Skipper
Née le 7 septembre 1976
Axonaise (originaire de l'Aisne)
Réside à La Forêt Fouesnant (Finistère)
Tous
les marins ne voient pas le jour au bord de la mer ! Ainsi, c’est dans
village de l’Aisne que Jeanne Grégoire a grandit. Loin des embruns,
l’équitation est sa première passion et c’est en concours hippique que
la jeune femme prend goût à la compétition.
En
1994, le bac en poche, Jeanne met le cap sur la capitale et laisse le
cheval et la province derrière elle. La jeune fille d’alors ne quitte
pas son environnement de gaîté de cœur et pour adoucir son départ, sa
maman lui offre un billet pour l’évasion ; un stage de voile à la base
des Glénans de Marseillan. Un essai transformé qui fera naître une
véritable passion. La navigation devient alors une évidence dans sa vie
et la prépa Sciences Po restera dans son sillage.
Ainsi,
les horizons vastes et la liberté deviennent-ils son nouveau choix de
vie, mais n'éclipsent pas la nécessité de se forger un bagage solide.
Après un apprentissage aux Glénans et une première transatlantique, la
jeune femme intègre l’ENV (Ecole Nationale de Voile) de
Saint-Pierre-Quiberon et passe dans la foulée son Brevet d’Etat
d’Educateur Sportif et son Brevet de skipper professionnel (BPPV).
Bonne élève dans la cour des grands
1999
marque un cap et l'entrée de la régate dans la vie de Jeanne. Elle
s'improvise préparatrice pour Karen Leibovici au départ de la Mini
Transat et attrape le virus de ces petits bateaux. Deux saisons
suivront à la barre d'un prototype et au final une huitième place dans
la transatlantique en solitaire de 2001. Dès lors, elle vise la classe
supérieure et le circuit Figaro.
Elle
rallie alors la célèbre école de Port-La-Forêt et y retrouve ceux qui,
à l'âge où la jeune femme montait à cheval dans son village de l'Aisne,
usaient déjà leurs fonds de cirés dans des caisses à savon pour marcher
dans les pas d'un père, un oncle, un grand frère ou une gloire locale.
Loin d'être intimidée, Jeanne ne ménage pas sa peine et ne rechigne pas
aux sorties chahutées au large du Finistère Sud. Le métier rentre et en
2002 elle s’aligne au départ de sa première Solitaire du Figaro. Elle
terminera deuxième bizuth. Une fois encore son caractère s'affirme et
la pousse à progresser encore et toujours à force de détermination et
de remise en question. Sa chevelure blonde et son rire communicatif se
font une place solide dans le circuit et en 2004 quand Pascal
Bidégorry, skipper en titre du Figaro Banque Populaire se blesse et
doit se trouver un remplaçant, il se tourne vers la jeune femme. Sans
l'ombre d'une hésitation, Jeanne accepte.
Progresser et s'affirmer
La
proposition du navigateur basque ne souffrira d'aucun regret tant
Jeanne affirme sa marge de progression à la barre de Banque Populaire.
Première femme du Championnat de France de Course au Large en Solitaire
en 2005, troisième de la Transat AG2R 2006 avec Gérald Véniard,
manquant d’un cheveu la victoire de l’étape irlandaise de la Solitaire
du Figaro cette même année ; elle est désormais de ces marins avec
lesquels il faut compter.
Soucieuse
d'élargir le champ de ses compétences, elle joue les "routeuses" avec
Samantha Davies pour Gildas Morvan sur la Route du Rhum 2006. Les deux
jeunes femmes mèneront le navigateur à la deuxième place des Class 40
et approfondiront en situation leur maîtrise de la météo. Cette
expérience et celles qu'elle aura soin d'ajouter à ses faits d'armes
paieront et en 2008, Jeanne s'adjugera la cinquième place de la
Solitaire du Figaro. De quoi asseoir définitivement son statut de ténor
de la série.
Fière et heureuse,
la jeune femme pose son sac à terre le temps d'une saison pour devenir
mère. Mais pas question pour autant de rester totalement éloignée des
affaires ! Pour apprendre encore et toujours, elle vit le Vendée Globe
à terre, sur un rythme soutenu. Trois mois durant, elle fait corps avec
son ordinateur et emmagasine tout ce qu’elle peut. Elle scrute la
météo, se projette, soutien avec ferveur et amitié Samantha Davies,
Arnaud Boissières et confie également chercher dans chaque mot du
vainqueur Michel Desjoyeaux le moyen de progresser.
Fin
2009, Jeanne retrouve son fidèle Figaro et reprend le large et
l'entraînement à l'heure où la concurrence passe en hivernage. Elle met
alors tout son cœur et son énergie à retrouver ses automatismes, ses
sensations et sa confiance. En 2010, la navigatrice devenue maman est
de retour avec des objectifs affirmés et une motivation qu'elle puise
plus que jamais dans la confrontation avec les éléments... et la
concurrence.