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Charline Picon Athlète Equipe de France de Voile

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Banque Populaire @VoileBanquePop

Par :

Charline Picon

L’olympisme chevillé au corps


Née le 23 décembre 1984 à Royan
Spécialité : Planche RS:X
Club : CN La Tremblade
Soutenue par la Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique

Championne du Monde de planche RS:X en 2014, Charline Picon a défendu les couleurs françaises en août 2016 à Rio avec brio en revenant avec le titre olympique. Ce plan d’eau brésilien lui réussit à merveille puisqu'elle y avait déjà gagné les test-events de 2014 et 2015. Les Jeux ont mis un terme à la troisième olympiade de la native de Royan, trois tranches de vie qui lui ont permis de grandir en tant que femme et sportive de haut niveau.

C’est en 2005 que Charline, alors âgée de 20 ans, se lance dans sa première préparation olympique. Sociétaire du club de La Tremblade, où elle a débuté la planche neuf ans plus tôt parce qu’il n’y avait plus de place en Optimist, la jeune fille a gravi rapidement les échelons de la hiérarchie nationale : championne de France minime puis cadette à deux reprises consécutives. « J’ai toujours eu le goût de la compétition, c’est dans mon caractère, raconte-t-elle. A l’école, mon credo était d’essayer d’être la meilleure, sans doute parce que j’étais très timide, c’était un moyen pour moi d’exister, de me mettre en avant. » En classe de Première, elle fait le choix de la filière sport-études de La Rochelle, première marche vers le haut niveau.
Deux ans plus tard, elle décide de suivre des études de STAPS à Poitiers plutôt que de se tourner vers la médecine, là encore car c’est la voie la plus simple de s’assurer un avenir professionnel, tout en continuant à naviguer au niveau international. Elle intègrera finalement une école de kiné en 2004. La médaille d’or olympique de Faustine Merret à Athènes (2004), suivie avec passion, puis le changement de support - la planche RS:X remplaçant la Mistral - la mettent sur les rails de l’olympisme.

Je devais tirer profit de cette expérience

 


« A La Rochelle, mes entraîneurs m’ont fait faire du funboard, de la vitesse, du surf, des vagues, cela m’a permis d’acquérir une glisse bien adaptée à cette planche qui va vite quand il y a du vent. Jusqu’ici, je tournais aux alentours de la 20e place mondiale, en 2006 je finis 8e. Ce changement m’a clairement aidée à franchir un cap. » Mais cela ne suffit pas pour aller à Pékin, Faustine Merret lui étant préférée. « J’ai vécu cet épisode comme une injustice, parce que j’avais obtenu de meilleurs résultats sur certaines épreuves. Au début, j’ai eu du mal à me dire que j’allais l’aider à préparer les Jeux, mais finalement, je devais tirer profit de cette expérience. »

La seconde olympiade de Charline Picon débute mal : blessée à l’épaule un an plus tôt, elle doit se résoudre à se faire opérer début 2009, ce qui la contraint à s’arrêter six mois et donc à laisser la jeune génération prendre le pouvoir. Mais à son retour, la Royannaise termine troisième des Championnats du Monde, son tout premier podium mondial. « J’ai gagné ma place de leader », commente-t-elle, et le confirme l’année suivante avec une nouvelle médaille de bronze mondiale et une victoire en Coupe du Monde à Weymouth, sur le plan d’eau des Jeux de Londres.

J’ai gagné ma place de leader

 

Reste que de son propre aveu, des petits détails ne lui permettent pas durant cette olympiade de réellement franchir la dernière marche la menant au sommet de la hiérarchie internationale. « J’étais souvent dans le Top 5, mais j’avais un petit déficit de vitesse dans le vent, au début parce que j’étais trop légère, ensuite parce qu’il me manquait un petit truc techniquement que je n’ai jamais complètement résolu jusqu’aux Jeux. » Sur les côtes sud de l’Angleterre, les JO de 2012 ne seront que déception, avec au final une huitième place bien en-deçà des espoirs initiaux. « Jusqu’au bout, je pensais que j’allais y arriver, que le déclic allait venir, je me suis vraiment battue. » En vain, mais pas question pour autant de renoncer à l’idéal olympique : « A mon retour de Londres, la bonne question que m’a posée mon préparateur mental a été de savoir si j’avais l’impression d’avoir fait le tour de la question ou si je pensais que je pouvais encore progresser. » La réponse coule de source…

Charline PiconRSX ©C. Launay-FFVoile

L’expérience difficile de Londres permet à Charline Picon d’en tirer les bons enseignements. Pour repartir sur une dynamique positive vers les Jeux de Rio 2016, elle s’est entourée d’une nouvelle équipe ; Cédric Leroy, l’entraîneur de ses débuts à La Rochelle, étant nommé coach de l’équipe de France féminine de planche. « Il m’a beaucoup apporté sur le choix du matériel par rapport à mon gabarit et à mon type de navigation, j’ai passé des crans dans le vent, conditions dans lesquelles j’éprouvais des difficultés avant. » Un nouveau préparateur physique accompagne également Charline qui s’adjoint les services d’un nutritionniste et explore de nouvelles pistes au niveau de la préparation mentale. « On m’a appris des techniques de relaxation et de respiration, je me suis aussi mise au yoga, le but étant d’occuper le corps quand l’esprit commence à cogiter. » Tous ces changements portent leurs fruits : championne d’Europe en 2013, la n°1 tricolore gagne les deux Test-events de 2014 et 2015 et devient Championne du Monde en 2014 à Santander (Espagne)… deux manches avant la fin de la compétition ! Belle façon de montrer qu’elle avait changé de statut, elle qui était élevée au rang de favorite des Jeux, une compétition qui occupait alors tout son esprit… même quand elle dormait. « J’ai déjà rêvé des Jeux, il m’est arrivé de me réveiller championne olympique ! »

J’ai déjà rêvé des Jeux, il m’est arrivé de me réveiller championne olympique !

 

Déterminée à transformer le rêve en réalité, Charline, diplômée de kinésithérapie depuis 2010, a su répondre aux attentes de la plus belle des manières en remportant à Rio une superbe médaille d'or olympique, le premier titre pour la France depuis Faustine Merret en 2004. « Elle avait la niaque, elle mettait tout en œuvre pour réussir à Rio. Elle a connu une grosse frustration sur les derniers Jeux, elle ne pouvait pas rester là-dessus », conclut le DTN Jacques Cathelineau.

 

JO : 1e en 2016, 8e en 2012
Mondiaux : 7e en 2015, 1ère en 2014, 5e en 2013, 7e en 2012, 5e en 2011, 3e en 2010, 3e en 2009, 6e en 2008, 8e en 2006
Europe : 1e en 2016, 5e en 2015, 1ère en 2014, 1ère en 2013, 10e en 2010, 2e en 2008
Test-Event : 1ère en 2015, 1ère en 2014, 5e en 2011,
Coupe du monde : 2e à Hyères (2015), 1ère à Palma (2014), 3e à Hyères (2013-2012), 2e à Hyères (2011), 2e à Palma (2011), 1ère à Weymouth (2010), 2e à Palma (2007)

 

Crédit photos : C. Launay/FFVoile

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