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Ecoles françaises de Voile
Ecoles françaises de Voile

22/06/2016

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Arrivée Vendée Globe 2016/2017
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19/01/2017

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Communiqués de presse

Le jour d’après

Armel Le Cléac’h, vainqueur de la 8ème édition du Vendée Globe, revient, point par point, sur son tour du monde, accompli en 74 jours 3 heures 35 minutes et 46 secondes… La première nuit dans un vrai lit Elle a été courte (rires), car on a fêté la victoire hier soir assez tardivement, et beaucoup dansé. Avant, il y a eu les interviews, le podium, un vrai repas frais, la conférence de presse, une bonne douche. Ce matin, les rendez-vous avec les journalistes ont commencé tôt, et ensuite je suis allé accueillir Alex Thomson (Hugo Boss). Mais c’est une nuit qui a fait du bien. Il n’y a pas eu besoin de me bercer… C’est le réveil qui a été plus compliqué ! L’inconfort à bord Nous sommes des régatiers et il faut accepter de vivre dans des bateaux dont le confort n’est pas franchement la priorité, notamment pour des questions de poids. Ça fait partie de la course. Si je voulais faire un tour du monde pour faire un tour du monde comme certains le font – ce dont je ne m’offusque pas ! -, il me suffisait d’emporter plus de coussins, plus de moquettes ou tout un tas de choses…  J’avais un poste de veille dans le cockpit très ergonomique, bien protégé par la casquette et redoutablement efficace. J’ai passé énormément de temps dans mon siège et c’était très confortable. À l’intérieur, on pourrait toujours rajouter un peu de confort pour la navigation, de petits détails de vie à bord, mais bon au final, je ne me suis jamais plaint d’un manque de confort. L’hygiène Il est important d’essayer de prendre un peu soin de soi, de se laver tant bien que mal. C’est surtout au niveau des extrémités – les mains, les pieds, la tête – plus la bouche et les dents, où il ne faut pas attendre d’avoir trop mal pour commencer à se soigner ou nettoyer tout ça. Mes mains ont beaucoup souffert, mais ce n’est pas nouveau car depuis pas mal d’années ma peau s’abîme vite. Dans les mers du Sud, chaque fois que j’allais dormir, je m’enduisais les mains de crème. En fait, là où l’on rencontre le plus de problèmes d’hygiène ou d’inconfort, c’est quand il fait très chaud, notamment sous les tropiques dans la remontée de l’Atlantique. La chaleur moite créant de la condensation à bord, cela engendre rapidement des problèmes cutanés. Il fait, au bas mot, 35 degrés dans la cabine et tu ne peux pas te mettre au frais. À l’aller, tu es encore au taquet et ça va vite au portant. Au retour, c’est autre chose car un tu es fatigué, et la remontée est fastidieuse et complexe. Le fait d’avoir effectué deux Vendée Globe permet de savoir où tu vas, et ce qu’il faut amener. Cette année, je n’ai manqué de rien. Le suivi de l’actualité On m’envoyait des news à bord, et donc j’avais un petit résumé de la semaine que ce soit pour les actualités générales et les résultats sportifs. J’ai notamment suivi les élections américaines (avec effroi), l’attentat de Berlin et la mort de Fidel Castro. J’ai été rassuré qu’il n’y ait pas eu de nouveau drame national comme ce qu’on a connu à Paris ou Nice. C’est important même sur un Vendée Globe de ne pas se couper de la réalité. On a des moments où l’on peut prendre cinq minutes pour lire un mail ou aller sur Internet. J’allais sur le site du Vendée Globe, sur celui de Voiles et Voiliers lire l’analyse de Dominique Vittet… ou sur d’autres sites où chacun y allait de son option. J’ai parfois lu d’ailleurs pas mal de bêtises. Les loisirs J’ai écouté un peu de musique, mais beaucoup de podcasts comme « Les Grosses Têtes. » Il y a de l’ambiance et des gens qui parlent. Car s’il n’y a jamais vraiment de silence à bord, par moment tu éprouves de la monotonie, et moi j’ai besoin d’avoir un fond sonore. J’ai cette chance de ne pas être gêné par le bruit assourdissant de nos bateaux. J’ai aussi regardé des séries (The blacklist et Band of Brothers). Ces fictions à partir d’événements historiques et dramatiques permettent de relativiser. Tu n’as pas à te plaindre si c’est dur ou si tu n’y arrives pas. Il y a des moments dans la journée où il faut se poser un peu. Tu regardes un épisode sur l’iPad avec le casque, tu manges un morceau, tu as les afficheurs (ta vitesse, le pourcentage de la polaire) et s’il faut, tu mets en pause et tu vas modifier ton réglage ou manœuvrer. L’entourage J’appelle ma femme et mes enfants (âgés de 9 et 5 ans) très régulièrement. Ça dépend de l’ambiance à bord. Si c’est très bruyant, c’est compliqué d’avoir une bonne qualité de son. On ne s’entend pas bien, les enfants ne comprennent pas… et là c’est pire que de ne pas les joindre. On a fait aussi quelques visios sur Skype pour se voir physiquement à l’occasion d’un anniversaire, ou pour Noël… Quand tu es seul en mer, non seulement, ça fait du bien mais ça te remet aussi en face de certaines réalités. Le meilleur souvenir C’est l’arrivée bien sûr ! Je me dirige à l’étrave de Banque Populaire à quelques centaines de mètres de la ligne, et là je me dis « c’est bon, t’as gagné ! ». Je lève les bras ! C’est un sentiment énorme, un soulagement, un