L’ŒIL DE JEAN-MARC FAILLER.
Le directeur technique des projets Figaro et IMOCA du Team Banque Populaire décrypte la 2e étape de Loïs Berrehar. Le skipper a vécu une mésaventure dans la nuit : la foudre a endommagé son aérien, un capteur qui permet de connaître la force et la direction du vent. Explications.
C’est un coup dur puisque sans ces informations précieuses, tout devient très compliqué, encore plus dans les petits airs actuels
« La flotte a continué sa progression dans le golfe de Gascogne dans des conditions très légères. On a vu qu’elle s’était scindée en deux avec les partisans de l’Ouest – dont Loïs fait partie tout comme le leader actuel, Nicolas Lunven – et ceux d’une route plus Sud. Le groupe du Sud est légèrement revenu ces dernières heures. On peut dire que chacun a choisi son camp !
Loïs continuait donc d’être aux avant-postes, en se montrant toujours aussi constant. Mais au cours de la deuxième nuit, il a eu un sacré coup de malchance. Alors qu’il passait sous une cellule orageuse, la foudre a endommagé son aérien, le capteur qui permet de connaître la force et la direction du vent. C’est un coup dur puisque sans ces informations précieuses, tout devient très compliqué, encore plus dans les petits airs actuels.
De jour, il peut encore se fier à la girouette mécanique même si ce n’est pas aussi précis. En fait, son seul moyen de continuer, c’est d’être à la barre et de régler les voiles en permanence. Sans information, Loïs – 23e au classement de 9 heures, à 11 milles du leader – doit donc tout faire au feeling. Ça va être très usant pour l’organisme et, surtout, ça rend très difficile le fait d’être performant. Quand on sait à quel point la Solitaire du Figaro se joue à des détails, évoluer sur un bateau qui est privé de la moitié de son potentiel, c’est particulièrement rude. Il va falloir beaucoup de courage et de ténacité jusqu’à l’arrivée à Pornichet prévue vendredi prochain ».
LES MOTS DE LOIS
Dans une vidéo envoyée en fin de nuit, le
skipper est revenu sur sa mésaventure :
« Je naviguais au large du cap Ortegal (au nord de la Corogne) et je me suis fait prendre par de gros orages. Ça a engendré une grande activité électrique et mon aérien a complètement rendu l’âme. J’ai tout essayé pour réparer, j’ai bidouillé dans les branchements électroniques au point d’avoir des problèmes de pilote automatique. J’ai galéré plus d’une heure et demie avant de me rendre compte qu’il va falloir que je compose sans aérien jusqu’à l’arrivée. Il reste 280 milles dans la
pétole et dans des vents qui tournent dans tous les sens donc c’est vraiment une mauvaise nouvelle. De nuit, c’est vraiment dur de n’avancer qu’aux sensations. Je vais essayer de ne pas perdre trop de terrain face aux autres mais je vais tout faire pour sauver les meubles. Ça va être une fin d’étape un peu différente que prévue, plus en mode aventure. Mais je reste positif et je vais m’arracher ! »
