigue « très propre », on le sent concentré, il a une maîtrise du sujet qui est remarquable. Nous avions déjà constaté à la Solo Guy Cotten en début de saison à quel point il apprécie naviguer dans la brise. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, c’est la journée de tous les dangers. Il reste moins d’une vingtaine d’heures de course et ça va rester très venté, autour de 27, 28 nœuds de moyenne. Il ne faudra pas lâcher la barre, veiller à ne rien casser ni déchirer de voile. Tous les prétendants à une place d’honneur au classement général sont dans les premières positions derrière Loïs. D’après les routages, les premiers devraient franchir la ligne d’arrivée au Havre cette nuit, vers 1 heure ou 2 heures du matin. Ça va être une journée à fond ! »
La réaction à chaud de Loïs Berrehar
« Hier, les événements ont fait qu’on a pu s’échapper un peu avec Tom Dolan. Depuis, on a progressé bord à bord, réalisé beaucoup de virements de bord à slalomer dans les cailloux et les algues. C’était très sympa de faire ce match-là avec lui. Mais ce qu’il s’est passé cette nuit, c’est terrible. J’étais toujours bord à bord avec lui, on allait virer à côté de l’île de Sein et on était très proche. Le temps que je matosse et que je fasse mon virement de bord, c’était trop tard : j’ai vu qu’il était échoué sur la plage. Je suis tellement désolé pour lui ! »