moment indescriptible de plénitude. Le pire souvenir Quand j’apprends que les hooks (crochets dans le haut du mât tenant les voiles) sont sous dimensionnés, et peuvent se rompre à tout instant après le bris de celui du J1 (le grand foc). Là, je me dis que la course est compromise et que du pacifique Sud aux Sables, je vais naviguer avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. L’engagement pour des causes nobles Quand je m’engage, je prône la fidélité et la persévérance, que ce soit des partenaires techniques avec qui je travaille, ou des associations comme Alliance Syndrome de Dravet (ASD) que je soutiens depuis cinq ans. De pouvoir faire de petites choses et d’apporter un peu de bonheur, pour moi c’est important. J’ai encore en souvenir d’avoir passé quelques heures avec les enfants avant le départ, et ça m’a servi. Je mesure notre chance. On voit qu’ils se battent, leurs parents aussi. Ces gens ont une volonté incroyable. ASD m’a offert un petit bonhomme qui était au-dessus de l’écran de la table à carte et qui m’a accompagné et a fait tout le tour du monde à me surveiller… tout un symbole ! Thomas Coville Ce qu’il a fait est extraordinaire ! Il m’a boosté, m’a envoyé de petits messages après son arrivée, me disant « De toute façon c’est toi qui va gagner ! J’en suis sûr et certain ». J’y ai souvent pensé car il a été un peu notre guide sur ce tour du monde. L’émotion Je suis toujours dans l’émotion de l’arrivée, même si ce n’est pas la même que sur la ligne où j’étais partagé entre l’envie de pleurer et une immense joie. C’est très fort, car c’est incroyable de gagner le Vendée Globe. Je n’ai pas eu cette chance il y a huit et quatre ans avec de belles deuxièmes places. Comme on dit, seule la victoire est belle ! Et là, je mesure ma chance de l’avoir remportée avec toute une équipe et un sponsor magnifique. On s’est donné les moyens. C’était l’objectif clairement annoncé. L’émotion est donc à la hauteur de cette réussite. Alex Thomson Il m’a clairement poussé jusqu’au bout, jusqu’à quelques heures avant l’arrivée. Ça a été compliqué et la bagarre a été intense. La descente de l’atlantique a été très rapide. Alex a prouvé son potentiel de vitesse et a su faire la différence. Il a fallu que je m’accroche face à ce train d’enfer qu’il imposait. Alex m’a mis beaucoup de pression. Je sentais qu’il ne lâchait rien non plus. Il a fini 3ème il y a quatre ans, 2ème cette année. Je suis vraiment content de l’avoir battu, car c’est un sacré client ! La remontée de l’Atlantique Elle ne m’a pas du tout été favorable ! L’anticyclone : je me suis dit bon ok ! Il va me reprendre 600 milles, c’est bon ! Le Pot-au-Noir : ok ça ne marche pas, c’est bon ! Puis après il y a eu cette zone de transition après les Canaries : là, je me suis dit que ce n’était pas possible ! J’ai la « scoumoune »… Et pour finir on fait le tour quasiment par le Fastnet. Je me suis demandé si on n’allait pas aller tutoyer les icebergs. Banque Populaire VIII Ce bateau, c’est une super histoire ! Il est né du dernier Vendée Globe. Le projet était d’en construire un nouveau, fruit de l’expérience de deux tours du monde et de ma « dream team » avec leur savoir-faire et leurs compétences multiples. C’est de loin le meilleur 60 pieds que je n’ai jamais eu en terme de performance, de fiabilité, de développement. C’est un bateau très polyvalent, et pour moi c’était très important dans les phases de transition. Banque Populaire VIII est un bateau qui, je crois, me ressemble. Et à l’arrivée, il avait fière allure, et c’est pour ça que je l’ai vivement remercié. On a vécu ensemble toute une histoire. Je dis « on » car c’est lui, l’équipe Banque Populaire et moi. Le mental Lors de mon premier Vendée Globe en 2009 j'étais arrivé épuisé, j'avais perdu pas mal de kilos car j'avais mal géré la nourriture, et n’avais plus rien à manger à quatre jours de l’arrivée. Il y a quatre ans, j'étais en forme physiquement, mais déçu. Cette année mentalement, je suis allé très loin dans mes ressources. Je me suis fait violence car je me suis dit que je ne pouvais pas perdre cette course. Je me suis battu jusqu'au bout. Je ne voulais pas avoir le moindre regret ensuite. Les jours à venir C'est un projet de dix ans, dix ans de ma vie : trois fois le Vendée Globe et trois fois jusqu'au bout. Je profite. Je savoure, mais je suis très sollicité, j’ai un programme de ministre jusqu’au milieu de semaine prochaine... C’est logique et gratifiant, mais plus difficile à gérer pour la famille qui ne m’a pas vu depuis des semaines et pour mes enfants qui ne comprennent pas que je sois rentré mais toujours pas disponible. Dans quelques jours je vais souffler. Je n’ai pas prévu de naviguer jusqu’à l’été et la mise à l’eau du trimaran. Je vais donc pouvoir à nouveau « vivre normalement » faire les courses, aller chercher mes enfants à l’école. Pour les vacances de février, on n’a encore rien de prévu… car tant que la course n’est pas finie, tu te dis que tu ne vas rien programmer. Mais là, promis je vais m’en occuper. Jeudi 19 janvier 2017, le skipper du Mono Banque Populaire VIII, a franchi la ligne d'arrivée à 16h 37min et 46sec, après 74j, 3h, 35min et 46s de course. Il a parcouru 27 455.64 milles soit 44 185,5695 km, à une vitesse moyenne de 15,41 nœuds. Armel améliore le temps de référence de 3j 22h et 41m.   [...]

