Skipper
Née le 7 septembre 1976
Axonaise (originaire de l'Aisne)
Réside à La Forêt Fouesnant (Finistère)
Toute son enfance, Jeanne montait à cheval. Elle voulait passer son brevet d’état d’équitation. Mais en 1994, elle a alors 18 ans, Jeanne Grégoire doit quitter sa province chérie pour aller étudier à Paris, donc se séparer de sa monture. Un peu pour se consoler et beaucoup par hasard, elle s’inscrit pour son premier stage de voile aux Glénan, à Marseillan. C’est le coup de cœur ! Puis la jeune Picarde se retrouve devant les voiliers classiques des Régates Royales à Cannes, les plus beaux bateaux du monde. Et Jeanne rêve, donc. Elle devient ainsi monitrice de planche à voile, first 18 et catamarans de sport à la base Glénan de Marseillan. Tant pis pour les études. Sa vie ce sera la mer et le bateau.
A Paimpol, elle apprend à calculer les marées, à naviguer entre les cailloux de la belle Bretagne nord, avec des moniteurs dont certains sont aujourd’hui ses adversaires sur l’eau. Mais la voile est toujours affaire de rencontres. Elle croise Nicolas Troussel, Armel Tripon, Karen Leibovici, puis Arnaud Boissières, entre autres. Elle s’inscrit à l’ENV de Quiberon où elle passe en huit mois son Brevet d’Etat voile tout en préparant le BPPV (Brevet de Patron Plaisance Voile, le diplôme de skipper professionnel) qu’elle réussit également.
En 1999, lors de la Mini Transat, Jeanne donne un coup de main sur la préparation du bateau de Karen Leibovici et a le déclic de la compétition. En 2000 et 2001, Jeanne entre dans ses années-Mini, gagne la Solo Concarneau et s’aligne au départ de la Mini Transat sur son proto Réglisse qu’elle termine en 8e position. L’année suivante, elle intègre le Pôle France de Port La Forêt. En 2002, première Solitaire du Figaro (sur l’ancien monotype), elle termine 2e bizuth. En 2003, grâce à un coup de main de l’organisateur François-Xavier Dehaye, elle participe à la course Saint-Nazaire-Dakar 2003 en Figaro-Bénéteau et en duo avec un certain Gérald Véniard. Elle rencontre aussi son coach personnel, Gilles Monier, qui l’aide à digérer les inévitables défaites des débutants dans cette série si exigeante. En 2004, elle continue de naviguer même sans budget.
Pascal Bidégorry, avec qui elle a navigué de temps en temps à Port-la-Forêt va bousculer son destin. Jeanne raconte : « le 13 juillet, je suis à terre, sans bateau et sans argent. Je ne ferai pas la Solitaire. Je déprime. Le 14, Pascal m’appelle et me dit : « je suis blessé, fais ton sac et viens à Caen, c’est toi le skipper du Figaro Banque Populaire. » Elle fonce. Depuis cette date, Jeanne n’a plus quitté la barre du Figaro Banque Populaire, Pascal Bidégorry étant passé à l’étage supérieur des grands multicoques, sur le trimaran éponyme.
En 2005, Jeanne est la première femme du Championnat de France de Course au large en solitaire, qu’elle termine en 9e position. En 2006 elle monte sur la 3e marche du podium de la Transat AG2R (en double encore avec Gérald Véniard…), rate de très peu une victoire d’étape irlandaise dans la Solitaire et grimpe encore d’un échelon au Championnat de France.
En 2007, premier mauvais coup du sort, alors que Jeanne est 10ème provisoire au classement général de la Solitaire du Figaro, elle chavire et démâte dans le Golf de Gascogne sur la dernière étape, à 25 milles de l’arrivée aux Sables d’Olonne. Choquée, touchée, mais lucide, elle fait le point. Et dit son envie d'y retourner encore. Deux mois après, elle prenait le départ de la Transat Jacques Vabre sur le monocoques 60 pieds Roxy aux côtés de son amie Samantha Davies.
Travailleuse, rigoureuse, opiniâtre, la petite écuyère picarde a fait son chemin. Elle joue déjà dans la cour des grands, sans cesse soutenue et encouragée par Banque Populaire.
En 2009, Jeanne vit une nouvelle aventure puisqu’elle sera maman. Banque Populaire confie alors pour une saison le Figaro au skipper Gildas Mahé, avant de revenir sur le devant de la scène en 2010.