Crédit photo : V. Curtuchet / BPCE

Route du Rhum : Confiance, détermination et humilité chez Armel Le Cléac’h

À six semaines de la course la plus importante de la saison, le skipper du Maxi Banque Populaire XI peaufine sa préparation en ne négligeant aucun détail. Un an après avoir installé de nouveaux foils, une nouvelle dérive a été mise en place avant l’été.

Depuis la rentrée, le marin multiplie les sorties en mer, parfois dans des conditions difficiles (48 heures de navigation en faux-solo il y a quinze jours) et parfois face à ses concurrents (stage à Port-La-Forêt la semaine dernière). S’il reste prudent et plus concentré que jamais, Armel assure que « le plan de route » est suivi à la lettre. De bon augure avant le grand départ de Saint-Malo qui aura lieu le dimanche 1er novembre prochain. 

Armel et le Team Banque Populaire en ont désormais l’habitude : plus les grands rendez-vous se rapprochent, plus la pression affleure. Afin d’y faire face, le skipper aime rappeler que toute la préparation s’apparente à « un puzzle à constituer » avec la nécessité de « n’oublier aucune pièce jusqu’au Jour-J ». Alors, l’équipe s’active, suivant un planning qui a déjà été entériné il y a plusieurs mois. « Nous nous efforçons de tenir notre feuille de route en montant crescendo », résume simplement Armel.

Des conditions difficiles pour « retrouver ses automatismes »

Tout s’est ainsi accéléré depuis que le Maxi Banque Populaire XI a été remis à l’eau fin août. Le début de saison avait déjà permis au marin de se roder en multipliant les navigations longues avec un aller-retour aux Antilles cet hiver et une tournée en Méditerranée en juin. Au retour à Lorient, une nouvelle dérive a été mise en place. Depuis la rentrée, les navigations s’enchaînent afin de permettre à Armel de retrouver ses automatismes en solitaire et de passer à la vitesse supérieure.

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Crédit photo : V. Curtuchet / BPCE

Il y a quinze jours, le skipper est parti au large en faux-solo* pendant plus de 48 heures. « Le but était de retrouver mes automatismes dans des conditions de vent et de mer difficiles, raconte-t-il. Ça me permet de me rapprocher de ce qu’on va retrouver pendant la Route du Rhum ». Une expérience précieuse pour « ne pas se faire surprendre » pendant la transatlantique. La semaine dernière, Armel a disputé un stage à Port-La-Forêt, l’occasion de se mesurer aux autres Ultim. « Nous n’avions plus navigué côte-à-côte depuis la Transat Café L’Or l’an dernier », rappelle le Breton. Il les retrouvera rapidement puisque quatre d’entre eux disputeront les 24H Ultim. Au programme ? Des runs le jeudi 24 septembre avant une course de 24H en solitaire entre samedi et dimanche.

*En mode faux solo : avec un équipier et un mediaman. Personne d’autre que le skipper n’étant habilité à barrer, régler ou manœuvrer le bateau.

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Crédit photo : V. Curtuchet / BPCE

Dans une recherche constante de performance, l’ensemble du Team Banque Populaire s’est employé pour optimiser tout ce qui pouvait l’être sur le maxi-trimaran.

« Avec la nouvelle dérive installée en juin 2026, ainsi que les foils qu’on a installés il y a un an, nous sommes arrivés à la pleine puissance du bateau et au maximum de ses performances, souligne Armel. Par ailleurs, on connaît très bien ce bateau – c’est sa sixième saison – et nous savons qu’il arrive à maturité ». Il se dit « satisfait de la fiabilité et de la robustesse » de son multicoque et assure que « cela fera partie de ses atouts » lors de la Route du Rhum.

Néanmoins, il n’y a pas d’excès d’enthousiasme chez le marin du Team Banque Populaire. « Nous savons qu’il faut faire preuve d’humilité et de sérieux jusqu’au bout » précise-t-il. Mais Armel n’en oublie jamais le compte à rebours qui le sépare du grand départ : « il nous reste moins de deux mois pour tout finaliser. À nous d’être vigilants au moindre détail jusqu’à Saint-Malo ».