Interview d'Armel Le Cléac'h, vainqueur du Vendée Globe

Armel Le Cléac'h, grand vainqueur de la 8ème édition du Vendée Globe a été joint par son équipe à terre, quelques minutes avant le franchissement de ligne. Ce jeudi 19 janvier 2017, le skipper du Mono Banque Populaire VIII, a franchi la ligne d'arrivée à 16h 37min et 46sec, après 74j, 3h, 35min et 46s de course sans aucun répit, il a navigué à la vitesse moyenne de 15,41 noeuds. Armel améliore le temps de référence de 3j 22h et 41m. Comment ça va Armel ? Armel Le Cléac’h : « Ca va bien. Je suis quand même bien fatigué car les derniers jours et les dernières heures n’ont pas été de tout repos. Et il fait très froid depuis cette nuit et ce matin. Mais la pression commence à redescendre depuis quelques heures, et ça fait du bien. On profite de ces derniers instants et on voit la fin du tunnel. C’est génial. » Justement, cette dernière nuit a été la plus froide du tour du monde ? ALC : « On a eu aussi bien froid aux Kerguelen, mais là c’est vrai que dans ce vent de Nordet de face, ça pique fort ! En froid ressenti, c’est ce qu’on a eu de pire sur ce Vendée Globe. » Vous vous attendiez à ce que Alex Thomson vous mène la vie aussi dure lors des derniers jours de course ? ALC : « Ce n’est pas tant le retour d’Alex qui m’a le plus embêté, mais le fait que depuis le cap Horn, la météo a été contre moi. Je n’ai pas eu du tout de réussite. Ça a commencé avec l’anticyclone qui m’a barré la route dans l’atlantique Sud, ça a continué avec le Pot-au-Noir qui m’a été défavorable, puis enfin la zone de transition avec cette dépression au large des Canaries qui a mis un joli bazar. À chaque fois, c’était tout pour lui et rien pour moi… Donc nerveusement, c’est ça qui a été le plus dur à vivre, car je subissais les éléments. Franchement, je ne pensais pas avoir ce scénario là jusqu’à la fin, en ayant passé le cap Horn avec presque 800 milles d’avance. Je ne pensais pas du tout devoir vivre quasiment un mois avec cette pression au quotidien. » C’est la troisième fois que vous embouquez le chenal des Sables et donc connaissez bien le protocole, l’immense foule qui vous attend à terre. Il y a un peu d’appréhension malgré la portée de votre exploit ? ALC : « J’essaye de ne pas trop y penser. Ce n'est qu'hier à Ouessant, où j'ai vraiment réalisé ce qui m'arrivait. Depuis le départ je n'ai pas eu une minute de répit, je n'ai pas vu le temps passer. Je n'ai rien lâché, même pas un mètre. Je sais que ça va être très très fort. C’est génial de rentrer dans le chenal le premier. Avec Banque Populaire, on a travaillé dur depuis beaucoup d’années pour vivre ça. On va profiter, car ça va être un grand moment ! Mais il ne faut pas faire de plan sur la comète pour autant, même si je sais qu’il va y avoir beaucoup d’émotion de retrouver tout le monde. Même si j’ai déjà eu la chance de remonter le chenal deux fois il y a quatre et huit ans, je sais que cela va être très différent, et je vais partager ce grand privilège avec les gens qui m’ont aidé, m’ont soutenu, m’ont encouragé. Ça va être super. » De quoi avez-vous le plus envie tout de suite ? ALC : (rires) « Tout de suite, je ne sais pas ! J’ai un peu tout qui se mélange dans ma tête, mais c’est de serrer ma femme et mes enfants dans les bras ! Ça va être fort. »   Pour tout savoir d'Armel Le Cléac'h, c'est ICI   [...]

L’heure du virement dernier

Dans l’après-midi de ce mercredi, Armel Le Cléac’h a opéré aux alentours de 16 heures, le virement de bord qui lui fait pointer l’étrave vers les Sables d’Olonne. Cette dernière manœuvre à moins de 24 heures de l’arrivée, est tactique et décisive. Elle doit lui permettre de maîtriser l’assaut d’Alex Thomson, qui a repris 23,7 milles ces 24 dernières  heures. Hier, un Falcon 50 de la Marine Nationale est venu survoler les leaders au large des côtes françaises. Les quelques mots échangés à la VHF entre la mer et le ciel ont livré une information précieuse : Armel déborde de vitalité ! On en veut pour preuve l’énergie de sa voix et la réponse amusante qu’il a donnée au co-pilote lorsque celui-ci lui a demandé quel message il pouvait faire passer au Gallois : « Dites-lui de rester derrière ! ». Ce n’était qu’un trait d’esprit : Armel sait bien que, pour que les positions ne changent pas jusqu’à l’arrivée aux Sables d’Olonne, il doit compter sur sa science et son sens de l’engagement plutôt que sur un renoncement de son rival. Surtout à l’heure de virer de bord pour basculer sud-est et amorcer la descente vers les Sables d’Olonne. Virement de bord sous haute tension Toujours positionné au nord de la pointe Bretagne, avec 33,3 milles d’avance au pointage de 18 heures, le skipper de la Banque de la Voile devait choisir le bon moment pour virer, entre vitesse pure et stratégie. Espérons que les prochaines heures lui donnent raison ! L’heure d’arrivée du premier est toujours estimée entre 18 et 20 heures demain, jeudi. D’ici là, les deux duellistes auront régaté sur 250 milles au plus près des côtes, dans un vent de nord-est d’une vingtaine de nœuds. Une aubaine sans doute pour Armel qui joue avec les dévents et les courants des côtes bretonnes et atlantiques depuis sa plus tendre enfance. De ce virement dernier naîtra la vérité d’une course épatante depuis le départ et devenue époustouflante le jour où a commencé le bras de fer entre le skipper Banque Populaire et celui de Hugo Boss, et qui dure depuis près de deux mois. Il a dit... Armel Le Cléac’h, joint ce midi lors du Vendée Live: « Ça penche pas mal là. La situation n’est pas facile depuis un petit moment. Les conditions ne nous ont pas aidés à aller vers les Sables d'Olonne. Pour l’instant, je tiens tête à Alex. Les dernières 24 heures seront compliquées. Il faudra faire attention car on croise beaucoup de dangers. Il y a du trafic maritime, on croise des pêcheurs et des cargos depuis hier. On va passer au large de la pointe Bretagne cette nuit, puis on va longer la Bretagne Sud. Il faudra être prudent et ne pas faire de bêtises. »   Pour tout savoir sur Armel Le Cléac'h, c'est ICI   [...]

Un final à couper le souffle

Jamais probablement un Vendée Globe n’aura offert un finish si haletant. A 48 heures de l’arrivée, tandis qu’Armel Le Cléac’h et Alex Thomson (Hugo Boss) prolongent leur run de vitesse vers le nord pour contourner une dorsale anticyclonique qui barre la route directe vers les Sables d’Olonne, l’écart va encore se réduire. Au classement de 15h, ce mardi, le skipper de la Banque de la Voile comptait encore 69 milles d’avance. Une marge qui devrait lui suffire pour couper en vainqueur la ligne d’arrivée devant les Sables d’Olonne jeudi après-midi. Après 72 jours de course, il ne reste donc que deux jours et deux nuits aux deux hommes de tête pour forcer la décision et s’offrir la victoire dans ce 8e Vendée Globe, qui restera assurément comme un des plus oppressants de l’histoire de la course autour du monde. Et les petits nerfs n’ont pas fini d’être titillés…  Armel Le Cléac’h et Alex Thomson ont déjà fait 98% du long chemin vers les Sables d’Olonne, mais rien n’est encore tout à fait joué. Peu en veine avec la météo depuis le franchissement du cap Horn, le skipper de Banque-Populaire s’échine à conserver un coup d’avance sur Hugo-Boss. Ce mardi à 15h, le Saint-Politain conservait encore 69 milles de crédit sur son principal rival. Si cet écart n’assure pas encore la victoire, chaque heure qui passe raffermit sa position de leader et rejette la pression sur le Gallois. Dans des eaux qu’il connaît par cœur et dans un format qu’il maîtrise sur le bout des doigts – il a gagné deux Solitaire du Figaro (2003 et 2010) -, Armel va tout faire pour maintenir son avantage en faisant usage de sa palette de figariste la rage de vaincre et le sens tactique qui le caractérisent. Sésame, ouvre-toi ! Reste que l’écart va sans doute encore se réduire au cours des 24 prochaines heures, pour se stabiliser à une trentaine de milles, en raison de cette bulle anticyclonique qui freine d’abord le leader. Les fichiers les plus alarmistes ont fait craindre, hier, que cette zone sans vent reste positionnée en travers de la route du leader, ce qui aurait offert à Alex Thomson une sacrée belle occasion de recoller. Mais les dernières analyses météo voient cette bulle molle remonter laborieusement pour s’installer sur la Grande-Bretagne, entrebâillant ainsi une porte juste avant l’entrée dans la Manche. Demain, s’installera donc une rotation des vents mieux organisée, dont profitera le skipper du Mono Banque Populaire VIII en virant au-dessus de la pointe de la Bretagne mercredi après-midi, avant d’amorcer une longue glissade bâbord amures au près, dans un vent de nord-est bien glacé d’environ 20 nœuds. Armel Le Cléac’h devrait longer les côtes de la Bretagne sud et passer devant Port-la-Forêt dans la nuit, pour couper la ligne d’arrivée aux Sables d’Olonne jeudi 19 janvier entre 13 heures et 18 heures, talonné par le skipper gallois. Cargos, bateaux de pêche et DST… La seule certitude est qu’à deux jours de l’arrivée, les minutes de sommeil s’annoncent rarissimes pour les deux hommes. D’abord parce que le match n’a jamais été aussi serré, mais aussi parce que le retour dans les eaux territoriales françaises induit des retrouvailles avec les cargos et les bateaux de pêche, ainsi qu’avec le Dispositif de Séparation du Trafic (DST) d’Ouessant qu’il convient de traverser dans les règles sous peine de sanction. Une vigilance de tous les instants sera donc essentielle pour éviter ces chausse-trapes de la civilisation… Ce final est sublime, intense et trépidant. L’ovation du chenal des Sables d’Olonne n’en sera que plus belle encore !   CLASSEMENT DE 18H :  1 - Armel Le Cléac'h - BANQUE POPULAIRE à 459,5 milles de l'arrivée.  2 - Alex Thomson - HUGO BOSS à 57,5 milles du leader 3 - Jérémie Beyou - MAITRE COQ à 816,1 milles du leader 4 - Jean-Pierre Dick - ST MICHEL - VIRBAC à 1 714 milles du leader 5 – Jean Le Cam  - FINISTERE MER VENT à 1 833,8 milles du leader Pour tout savoir sur Armel Le Cléac'h, c'est ICI.   [...]

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